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Vous ne réalisez pas à quel point la fusée Starship de SpaceX est une catastrophe pour l’environnement

Elon Musk le répète depuis des années : SpaceX doit permettre à l’humanité de survivre face au réchauffement climatique. Pourtant, ses ambitions mercuriennes avec la fusée géante Starship ont un impact destructeur sur l’environnement. Et ce n’est, malheureusement, que le début.

La semaine dernière, le douzième vol d’essai de Starship a validé la quasi-totalité des objectifs de SpaceX. Malgré un amerrissage manqué du booster Super Heavy, la démonstration de force est indéniable : la plus puissante fusée de l’Histoire se rapproche de l’opérabilité. Et en coulisses, la machine financière s’emballe déjà pour préparer une introduction en Bourse historique, visant une levée de fonds inédite de 75 milliards de dollars.

Pour justifier une telle valorisation et alimenter ses projets pharaoniques, des constellations Starlink aux data centers orbitaux pour xAI, en passant par le programme Artemis de la NASA et la colonisation de Mars, SpaceX doit concrétiser sa promesse : produire 1 000 Starship par an et assurer des milliers de lancements annuels.

Mais au-delà de cette euphorie, une thématique reste largement (et très probablement de manière volontaire) ignorée. Car l’impact des plans de SpaceX, s’ils se concrétisent, sera catastrophique pour l’environnement, bien au-delà du débat classique sur la pollution atmosphérique liée à la combustion des moteurs.

Spacex Bourse
© Juan Alejandro Bernal / Shutterstock.com

L’exemple de Starbase

Afin de soutenir la cadence infernale de ses futurs vols, SpaceX doit résoudre une importante problématique : une fusée de plus de 120 mètres de haut a besoin d’espace, beaucoup d’espace. À Boca Chica, au Texas, le site de Starbase est déjà devenu trop étroit. Dans ce contexte, la municipalité, créée de toutes pièces par l’entreprise, a lancé une procédure agressive pour annexer environ 2 873 hectares supplémentaires. L’idée est d’intégrer ces parcelles aux limites de la ville pour s’octroyer les pleins pouvoirs et s’éviter les blocages juridiques des autorités environnementales fédérales.

Problème, une grande partie de cette zone convoitée empiète directement sur une réserve naturelle nationale connue pour abriter des oiseaux migrateurs, des papillons et des ocelots, un félin en danger d’extinction. Sur place, l’impact des lancements est déjà documenté par les biologistes. Les explosions à répétition et les pluies de débris métalliques ont détruit une grande partie des nids du pluvier siffleur, un oiseau menacé qui a déserté les lieux. De même, les vibrations extrêmes du sol menacent les œufs des tortues de Kemp, l’espèce de tortue marine la plus en danger au monde, qui vient pondre sur ces plages.

Rendez-vous compte, des chercheurs ont mesuré des niveaux sonores dépassant 110 décibels à plus de 35 kilomètres du site de lancement. À cela s’ajoutent des surpressions atmosphériques de 240 pascals dans un rayon de 15 kilomètres, un seuil physique suffisant pour faire éclater des fenêtres.

Car le Texas n’est qu’une première étape. L’entreprise l’a elle-même admis officiellement : pour atteindre son objectif de milliers de vols par an, elle est engagée dans une « recherche permanente » de nouveaux sites viables, tant au niveau national qu’international. SpaceX veut acheter partout dans le monde. Et bien entendu, elle jettera son dévolu sur des régions isolées afin de ne pas exposer les populations humaines aux effets néfastes des lancements… quitte à sacrifier des écosystèmes. Aux États-Unis, l’entreprise lorgne déjà sur 55 000 hectares de marais en Louisiane.

Les effets des data centers en orbite

Les data centers orbitaux, s’ils deviennent effectivement une technologie viable, auront eux aussi un impact concret. Pour alimenter l’IA, Elon Musk a déposé une demande officielle auprès de la Commission fédérale des communications (FCC) pour déployer un réseau d’1 million de data centers directement dans l’espace. Associé à d’autres projets privés, comme les 50 000 miroirs orbitaux de l’entreprise Reflect Orbital destinés à renvoyer la lumière du Soleil vers le sol, le ciel nocturne pourrait devenir une immense zone industrielle hautement lumineuse.

À tel point que la communauté scientifique a poussé un cri d’alarme sans précédent il y a quelques semaines. La Royal Astronomical Society (RAS) et l’European Southern Observatory (ESO) ont déposé des objections formelles pour tenter de bloquer ces licences. Les experts préviennent : si ces milliers de structures sont déployées, elles réfléchiront la lumière du Soleil de manière continue. Le ciel nocturne deviendrait jusqu’à trois fois plus lumineux qu’il ne l’est aujourd’hui, y compris dans les zones les plus reculées du globe, classées comme sanctuaires d’observation. Certains de ces dispositifs orbitaux seraient même plusieurs fois plus brillants que la pleine lune.

Or, la lumière artificielle continue risquerait de gravement perturber les écosystèmes nocturnes, notamment les cycles de reproduction et de migration des animaux qui se repèrent grâce aux étoiles.

Starship Test
© SpaceX

Le paradoxe ultime de Musk

Et pour éviter quelques remontrances, Elon Musk s’appuie logiquement sur son influence politique. Très proche de l’administration Trump, le milliardaire bénéficie d’une oreille attentive au sommet de l’État pour faire sauter les verrous administratifs. Le contexte géopolitique n’arrange rien, la conquête spatiale étant au cœur de la bataille que se vouent la Chine et les États-Unis.

Une situation qui met en lumière le paradoxe ultime de l’homme le plus riche du monde, lui qui prétend depuis le début de sa carrière vouloir « sauver l’humanité ». Dans l’idée de financer et concrétiser un empire technologique évalué à plus de 1 250 milliards de dollars, SpaceX industrialise le sol et s’empare aussi du ciel. Et le coût environnemental de cette colonisation risque de dépasser l’entendement.

  • Pour atteindre son objectif de milliers de lancements annuels, SpaceX veut annexer de nombreux terrains à travers le monde.
  • Or, les lancements de Starship à Boca Chica dans le Texas ont déjà un impact concret sur la faune locale.
  • Le milliardaire bénéficie de sa proximité avec l’administration Trump pour accélérer ses plans.

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