L’opération ne passe clairement pas inaperçue en ce début de semaine. L’équipementier sportif chinois Anta vient de racheter une participation de 29,06 % dans Puma, qui était au préalable détenue par la famille Pinault, qui dirige le groupe de luxe Kering. Cette opération a été effectuée intégralement en espèces.
Dans un premier temps, les investisseurs ont bien accueilli la nouvelle et l’action de Puma a pris 20 % à l’ouverture de la Bourse de Francfort, avant de se calmer peu à peu. Les marchés attendaient sans doute une prise de position majoritaire qui ne semble pas prévue à ce stade. Même tendance, mais dans une moindre mesure du côté de Kering, qui a ouvert en hausse de 2,5 %. À l’heure où nous écrivons ces lignes, cette dernière ne progresse cependant plus que de 0,88%.
Puma traverse une période difficile au cours des derniers mois, notamment du fait de l’instauration de tarifs douaniers bien plus élevés que par le passé par Donald Trump. Elle a donc engagé une politique de renouvellement de ses produits et de réduction des coûts. Les conséquences sont notamment sociales avec l’annonce de la suppression de 900 emplois en octobre dernier. La compagnie vise un retour à l’équilibre en 2027.
Un deal gagnant-gagnant ?
L’entreprise allemande fait aussi les frais de sa rivalité historique avec Adidas. Rappelons, si cela était nécessaire, que ces deux compagnies ont été fondées par deux frères : Rudolf et Adolf Dassler. Lors du troisième trimestre 2025, les ventes de Puma ont d’ailleurs chuté de 10 % hors changes, tandis que celles d’Adidas ont de leur côté augmenté de 12 %.
De son côté, Anta poursuit son expansion à l’international. Si ce nom est peu connu en Europe, les marques qu’elle possède, comme Fila et Jack Wolfskin, le sont bien davantage sur le Vieux Continent. Le groupe ne cache d’ailleurs pas son ambition de « renforcer sa présence et la notoriété de sa marque sur le marché mondial des articles de sport ».
Concernant la famille Pinault, c’est la fin d’une histoire démarrée en 2007, comme le rappelle BFM Bourse. Un analyste cité par nos confrères souligne à ce sujet :
Le marché peut apprécier cette annonce, car elle traduit un recentrage de la famille Pinault sur Kering et plus précisément sur le redressement de l’opérationnel de Kering. Même si ce n’est pas vraiment nouveau, puisque la famille avait déjà dit que sa participation dans Puma n’était pas stratégique.
Selon Royal Bank of Canada, Artémis, la société patrimoniale de la famille Pinault, avait aussi besoin de vendre cette participation dans Puma afin de réduire sa dette nette. Le groupe breton devra aussi gérer le dossier Gucci, qui fait face à des difficultés.
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