Alors que le monde entier a les yeux rivés sur les différentes compétitions des Jeux Olympiques de Paris 2024, un incident vient de relancer le débat sur la qualité des eaux de la Seine. Le quotidien belge De Standaard nous apprend que la triathlète Claire Michel est contrainte de rester à l’hôpital depuis quatre jours en raison d’une suspicion d’infection à la bactérie E.Coli.
L’athlète serait tombée malade après avoir participé à l’épreuve de natation qui a eu lieu dans le célèbre fleuve le 31 juillet. L’équipe belge de triathlon, les Belgian Hammer ne s’entraîneront pas et ont dû déclarer forfait pour l’épreuve qui devait se tenir aujourd’hui.
Pourtant, les données que nous avons sur cette bactérie nous informent que la Seine ne peut être tenue pour seule responsable.
Un lien temporel peu crédible
Selon l’Institut Pasteur et l’Organisation Mondiale de la Santé, la période d’incubation d’E. Coli (le temps qui s’écoule entre le moment où une personne est contaminée et l’apparition des premiers symptômes de la maladie) prend généralement de 3 à 8 jours, avec une médiane de 3 à 4 jours.
Claire Michel ayant été hospitalisée le jour même de sa compétition, une contamination directement en lien avec les eaux de la Seine reste peu probable. Si cette dernière était liée à la baignade, on s’attendrait plutôt à ce que les symptômes apparaissent dans les jours suivant l’exposition.
Par ailleurs, E. coli peut être contracté par d’autres voies que celle-ci, comme par exemple par la consommation d’aliments contaminés par la bactérie.
La Fédération internationale de triathlon et World Athletics avaient déjà validé la qualité des eaux avant les épreuves (femmes et hommes). La Seine était donc bien en conformité avec les normes sanitaires requises pour de telles compétitions.
Néanmoins, le Comité olympique belge a tout de même exprimé sa déception face à cet événement dans un communiqué datant d’hier : « Le COIB et Belgian Triathlon espèrent que les leçons seront tirées pour les prochaines compétitions de triathlon aux Jeux Olympiques. Nous pensons ici à la garantie des jours d’entraînement, des jours de compétition et du format des compétitions qui doit être clarifié à l’avance et faire en sorte qu’il n’y ait pas d’incertitude pour les athlètes, l’entourage et les supporters ».
Organisateurs et supporters ont tout à fait le droit de s’inquiéter pour la nageuse, mais avant de pointer la Seine du doigt, considérer les faits scientifiques reste essentiel. D’autres facteurs peuvent tout à fait être à l’origine de l’infection et les hospitalisations immédiates après une infection à E. Coli restent très rares. D’autres bactéries, virus ou parasites peuvent également entraîner des tableaux cliniques similaires. Salmonella, Campylobacter, Shigella ou Yersinia enterocolitica, ces bactéries qui ne se transmettent pas par la baignade.
- Claire Michel, triathlète belge, est tombée malade 4 jours après avoir nagé dans la Seine.
- On suspecte un cas d’infection à la bactérie E. Coli.
- Toutefois, le temps d’incubation ne correspond pas au timing entre l’exposition supposée et l’apparition des symptômes.
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