Crowdfunding, creative Commons… Le cosmonaute, plus qu’un film : une révolution !

Pour la première fois, la maison de production Riot Cinéma utilise des solutions innovantes comme le crowdfunding et les licence Creative Commons pour produire son long métrage « el Cosmonauta », qu’elle diffusera gratuitement sur internet. Le film devrait sortir au printemps 2012.

Pour la première fois, la maison de production Riot Cinéma utilise des solutions innovantes comme le crowdfunding et les licence Creative Commons pour produire son long métrage « el Cosmonauta », qu’elle diffusera gratuitement sur internet. Le film devrait sortir au printemps 2012.

Je vous propose une première analyse de leur modèle production et de diffusion, qui devrait ouvrir de nouvelles perspectives au cinéma indépendant. Ce qui pouvait apparaître comme une aberration économique, il y a encore même quelques mois, est devenue une stratégie réfléchie et ambitieuse. Les jeunes responsables de la maison de production, Nicolás Alcalá, Carola Rodríguez et Bruno Teixidor ont, selon eux, juste décidé de voir internet comme un atout et les internautes comme des alliés et non des voleurs. Ils diffusent leur film, comme ils  aiment les voir, gratuitement sur internet, tout en aimant aller les voir en salle, mais en y vivant une expérience (soit avec la technologie 3D ou avec l’apport du transmédias).

A la fois pragmatique et idéologique.

Leurs motivations sont évidemment à la fois idéologiques et pragmatiques. Dans un monde aussi concurrentiel que le cinéma, libérer le contenu de leur film leur donne un atout marketing non négligeable. Sans cette volonté initiale de se démarquer, El Cosmonauta n’aurait peut-être pas vu le jour, il aurait été considéré comme un autre projet de cinéastes indépendants. De cette façon, en faisant appel aux internautes, en créant une communauté autour de celui-ci et en le diffusant avec une Licence Créative Commons, il est clair que le projet devient beaucoup plus attractif pour les médias. Surtout, concrètement sans le soutien des internautes, des milliers de producteurs (à aujourd’hui, près de 5000…) et le soutien d’investisseurs, rien n’aurait pu se mettre en place, la confiance des producteurs a permis de se lancer et de commencer à travailler.

La volonté de faire évoluer le modèle classique de financement et de diffusion d’un film.

Mais l’on oublierait presque l’essentiel, leur engagement. Ils souhaitent être les premiers à montrer qu’ils existent des alternatives au manque d’argent, que la répression n’est pas la solution (que cela soit la loi sinde en Espagne ou la loi Hadopi en France). L’industrie cinématographique est confrontée à un bouleversement, à une totale remise en question de la manière de consommer et de diffuser ses produits et ses films. Pris de panique, elle a longtemps cherché à se défendre et à criminaliser les internautes. Les jeunes producteurs pensent qu’il ne sert à rien de lutter contre la consommation ou contre la liberté qu’offre internet Comme dans d’autres domaines notamment le musique, ce sont les producteurs de films qui doivent chercher de nouveaux modèles économiques et s’adapter. La licence Creative Common est pour Nicolas Alcala, l’avenir et le meilleur moyen d’embrasser le changement.

Qu’a-t-il de vraiment différent ce projet ?

Crowdfunding et Licence Créative Commons

Il y a deux façons de s’impliquer dans la production du Cosmonaute.

Comme producteur régulier, avec un montant initial de 2 €, nommé dans le générique du film, il reçoit un pack de bienvenue et a la possibilité de participer à la loterie et de gagner l’un des costumes utilisés pendant le tournage du film. Un investissement accru dans le film peut être utilisé pour acheter des articles de merchandising dans la boutique en ligne.

En tant qu’investisseur dans le film. A partir de 1000 euros, vous pouvez devenir actionnaire du film et bénéficié de parts des bénéfices du film.

