La vente de la Silicon Valley Bank (SVB), en faillite depuis le 10 mars dernier, vient de se solder alors que la banque First Citizens a confirmé son intention d’acheter les actifs de l’établissement et de récupérer l’ensemble des dépôts et des prêts de ses clients. “Il s’agit d’une transaction remarquable, réalisée en partenariat avec la FDIC, qui devrait inspirer confiance dans le système bancaire”, a déclaré Frank Holding Jr, directeur général de First Citizens, dans un communiqué.
Le contrat de vente dit pourtant que tout n’aurait pas pu avoir lieu sans que la FDIC (l’agence publique des États-Unis pour garantir les dépôts bancaires) ne reste imbriquée dans le projet. First Citizens a beau annoncer récupérer l’ensemble des dépôts et prêts, ils ne correspondront qu’à 72 milliards de dollars d’actifs de SVB, laissant 90 milliards de dollars à la FDIC (notamment du côté des prêts). En même temps, la faillite de la banque lui aura coûté 16,5 milliards de dollars (décote) et 20 milliards de dollars de coût de faillite pour le Fonds d’assurance des dépôts.
L’accord a été confirmé dans la nuit de dimanche à lundi par Bloomberg et des communiqués respectifs des deux établissements et de la FDIC. Ce lundi matin, sans perdre de temps, les 17 succursales de la Silicon Valley Bank rouvriront et opéreront désormais sous l’entité de First Citizens Bank, une banque basée en Caroline du Nord et appartenant au groupe First Citizens BancShares Inc. L’établissement propose à la fois une activité de banque commerciale et banque d’investissement. Au Royaume-Uni, la filiale de la SVB n’appartiendra pas à First Citizens mais à HSBC, qui a déjà conclu un contrat de vente le 14 mars.
De 175 à 56 milliards de dépôts
Les comptes des clients ne seront pas modifiés dans l’immédiat cela dit, mais tous seront maintenant régis par la First Citizens Bank. En termes de dépôts, le communiqué relatif à cette vente mentionne la somme de 56 milliards de dollars. La semaine précédent de la faillite de la banque SVB, on parlait alors de plus de 175 milliards de dollars de dépôts. Entre le défaut de la banque et le rachat aujourd’hui par la First Citizens Bank, on peut constater que de nombreux clients sont partis ou ont tout du moins vidé leurs comptes. La panique bancaire a débordé chez d’autres banques.
La plupart d’entre eux l’ont fait lorsque la FDIC reprenait en main la banque et que l’Etat fédéral confirmait qu’il allait prendre en charge l’intégralité du montant des soldes des comptes des clients pour les sauver. À ce moment, les clients pouvaient donc retrouver l’usage de leurs comptes et retrouver leurs dépôts, en attendant que la banque puisse se retrouver un repreneur. Malheureusement, les semaines sont passées et au moins deux tentatives de vente de la Silicon Valley Bank aux enchères se sont soldées par des échecs.
Selon des personnes proches du dossier mentionnés par Bloomberg, First Citizens Bank aurait pourtant fait part de son intérêt pour le dossier depuis longtemps. Peut-être que ce dernier était encore bien plus valorisé il y a quelques semaines et que les autorités n’étaient pas encore prêtes à un contrat avec de telles conditions de rachat, à la transaction grandement facilitée. Il faut dire que l’établissement s’y connaît en acquisition. Depuis 2009, il a traité 20 fois avec la FDIC pour des affaires de rachat de banques rivales… notamment après la crise financière de 2008.
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