Souvenez-vous, nous apprenions il y a quelques années que Kiabi avait été la cible d’une fraude financière massive estimée à 100 millions d’euros. Les investigations mettaient alors en lumière le rôle central présumé d’une ancienne trésorière de l’entreprise. La femme, alors âgée de 39 ans, avait été interpellée en 2024 à la descente de son jet privé en Corse et mise en examen pour « escroquerie en bande organisée », et placée en détention provisoire.
D’après les informations du Figaro, les enquêteurs de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) continuent de creuser ce dossier. Les policiers auraient ainsi réussi à retrouver la trace des fonds détournés par la trésorière en juin 2023, précisent nos confrères.
Concrètement, les enquêteurs savent donc « où est parti l’argent » et ils ont identifié « les circuits et flux ». Cette somme aurait donc servi à l’ancienne employée à faire l’acquisition « de trois bien immobiliers » à plusieurs millions d’euros. Les hommes de l’OCRGDF ont fléché ces villas « et les sommes issues de leur vente ont été placées sous séquestre » dans le cadre d’une « procédure ouverte aux États-Unis. »
La Voix du Nord rapporte de son côté que Kiabi a déjà pu récupérer 12,46 millions d’euros suite à la vente de certains de ses biens immobiliers. Ce montant serait issu « de la vente pour 18,5 millions de dollars (15,78 millions d’euros) de la villa surnommée le Château Allison », et d’un « appartement de luxe dans le quartier chic d’Aventura, à Miami, pour 980 000 dollars (836 000 euros) », d’après les informations du journal régional.
L’affaire suit son cours et l’ancienne trésorière reste mise en examen pour « escroquerie et blanchiment en bande organisée dans le cadre d’une information judiciaire. »
Une technique sophistiquée
Comme nous vous l’expliquions précédemment, Kiabi a mis du temps à repérer la fraude en raison de sa sophistication. Les fonds auraient ainsi été initialement investis auprès d’une banque étrangère, avant de se « volatiliser ». Comment ? Grâce à la technique dite des « comptes rebonds ».
Dans le détail, cela consiste à transférer des fonds entre plusieurs comptes bancaires, souvent situés dans différentes juridictions, dans un court laps de temps, afin de brouiller la traçabilité des transactions et masquer l’origine ou la destination finale de l’argent. Ce n’est qu’en tentant de récupérer l’argent que la grande enseigne a découvert le pot aux roses, et déclenché une procédure judiciaire. Pour en savoir plus sur cette affaire, n’hésitez pas à relire notre précédent article ici.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.