Depuis fin septembre, la colère des lycéens secoue la France. Blocages à l’entrée des établissements, rassemblements dans les grandes villes… D’importants cortèges qui se répètent chaque semaine. Le gouvernement a bien tenté quelques gestes d’apaisement, mais les jeunes réclament des mesures plus concrètes et le mouvement s’installe sur la durée.
De passage sur la matinale de France Inter ce jeudi 8 octobre, le cofondateur et directeur général de Mistral AI, Arthur Mensch, a justement été interrogé à ce sujet. Le dirigeant analyse ainsi la situation :
Je compatis beaucoup avec eux parce que je vois bien à quel point si j’avais 16 ans aujourd’hui, mou qui aimait beaucoup les mathématiques à l’époque, et quand je vois ce qui se passe et en recherche, l’intelligence artificielle devient à ce point indispensable, je me demande comment moi j’aurais pu réagir.
Mouvement des lycéens : "je compatis beaucoup avec eux", affirme le cofondateur et directeur général de Mistral AI, Arthur Mensch.
Il était au micro de @Ben_Duhamel dans "La Grande Matinale" de France Inter. pic.twitter.com/Qoz1FgGOCH
— France Inter (@franceinter) October 8, 2026
Selon lui, les jeunes ont raison de s’interroger sur le futur proche : « Je pense que sur ce sujet, on ne les accompagne pas suffisamment. Dans les cinq années qui viennent, les métiers vont énormément changer, dans toute la partie services, mais également de plus en plus dans l’industrie. Quand vous avez 16 ans, que vous voyez ce qui s’est passé au cours des trois années précédentes, vous vous demandez, qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire dans cinq ans, car tout ce que je vais apprendre ne sera plus adapté ».
Et Arthur Mensch de suggérer : « Ce qu’il faut absolument, c’est qu’à l’école, au lycée, on prenne en compte que les outils sont déjà là et qu’on apprenne aux étudiants à les utiliser, et parfois à ne pas les utiliser, car si vous les utilisez pour faire vos devoirs, vous n’allez pas apprendre. Tout cela est assez mal traité ».
La colère gronde chez les lycéens
Démarré fin septembre, ce mouvement lycéen n’a cessé de s’étendre malgré un petit ralentissement ce mercredi. Selon le ministère de l’Éducation, 459 établissements ont connu mercredi une suspension totale ou partielle des cours, contre 891 la veille. Cela dit, les organisations lycéennes préviennent que la mobilisation se poursuivra jusqu’à samedi.
Elles demandent à être reçues dès la semaine prochaine par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, afin de présenter des propositions chiffrées. Ce dernier promet quant à lui des premières décisions à la fin du mois d’octobre.
Sur le plan sécuritaire, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a suspendu l’usage de certaines grenades, après la blessure d’un adolescent de 15 ans à Lens. Le bilan humain pèse très lourd, avec 215 élèves blessés. Du côté des forces de l’ordre, 761 policiers et gendarmes ont été blessés depuis le 28 septembre.
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