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Qui est Isentroniq, la startup française qui pourrait éliminer l’un des pires obstacles à l’informatique quantique ?

Basée à Paris, Isentroniq vient de lever 7,5 millions d’euros pour résoudre le défaut de fabrication le plus sous-estimé de l’informatique quantique : le câblage des qubits.

L’informatique quantique promet de révolutionner de nombreux domaines, mais entre les ambitions et la réalité, il y a un gouffre technologique. Et ce gouffre, une jeune pousse française veut le combler.

Un cauchemar d’ingénierie

Petit rappel : un qubit est l’unité de base d’un ordinateur quantique. Contrairement aux bits classiques (0 ou 1), un qubit peut être dans plusieurs états en même temps, c’est ce qui rend le calcul quantique si puissant. Mais ils sont extrêmement instables, et doivent être refroidis à 0,01 degré Celsius au-dessus du zéro absolu, soit environ –273 degré Celsius, pour fonctionner.

Ces températures sont atteintes dans d’immenses frigos quantiques appelés réfrigérateurs à dilution. Problème, chaque qubit doit être relié à l’extérieur par un câble de contrôle, et plus un ordinateur a de qubits, plus il faut de câbles. En conséquence, les machines surchauffent, deviennent trop volumineuses et leur coût de fabrication s’envole.

« Aujourd’hui, chaque ligne de contrôle introduit de la chaleur et prend de la place. À ces températures, même un millième de degré peut être catastrophique », explique Isentroniq sur son site Internet. Avec l’infrastructure actuelle, on ne peut pas dépasser quelques centaines de qubits par machine. Pourtant, pour un ordinateur quantique réellement exploitable industriellement, il faudra au moins un million de qubits. Et c’est là que la startup entre en scène.

Informatique Quantique
© metamorworks / Shutterstock.com

Une technologie de câblage 1 000 fois plus dense

Fondée par Paul Magnard , notamment passé chez Alice & Bob, et Théodore Amar, Isentroniq a identifié ce qui bloque toute l’industrie : le câblage cryogénique. Leur technologie permet d’intégrer 1 000 fois plus de qubits dans un même cryostat, sans surchauffe ni explosion des coûts. « Notre mission est de transformer le câblage, aujourd’hui goulot d’étranglement, en accélérateur », résume Paul Magnard.

Selon la startup, cette approche pourrait réduire le coût d’un ordinateur quantique 1 million de qubits de plusieurs dizaines de milliards d’euros à environ 50 millions d’euros. Google, IBM, Amazon Web Services (AWS) ou Rigetti, qui misent sur les qubits supraconducteurs, sont déjà identifiés comme clients potentiels.

Sa levée de fonds de 7,5 millions d’euros, notamment réalisée auprès de Kima et Bpifrance, doit lui permettre de préparer un prototype fonctionnel dès 2026. Une solution commerciale est prévue d’ici à 2028. Isentroniq s’appuie sur des partenaires industriels pour fabriquer à l’échelle. « Construire seul ralentit tout l’écosystème quantique », souligne-t-elle.

Après Pasqal et Alice & Bob, il semblerait donc que la France tienne un autre champion du quantique !

  • Isentroniq lève 7,5 millions d’euros pour résoudre l’un des freins principaux du quantique : le câblage qui empêche de passer à grande échelle.
  • Sa technologie permettrait d’intégrer jusqu’à 1 million de qubits dans un seul système cryogénique.
  • Objectif : rendre enfin l’informatique quantique industrielle et accessible.

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