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Un monument qui s’écroule : Kodak vit probablement ses derniers instants

En grande difficulté financière, Kodak reconnaît qu’elle pourrait ne pas survivre aux prochains mois.

C’est un monument qui vacille. Kodak, société emblématique de la photographie, a prévenu qu’elle pourrait bientôt tirer sa révérence. Un coup dur pour cette entreprise centenaire qui a marqué le XXe siècle de son empreinte.

« Un doute substantiel »

Ce lundi 11 août, Kodak a déposé un document auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), régulateur boursier américain, dans lequel elle alerte sur « un doute substantiel quant à sa capacité à poursuivre son activité ».

En clair, la firme pourrait mettre la clé sous la porte : son dernier trimestre s’est soldé par une perte nette de 26 millions de dollars, alors qu’elle affichait un bénéfice un an plus tôt. Dans le même temps, elle a consommé 46 millions de dollars de trésorerie, ne laissant que 155 millions en caisse.

Mais le plus inquiétant reste sa dette, soit près de 500 millions de dollars à rembourser dans les douze prochains mois. Or, Kodak n’a ni financement sécurisé, ni solution évidente pour faire face à ces échéances. Dans ce contexte, la société a déjà pris une mesure radicale : la suppression de son plan de retraite. Objectif : économiser pour rembourser ses créanciers. « Nous espérons avoir une vision claire d’ici au 15 août sur la manière de satisfaire nos obligations envers les participants au plan », a-t-elle indiqué.

Les investisseurs n’ont pas attendu : l’action en Bourse de Kodak a plongé de 26 % mardi matin. Un scénario qui rappelle les heures sombres de 2012, lorsque l’entreprise avait déjà été contrainte de se placer sous la protection du fameux chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. À l’époque, elle croulait sous 6,75 milliards de dollars de dettes.

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© Unsplash / Maxim Hopman

Un géant de 133 ans

Fondée en 1892, Kodak avait démocratisé la photographie avec un appareil simple d’utilisation et un slogan devenu culte : « Vous appuyez sur le bouton, nous faisons le reste ». À son apogée, dans les années 70, elle détenait 90 % du marché des pellicules aux États-Unis.

Mais l’entreprise a été rattrapée par sa propre invention. En 1975, elle développe le tout premier appareil photo numérique, mais choisit de l’ignorer, par crainte de cannibaliser son marché historique. Une erreur fatale. Depuis sa sortie de faillite en 2013, Kodak tente tant bien que mal de se réinventer : impression industrielle, chimie, production de films pour Hollywood, voire un détour inattendu par la pharmacie.

Mais le virage semble toujours trop tardif. Kodak a beau vouloir croire à son plan de relance, cette fois, l’histoire pourrait bien s’arrêter là.

  • Kodak alerte sur sa possible disparition, incapable à ce jour de rembourser ses dettes à court terme.
  • L’entreprise, autrefois reine de la pellicule, peine à se relever malgré ses tentatives de diversification.
  • Un nouveau chapitre difficile pour une marque emblématique, déjà passée par la faillite en 2012.

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