Ensuite évidemment le projet se nourrit de cette relation entre le public et les créateurs. En s’appuyant sur les réseaux sociaux, il compte sur la possibilité qui est offerte de créer une communauté.

Qu’en est-il de sa diffusion ?

Quand à la diffusion, une fois le film achevé tout sera disponible en HD et sous licence Creative Commons sur internet, non seulement le film mais toutes les données enregistrées pendant le tournage du film.

Derrière ce choix, la volonté est de permettre à l’usager ou le spectateur de choisir la manière dont il souhaite voir le film, de lui permettre de le télécharger, de le modifier, de le rééditer. Le pari est fait de laisser vivre le film, la créature n’appartiendra plus à son maître. Il est même prévu un concours pour récompenser les rééditions les plus originales.

En lançant le film gratuitement sur internet dès le premier jour, l’objectif n’est évidemment pas de défavoriser la sortie en salle ou à la télévision. Mais au contraire   de favoriser la création et le partage d’une expérience. L’autre pari est donc de se dire que plus de monde le verront gratuitement, plus de spectateurs seront prêts à le voir en salle d’une manière « augmentée », c’est à dire en bénéficiant ou en ayant bénéficié des apports du transmédia. Appelé  » The cosmonaut Expérience « , s’appuyant à la fois sur l’interaction ludique avec le public et la projection classique, elle offre au spectateur une vrai expérience supplémentaire. Ces projections ne se substitueront pas à la diffusion classique sur internet ou à la télévision, mais seront complémentaires.

Ils n’oublient tout de même pas que le retour sur investissement se fait sur l’exploitation en salle et avec les préventes à la télévision.

Sources :

En savoir plus


Nos dernières vidéos

3 commentaires

  1. Pingback: Crowdfunding, creative Commons... Le cosmonaute, plus qu’un film : une révolution ! | french creativity | Scoop.it

  2. Bonjour,

    Nous changeons de terrain, il est temps de changer de jeu et les règles avec elles. Il faut tout de même le rappeler, que cela soit l’industrie musicale ou cinématographique, ce qu’ils vendent, est avant tout un support et un droit d’utilisation. Aujourd’hui la culture se dématérialise, elle est très difficilement vendable sur le net, à part peut-être sur la plateforme I Tunes, il est donc vital de trouver d’autres modèles économiques amenant les «active viewers », et non plus d’internautes ou de téléspectateurs, comme j’aime à les appeler aujourd’hui, à acheter, à participer ou à produire, car l’argent reste le nerf de la guerre pour financer la création.

    Il n’y a pas de solution miracle, les modèles type Deezer ou Dailymotion peinent à trouver la rentabilité, mais à travers les solutions qui apparaissent comme le crowdfunding et les Licences Creatives Commons une grande tendance structurante fait son apparition, il s’agit du rapprochement des artistes et du public et de l’implication de celui-ci. Le temps presse, l’état qui prenait en charge le soutien à la création, se désengage de plus en plus. Avec le crowdfunding ou le financement participatif, c’est un nouveau type de lien social qui se crée, démultiplié par l’initiative individuelle permise par le web. C’est en rétablissant la confiance et le respect entre le créateur et le spectateur (ou lecteur), que l’on ira vers la bonne direction. Considéré la culture et la création comme une marchandise en la « marketant » a tué ce respect mutuel, l’urgence une nouvelle fois est de rétablir cette confiance, de donner à voir et ne pas considérer le public comme des voleurs.

    Si vous y croyez comme moi ou si vous êtes sceptiques et demandez à voir… En clair, si vous souhaitez mieux connaître les forces en présence, savoir d’où vient ce nouveau phénomène ou bien encore comprendre sur quels forces s’appuient ces plateformes pour se développer, je vous invite à lire mon guide, vous pourrez y trouver tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le crowdfunding et vous mènera peut-être, je l’espère, à réussir vos propres projets.

    On se retrouve à l’adresse suivante

    http://www.leguideducrowdfunding.com/

    cdt,
    Nicolas

Send this to a friend