Il a pris 8 ans pour être monté. Une période nécessaire pour installer les 12 paraboles nichées ici, sur le plateau de Bure, à quelque 2500 mètres d’altitude. Nous sommes dans le massif du Dévoluy, dans les Hautes-Alpes, et Noema se prépare à son inauguration le 30 septembre prochain.
Ses antennes sont installées depuis longtemps déjà, mais il en manquait encore une, depuis plusieurs mois, pour que le centre fonctionne en pleine capacité. C’est maintenant chose faite et la France, avec l’Allemagne et l’Espagne, signe ici le deuxième plus puissant projet radiotélescopique au monde après Alma au Chili.
La ministre de la Recherche Sylvie Retailleau et son homologue allemande seront sur place, vendredi, pour cet événement symbolique pour la recherche scientifique européenne. Le CNRS, le centre national de la recherche scientifique, a cofinancé le projet, qui nous permettra d’aller écouler le ciel, au plus profond de l’espace.
Les 12 paraboles de l’observatoire ne fonctionnent pas de la même manière que des télescopes conventionnels. Ici, sont observées les ondes radio. “On peut étudier les processus de formation des étoiles, la dynamique des galaxies”, expliquait Frédéric Gueth, le directeur adjoint de l’Institut de radioastronomie millimétrique et chercheur au CNRS. Véritables oreilles de la Terre, les observations effectuées ne sont cependant pas sonores. C’est à l’image que l’on trouve les signaux, en fonction des longueurs d’onde.
Observer la galaxie la plus éloignée de la Terre (connue à ce jour)
Toutes les antennes sont de véritables bijoux technologiques. Sur 15 mètres de diamètre, elles pèsent chacune 120 tonnes et sont connectées sur des rails qui leur permettent de changer de place, sur 1,7 km. Pour les sujets observés, il faut être précis. Les galaxies étudiées se situent parfois à plus de 10 milliards d’années-lumière. D’ailleurs, la galaxie la plus éloignée de la Terre, connue à ce jour, peut être observée avec Noema.

En fonction des saisons, la place du centre français est stratégique. Alma, au Chili, se trouve dans l’hémisphère sud, ce qui donne aux deux centres une raison d’exister et un une période de plus grande capacité (quand les nuits sont plus longues pendant l’hiver). L’hiver est aussi une saison plus optimale avec ses températures et son taux d’humidité plus faible. Car malgré les 2500 mètres d’altitude, l’atmosphère terrestre est et restera un obstacle pour l’observation.
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En tout, Noema a coûté 50 millions d’euros. Au départ, les 12 antennes devaient être installées à l’horizon 2019. Mais avec l’épisode du coronavirus, les choses ont pris plus de temps. Pour construire une antenne, il faut aux équipes plus d’un an de travail.
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