Avec la merdification perpétuelle de Windows qui nous gave de Copilot tel une oie qui se fait engraisser avant les fêtes de Noël et la fin du support de Windows 10, un mouvement anti-Microsoft a commencé à prendre de l’ampleur en 2025. Si Linux a clairement profité de cette dynamique, il existe évidemment des alternatives un peu moins effrayantes, à l’instar de Chrome OS. Ce système d’exploitation présente l’avantage d’être simple à prendre en mains et bien sécurisé.
Back Market a sauté sur l’occasion pour proposer, en collaboration avec Google, des clés d’installation pour seulement 3 euros. Un prix tout doux pour redonner un second souffle à un PC en bout de course ? Il y a de l’idée, mais il nous fallait l’essayer avant tout, surtout après la présentation du GoogleBook qui semble bien parti pour remplacer ChromeOS.
Un kit de premier secours pour une intervention rapide
L’emballage se présente comme un kit de secours. Cette petite boîte en carton reprend le code couleur rouge et blanc des services de santé et on peut même y repérer une croix médicale. Le ton est donné, on est là pour sauver un ordinateur.

À l’intérieur, une simple clé USB et un manuel d’installation en quatre étapes. Aucune surprise ici, il s’agit du processus commun à toute installation de système d’exploitation : brancher la clé, appuyer sur la touche de démarrage au bon moment (généralement suppr, F2, F12 ou echap) et changer les paramètres de boot dans l’UEFI pour donner la priorité à la clé USB.
Une fois la clé lancée, suivre les étapes de Google ne prend que quelques minutes. En dix à vingt minutes, vous obtiendrez un système fonctionnel avec déjà un premier choix à faire : rentrer une adresse Gmail ou démarrer une session invité. Cette dernière s’avère vite limitée et on vous conseille donc de compléter le réglage avec votre compte (ou un compte dédié).
Même sans s’y connaître en informatique, les indications sont suffisamment claires pour s’en sortir sans problème, même sur du vieux matériel. Commence ensuite la phase d’adaptation.
Chrome OS Flex, un système basé sur le web
Ma dernière expérience avec Chrome OS m’avait laissé un souvenir mitigé. Celui d’un OS pensé pour l’usage web, avec quelques possibilités supplémentaires, comme l’installation d’applications Android. C’était limité, mais cohérent avec la cible étudiante et les faibles ressources disponibles sur ces machines. C’est en pensant retrouver cette expérience, en mieux, que j’ai branché la clé USB sur un port du Geekom A5 Pro.
Au premier démarrage, j’ai évidemment changé le fond d’écran, les couleurs du système, avec un petit regret en constatant que les choix sont plus limités que sur Android. Puis, j’ai lancé le Google Play Store afin de télécharger mes applications les plus utilisées. Ma première erreur.

