- La FTC, le régulateur du commerce aux États-Unis, dépose une plainte contre Amazon
- La commission accuse Amazon d’avoir poussé les internautes à s’abonner à Prime lors des achats en ligne
- Elle pointe aussi du doigt un processus d’annulation qui aurait été trop compliqué
Aux États-Unis, le régulateur du commerce, la FTC, annonce le dépôt d’une plainte contre Amazon, devant un tribunal de district. Le régulateur s’est penché sur le site de e-commerce ainsi que sur l’abonnement Amazon Prime et a déduit que le géant du numérique utiliserait des pratiques appelées “dark pattern” afin de pousser les utilisateurs du service de e-commerce à prendre cet abonnement. La FTC accuse également Amazon de rendre l’annulation de cet abonnement difficile.
Plus exactement, la FTC indique que lors des achats en ligne, les clients Amazon voient de nombreuses invitations à devenir abonnés Amazon Prime. Et la commission pointe du doigt le fait que dans plusieurs situations, l’option pour faire un achat en ligne sans s’abonner à Amazon Prime aurait été plus difficile à trouver. De plus, la FTC accuse Amazon de ne pas avoir été suffisamment clair sur le sujet.
Et pour ceux qui sont déjà abonnés à Amazon Prime, la FTC explique qu’Amazon rendrait volontairement le processus d’annulation de cet abonnement compliqué.
1. @FTC has taken action against @amazon for tricking users into signing up for Prime subscriptions—and then deliberately making it hard to cancel. We charge that these deceptive tactics violate the FTC Act and the Restore Online Shoppers’ Confidence Act. https://t.co/ud2j3xmFQ0
— Lina Khan (@linakhanFTC) June 21, 2023
Amazon a “trompé ses clients”, selon la FTC
“Amazon a trompé et piégé les gens dans des abonnements récurrents sans leur consentement, non seulement frustrant les utilisateurs, mais leur coûtant également beaucoup d’argent”, a déclaré la présidente de la FTC, Lina M. Khan. “Ces tactiques de manipulation nuisent aux consommateurs et aux entreprises respectueuses de la loi. La FTC continuera de protéger vigoureusement les Américains contre les « schémas sombres » et autres pratiques déloyales ou trompeuses sur les marchés numériques.”
Dans son communiqué, le régulateur américain note par ailleurs qu’Amazon n’aurait mené aucune action significative pour mettre fin aux pratiques mises en cause, “jusqu’à ce qu’ils soient au courant de l’enquête de la FTC.”
Évidemment, Amazon nie ces accusations. Voici sa réaction officielle : “Les affirmations de la Federal Trade Commission (FTC) sont fausses en fait comme en droit. La réalité est que les clients apprécient Amazon Prime et que nous faisons en sorte qu’il soit clair et simple de souscrire ou résilier l’abonnement. Comme pour l’ensemble de nos produits et services, nous sommes en permanence à l’écoute des retours de nos clients et notre objectif est d’améliorer leur expérience. Nous attendons que l’affaire suive son cours et permette de faire toute la lumière sur les faits. Nous nous étonnons d’ailleurs que la FTC annonce ces poursuites sans nous avoir notifiés au préalable, alors même que nous étions en pleine discussion avec leurs équipes pour leur présenter les faits, le contexte et les enjeux juridiques, et avant même que nous n’ayons eu l’opportunité d’un dialogue avec les Commissaires avant qu’ils n’initient le contentieux. Bien que cette absence de dialogue soit inhabituelle et extrêmement décevante, nous attendons de pouvoir faire valoir nos éléments devant les tribunaux.”
Une pratique trop courante ?
Pour rappel, le dark pattern est une technique utilisée par des sites ou applications pour manipuler l’utilisateur et l’inciter à utiliser un service ou un produit en utilisant l’interface. En Europe, ces dark patterns seront explicitement interdits par la nouvelle législation DSA ou Digital Services Act. En janvier, la Commission européenne et les autorités nationales de protection des consommateurs de 23 États membres ont publié le résultat de l’analyse de 339 sites de e-commerce. Lors de cette étude, des pratiques de manipulation des consommateurs ont été identifiées sur 148 sites.
Consumer protection: manipulative online practices found on 148 out of 399 online shops screened https://t.co/QFiVdh4TI8
— Daniel Westman (@netlawswe) January 30, 2023
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