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Le futur « avion de la fin du monde » américain débute ses essais en vol

L’avion appartient à une flotte de plusieurs appareils, dans l’ombre de « Air Force One », préparé pour embarquer le président des États-Unis d’Amérique et son Secrétaire à la Défense dans le ciel en cas de souci majeur au sol, telle une attaque nucléaire.

Il est surnommé le « doomesday plane », autrement dit, « l’avion de l’apocalypse », ou « l’avion de la fin du monde ». En parallèle aux Boeing 747 présidentiels, les fameux « Air Force One », les États-Unis possèdent des appareils encore plus robustes destinés à emporter la Maison-Blanche dans les airs et déménager le centre de commandement du président dans un avion doté de technologies des plus avancées. Ils seront prochainement remplacés par des appareils qui viennent de lancer leurs premiers essais en vol.

Ces appareils ne sont pas forcément prévus pour amorcer une guerre nucléaire, mais plutôt pour y répondre, en délocalisant les opérations de commandement avec les Armées à la suite d’une attaque nucléaire qui aurait déjà eu lieu. Depuis qu’ils sont entrés en service, les avions de l’apocalypse américains n’ont jamais répondu à leur rôle principal, mais ont régulièrement volé pour des missions annexes et, dans un souci de dissuasion, un aéronef est toujours prêt à décoller, 24h/24 et 7j/7.

Premiers essais en vol du futur avion de l’apocalypse américain

Produits dans les années 70, les États-Unis possèdent quatre exemplaires de l’avion de l’apocalypse. Il s’agit du E-4B Nightwatch (des Boeing 747-200 modifiés), qui seront donc bientôt remplacés grâce à un nouvel investissement de l’US Air Force, de 13 milliards de dollars, dont l’appel d’offres s’est soldé l’année dernière par la victoire de l’entreprise Sierra Nevada, qui travaille déjà avec le Pentagone et la NASA.

Les nouveaux appareils seront des Boeing 747-8i, appartenant à la compagnie Korean Air. Sierra Nevada se chargera de les préparer avec tous les équipements et passer en revue chaque pièce pour des raisons de sécurité (les avions seront complètement désossés). Leur entrée en service est attendue en 2036 et le premier vol d’essai s’est déroulé le 7 août dernier, a révélé l’entreprise début septembre. D’autres essais en vol et au sol se dérouleront jusqu’à l’année prochaine dans l’État de l’Ohio et au Kansas.

Les quatre exemplaires de ce futur avion de l’apocalypse américain sont tous arrivés au centre d’innovation et de technologie de Sierra Nevada, à l’aéroport international de Dayton, entre juin 2024 et avril 2025. Pour aller plus vite, l’entreprise a lancé la production de nouveaux hangars, dont l’un sera opérationnel le mois prochain. À noter que le remplacement de la flotte actuelle d’E-4B représente le plus gros contrat des 60 ans d’activité de l’entreprise.

Une antenne de 8 km de long pour communiquer avec les sous-marins

Parmi ses technologies caractéristiques, cet avion possède une antenne souple de 8 kilomètres de long. Enroulée dans le fuselage, elle sort par une petite issue sous la queue de l’avion. À quoi sert-elle ? Après une série de virages serrés à basse vitesse, l’antenne forme une spirale verticale et émet des ondes à basse fréquence, capables d’être réceptionnées partout sur Terre grâce à une portée de 2,5 fois le tour de la planète.

Ces messages envoyés depuis l’antenne de 8 kilomètres des avions de l’apocalypse américains sont avant tout destinés à des communications avec les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) qui pourront réceptionner ses messages. Avec la puissance des émissions de l’antenne, les SNLE peuvent réceptionner des messages à une profondeur de 18 mètres. Afin de protéger sa technologie, les Etats-Unis utilisent très peu le système. Depuis 2004, seuls 12 ordres stratégies ont été transmis par cette voie lors d’exercices militaires.

D’autres systèmes de communication sont disponibles sous le radôme installé au-dessus du fuselage des E-4B Nightwatch, pour assurer des liaisons satellitaires notamment. Des relais en orbite pour repousser toute limite et ainsi être en mesure de joindre n’importe quel téléphone portable et autre ligne téléphonique dans le monde.

Il-80, l’homologue russe

Les États-Unis ne sont pas le seul pays à disposer d’un tel appareil. Développé pendant la Guerre froide, il connaît naturellement son homologue côté russe. Il s’appelle l’Iliouchine Il-80, et a été repéré la dernière fois début mai 2022, douze ans après avoir été filmé le 9 mai 2010 au-dessus de Moscou, à l’occasion du Jour de la Victoire célébrant l’anniversaire de la victoire de l’Armée rouge sur l’Allemagne nazie en 1945. Il y a trois ans, avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie, Vladimir Poutine envoyait un signe fort dans sa politique de communication en faisant voler l’appareil.

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