Cela fait maintenant de très longs mois que la Ligue de football professionnel (LFP) tente de vendre les droits TV de la Ligue 1 pour la période 2024-2029. Pour l’heure, aucun diffuseur officiel n’a raflé la mise, et les rêves de grandeur d’un championnat qui vaudrait un milliard d’euros par saison se sont envolés.
À vrai dire, et bien qu’ils se montrent assez peu bavards sur le sujet, les dirigeants du foot français se satisferaient aujourd’hui largement de 500 millions d’euros car il y a urgence et les clubs ont besoin de cash pour préparer la nouvelle saison.
Laurent Nicollin, président du Montpellier Hérault et de Foot Unis, le syndicat des clubs professionnels, a parfaitement résumé la situation critique qui touche les équipes françaises en ce moment : “C’est pas compliqué. À l’heure d’aujourd’hui, il y a zéro. Pour l’instant, il n’y a donc pas de transferts.”
Une offre à 30 euros ? Non, merci
Alors que les discussions avec BeIN et Canal+ semblent au point mort, la LFP se tourne désormais vers un plan B qui tient littéralement du cauchemar pour les fans de foot. L’idée est en effet de créer une chaîne 100 % Ligue 1 qui bénéficierait de sept distributeurs potentiels selon l’Équipe : Free, Bouygues, SFR et Orange, mais aussi Amazon Prime Video, Molotov TV, et Google TV.
Mais le hic tiendrait surtout dans son prix : 30 euros par mois et 300 euros pour la saison complète. On peut citer plusieurs chiffres qui permettent de se rendre compte que la somme exigée est bien trop élevée. Le Toulouse Football Club propose par exemple des abonnements à 159 euros l’année qui permettent d’assister à 17 matches par saison au stade.
Sur le plan télévisuel, Canal + commercialise des abonnements à 30 euros par mois pendant un an pour son bouquet sportif qui donne accès, entre autres, à toutes les coupes d’Europe de football, à la Formule 1, au Top 14 de rugby et aux principales courses cyclistes de la saison (via Eurosport). Une offre largement plus complète que celle qu’envisage de lancer la LFP.
Malgré cette proposition assez peu concurrentielle, la Ligue espère néanmoins attirer près de 2 millions d’abonnés, soit 500 millions d’euros par saison et même 3,37 millions d’abonnés d’ici la saison 2028-2029. Il n’est certes pas interdit de rêver, mais comment croire ce pari réalisable quand le Pass Ligue 1 d’Amazon Prime Video n’avait pas su attirer plus de 2 millions d’abonnés alors qu’il ne coutait que 12 euros par mois ?
Les défenseurs du projet, dont fait partie Joseph Oughourlian, le président du RC Lens, veulent croire que la simplification de l’offre pourrait séduire les fans de ballon rond, mais rien n’est moins sûr.
Le piratage devient monnaie courante
Bien sûr, les choses pourraient tourner au cours des jours ou des semaines à venir et les discussions se poursuivent probablement entre BeIN, Canal+, et les dirigeants du football français. Mais même si un accord de dernière minute était trouvé, ces derniers ne semblent pas décidés à dépenser des montants trop conséquents pour la Ligue 1.
Quoi qu’il en soit, ce flou artistique et la multiplication des bouquets nécessaires pour consommer du sport ne font qu’encourager le piratage. On sait notamment que les Français recourent de plus en plus aux IPTV illégales qui permettent d’accéder à l’ensemble des offres pour une somme modique.
Cette information révélée il y a quelques semaines par l’Arcom est à cet égard révélatrice de cette nouvelle donne. L’autorité publique a ainsi constaté une légère hausse en 2023 “qui correspond quasi exclusivement à des retransmissions de compétitions sportives en direct.” S’ils doivent débourser 30 euros par mois supplémentaire pour accéder au seul Championnat de France de football, bon nombre d’internautes risquent de se tourner vers ces moyens détournés.
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