Après une relative accalmie en 2025, l’inquiétude financière fait un retour marquant dans l’Hexagone. Selon le 15e baromètre Cofidis/CSA, réalisé auprès d’un échantillon de 1 009 personnes, le pouvoir d’achat redevient la première préoccupation des Français, et repasse devant la santé et l’insécurité. Plus significatif encore : 60 % des sondés ont désormais le sentiment que l’inflation s’accélère, soit un bon spectaculaire de 26 points en un an.
Dans ce contexte, il manque aujourd’hui en moyenne 512 euros par mois aux foyers pour vivre confortablement, estiment les personnes interrogées. Une somme que 44 % d’entre elles investiraient en priorité dans l’alimentation. Cette fragilité se reflète directement dans la gestion du quotidien, puisque 39 % des Français se retrouvent à découvert au moins une fois par an, avec un montant moyen de -383 euros.
Réduction des dépenses non essentielles
Afin de préserver leur budget, 58 % des sondés réduisent leurs dépenses non essentielles, tandis que 54 % surveillent plus attentivement les prix. Une prudence qui devrait durer : 60 % anticipent déjà de devoir se restreindre davantage dans les prochains mois. Et pour optimiser chaque euro, les consommateurs modernisent leurs habitudes.
Ainsi, l’intelligence artificielle (IA) s’impose comme un nouvel outil de gestion financière, avec 30 % des Français qui l’utilisent déjà pour comparer les prix, analyser leurs dépenses ou anticiper leur épargne. Un réflexe particulièrement ancré chez les moins de 30 ans, qui sont 64 % à y recourir.
Les projets ne disparaissent pas. 52 % prévoient une dépense importante dans l’année, mais le financement, lui, reste prudent : ils privilégient massivement leur épargne personnelle (60 %) ou le paiement fractionné (24 %), devant le crédit à la consommation (18 %).

Pourquoi la situation se tend-elle à nouveau ?
Ce regain d’inquiétude s’explique, en grande partie, par le carburant. En raison des vives tensions sur les marchés mondiaux de l’énergie, 84 % des Français constatent une hausse à la pompe, et 56 % indiquant que cette augmentation pèse directement sur le budget de leur foyer.
D’autant que la situation est déjà fragilisée. Les revalorisations salariales concédées en début d’année restent globalement inférieures au niveau réel de l’inflation. De même, les ménages n’avaient pas encore pleinement rattrapé le choc inflationniste des années précédentes.
Et la France elle-même souffre enfin d’un manque de marge de manœuvre budgétaire. Contrairement à d’autres pays européens capables de baisser temporairement les taxes sur les carburants ou l’énergie pour amortir le choc, l’État ne dispose plus du champ d’action nécessaire pour soulager directement le portefeuille des consommateurs.
- 60 % des Français ont le sentiment que l’inflation s’accélère et qu’il leur manque 512 euros par mois pour vivre confortablement.
- Pour préserver leur budget, 30 % des consommateurs (et 64 % des moins de 30 ans) s’appuient désormais sur l’intelligence artificielle.
- La hausse du carburant touche de plein fouet des ménages déjà fragilisés par un décalage entre revalorisations salariales et hausse réelle des prix.
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