Chrome OS Flex ne permet pas de lancer les applications Android et le Play Store, bien que nativement proposé dans les menus, ne fonctionne pas. Toute application est en fait une Progressive Web App ou PWA, à savoir un site web dans un conteneur. C’est d’ailleurs un format très utilisé, quel que soit le système. On trouve de nombreuses applications basées sur Electron (un framework pour développer des apps sur ce principe) sur Windows, ce qui ne manque jamais de soulever quelques critiques puisque cela implique pour l’application d’intégrer tout un navigateur, avec l’impact que cela peut avoir sur les performances. Il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet, mais ce n’est pas l’endroit.
En l’occurrence, les performances ne sont pas un problème ici, surtout sur un mini PC capable de faire tourner Windows. La disponibilité des applications en revanche, c’est une autre histoire. Prenons les messageries, par exemple. WhatsApp et Telegram proposent bien une version web, mais pas Signal, qui est donc juste inutilisable.
Pour un usage bureautique, il s’agit de retrouver de nouvelles habitudes, mais on peut largement s’en sortir. Photopea par exemple est un très bon outil sur navigateur pour remplacer Photoshop ou Affinity et il peut même fonctionner hors ligne si on l’installe comme une application. Si vous cherchez une compatibilité exemplaire en revanche, les problèmes commencent. UpNote, mon application de rédaction qui me sert aussi bien pour rédiger mes articles que pour organiser ma vie personnelle depuis plusieurs années déjà n’a pas de version en ligne. Je l’avais pourtant choisie entre autres pour sa disponibilité sur tous les principaux OS de bureau et mobiles, sans prendre en compte la disponibilité ChromeOS.
Par ailleurs, il est aussi impossible de changer de navigateur. Utilisant Zen Browser au quotidien (un fork de Firefox), je me retrouve ici coincé sur Chrome, sans mon historique ni mes options de synchronisation. Là encore, c’était pourtant un point déterminant dans mon choix.
Pour jouer ? Direction le cloud gaming
Si votre ordinateur est trop vieux pour passer à Windows 11, mais qu’il tourne encore suffisamment bien pour faire tourner des jeux, vous risquez d’être déçu. En dehors du cloud gaming, Chrome OS Flex n’est pas pensé pour jouer.
Comme avec les applications traditionnelles, les jeux ne tournent pas nativement. Dans le store officiel, vous trouverez une longue liste, mais la plupart vous redirigeront vers un Google Play Store indisponible. Certains titres plus prometteurs attirent toutefois l’œil sur le Web Store : Black Myth Wukong, CoD Black Ops 6 ou encore Fortnite sont ainsi listés. Sans surprise, aucun des trois ne tourne nativement. Pour les lancer, il faudra opter pour un service de cloud gaming, à l’instar de GeForce Now, ou du Xbox Cloud Gaming… si vous arrivez à l’installer.

Les limitations matérielles
Chrome OS est donc un OS limité au niveau logiciel, mais il l’est aussi au niveau matériel. Mes deux écrans ont été reconnus directement, de même que mes principaux accessoires Bluetooth (souris, clavier, casque). En revanche, les appareils un peu exotiques pourraient rencontrer des soucis de compatibilité.
C’est le cas pour mon imprimante. Loin des références les plus connues de Canon, HP ou Brother, il s’agit d’une petite imprimante thermique portable d’une marque chinoise parmi d’autres. Que ce soit en filaire ou en Bluetooth, je n’ai pas trouvé de solution pour la faire fonctionner, alors qu’elle est reconnue immédiatement par Windows, macOS et Linux.
Si vous utilisez des périphériques qui sortent des sentiers battus et qui pourraient nécessiter un driver particulier, il n’est pas garanti que tout fonctionne. Une imprimante 3D, un HOTAS ou autre volant de sim racing ou simplement un produit no name acheté sur AliExpress pourraient ne jamais fonctionner.
De même, tout ce qui nécessite un logiciel particulier pour fonctionner risque d’être limité. Votre clavier nécessite un logiciel particulier pour régler ses macros ? Et votre souris pour affiner sa sensibilité ? Contrairement à Windows et macOS où vous trouverez ces logiciels natifs, ou à Linux où vous trouverez presque toujours un repo GitHub sur lequel un développeur indépendant propose une alternative open source, Chrome OS n’est pas prévu pour. La solution est donc de configurer ces aspects sur un autre ordinateur et de prier pour qu’une mémoire interne permette de conserver ces modifications.
Installer Chrome OS Flex pour redonner vie à un vieux PC ?
Au final, Chrome OS Flex est plus rigide encore que macOS en plus d’être extrêmement limité. Si votre routine quotidienne consiste uniquement à lancer un navigateur internet (Chrome plus précisément) et à surfer sur le web, vous trouverez certainement ce système d’exploitation confortable. Il est léger, fluide et très simple à utiliser une fois qu’on a compris le principe d’installation des pages web.
Si vous ne faites pas partie de cette cible très restreinte, gardez vos trois euros. Installez plutôt une distribution Linux légère ou trouvez quelqu’un pour vous le faire si vous n’y entendez rien. Chrome OS était déjà limité, mais pleinement utilisable grâce à l’accès aux applications Android. Chrome OS Flex en revanche perd cette possibilité et donc son principal intérêt. En un mot : fuyez.
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