Sur Terre nous sommes habitués à construire des maisons avec du béton, des briques ou même du bois. Mais réaliser des habitations sur Mars est un défi de taille, et la NASA se penche sur d’autres matériaux, tout aussi efficaces, mais plus faciles à transporter.
Parmi les solutions envisagées par les scientifiques, l’agence spatiale américaine vient de très sérieusement se pencher sur un projet en particulier : celui d’utiliser l’urine et le sang des astronautes pour construire leurs maisons. Si une telle idée peut être ragoûtante, elle est, vue de façon pragmatique d’une efficacité redoutable.
Ces fluides seront en effet créé et transporté par les astronautes au cours de leur voyage, autant leur trouver une seconde vie. C’est ainsi que des chercheurs de l’université iranienne de Kharazmi ont proposé cette solution. Aidés par des confrères de l’université de Manchester, ils ont notamment basé leurs études sur l’analyse des méthodes de construction utilisée pendant l’Antiquité en Europe.
Une solution terre à terre
Car les scientifiques le savent mieux que personne, le principal ennemi du voyage vers Mars (et d’autres planètes) c’est le poids. Chaque kilogramme de Gagné au décollage, c’est des tonnes de carburant à emporter en moins. Un acheminement qui a un coût, exorbitant.
Les scientifiques ont calculé qu’une seule brique coûterait environ 2 millions de dollars à envoyer sur Mars. Face à une telle contrainte financière, l’utilisation des ressources à disposition des astronautes sur place est essentielle. Plusieurs études ont déjà proposé d’utiliser la roche martienne pour construire des maisons solides, mais ce matériau, friable et poussiéreux, est loin de faire l’unanimité.
Au regard des scientifiques, son seul avantage serait sa disponibilité infinie. Alors les chercheurs se sont penchés sur d’autres solutions, à commencer par les fluides corporels. Ces derniers ont un pouvoir liant indéniable et combiné avec du régolithe martien (de la poussière) et ils seraient d’une redoutable efficacité.
Plus précisément les scientifiques ont jeté leur dévolu sur l’albumine sérique, une protéine présente en grand nombre dans le plasma humain. Une idée qui paraît folle, mais qui nous ramène pourtant à nos origines. Durant l’Antiquité les Romains utilisaient déjà du sang animal pour parfaire leurs constructions et lier les blocs de pierre entre eux.
Des questions éthiques évidentes
Suivant cette méthode de conception, les scientifiques ont estimé qu’une équipe d’astronautes (de six personnes) serait capable de produire 500 kilogrammes de « béton martien » (aussi appelé Astrocrete). Un résultat encourageant qui soulève néanmoins des questions éthiques essentielles.
Car si la récupération du plasma et des urines de six astronautes ne présente aucun risque pour leur santé, on peut rapidement imaginer un scénario apocalyptique, avec des « fermes à plasma » construites dans le seul but de bâtir une nouvelle civilisation sur Mars.
Rassurons-nous de suite, nous sommes encore loin de cette vision, mais l’utilisation de fluides humains à des fins de constructions sur Mars doit évidemment poser question, et les scientifiques eux-mêmes remettent en question leurs travaux et assurent chercher d’autres solutions pour remplacer ce composant.
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