- Le Vision Fund de Softbank a enregistré une perte record de 32 milliards de dollars pour son exercice fiscal se terminant le 31 mars.
- Le fonds d’investissement, qui mise sur des startups technologiques à forte croissance, écope de plein fouet du contexte macroéconomique
- Pour limiter les dégâts, Softbank tente depuis un an de vendre certains de ses actifs les plus emblématiques et de réduire son activité d’investissement
Si le géant japonais Softbank a bien annoncé jeudi une perte nette de 970 milliards de yens (7,23 milliards de dollars) pour l’année fiscale se terminant le 31 mars, elle est nettement moins dure que les 1 700 milliards de yens (12,7 milliards de dollars) annoncés l’année dernière.
Mais dans le détail, le bilan reste plombé, en partie, par la dégringolade du fonds d’investissement Vision Fund de la firme. Ce dernier a affiché une perte de 4 300 milliards de yens (32 milliards de dollars), soit 29,3 milliards d’euros, en hausse par rapport aux 2550 milliards de yens (17,43 milliards d’euros) perdus l’année précédente.
La stratégie du Vision Fund est contredite par les marchés
Le Vision Fund est le pari du fondateur de Softbank, Masayoshi Son, pour dominer le secteur des technologies. Lancé en 2017 avec le soutien financier du fonds souverain saoudien et d’Apple, il investit dans des entreprises privées valorisées à plus d’un milliard de dollars, surnommées “licornes”. Parmi ses paris les plus connus figurent Uber, WeWork, Alibaba ou encore Coupang.
Mais récemment, la stratégie du Vision Fund a connu plusieurs revers après avoir misé sur des entreprises surévaluées ou fragilisées par la crise sanitaire ou l’évolution du contexte international. Le fonds a entre autres été durement affecté par le resserrement réglementaire en Chine, qui a pesé sur la valeur de certaines de ses sociétés en portefeuille, comme SenseTime ou GoTo entre autres exemples.
Face à ces difficultés, Masayoshi Son avait annoncé un an plus tôt un changement de stratégie. Celui-ci affirmait passer en “mode défensif” et promettait d’être plus discipliné dans ses investissements. Softbank a ainsi réduit dans l’ensemble la voilure de son activité d’investissement et s’est désengagé de certaines de ses participations les plus emblématiques pour lever des liquidités.
Fondamentaux fragiles
Il a notamment vendu sa participation restante dans Uber au cours de 41,47 dollars par action et cédé une partie de ses actions dans Alibaba. Cette stratégie a permis à Softbank de limiter sa perte nette globale. Mais elle n’a pas suffi à éviter tout de même une perte record au Vision Fund, dans un contexte, certes, compliqué pour secteur mondial de la Tech. Mais qui montre également des signes de reprise.
Selon les analystes de Wedbush Securities, le secteur pourrait même croître de 20% en 2023, grâce à une vague de fusions et acquisitions, à des réductions de coûts de la part des grandes entreprises technologiques et à une confiance dans le redressement des acteurs clés du Big Tech.
Wedbush cite notamment Apple, Microsoft et Salesforce, qui bénéficient d’une forte demande pour leurs produits et services dans les domaines de la mobilité, du cloud et de l’intelligence artificielle. Ces entreprises affichent des valorisations solides et des perspectives de croissance élevées.
Le Vision Fund semble de son côté avoir raté le coche de ce rebond, en raison de paris qui se sont avérés hasardeux sur des startups surévaluées ou fragilisées par la crise sanitaire et le durcissement réglementaire en Chine. Le fonds semble également souffrir d’un manque de liquidités et d’une diversification trop faible.
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