Reconnu pour sa capacité à démocratiser le jeu vidéo, Nintendo change son fusil d’épaule. Si la nouvelle Switch 2 a fait l’objet de nettes améliorations techniques, son tarif de 470 euros laisse pantois. Cela explique sans doute pourquoi le nippon n’a communiqué aucun prix lors de son Nintendo Direct.
Personne ne s’attendait à un tarif comparable à la Switch de première génération, commercialisée à 330 euros à l’époque. Mais rares étaient ceux qui avaient anticipé une telle hausse de prix. Bien sûr, l’inflation et les nouveautés techniques laissaient présager un tarif plus élevé. Mais le japonais s’est tellement laissé allé que sa Switch 2 coûte désormais plus cher qu’une PS5 Digital Edition ou un Xbox Series S, deux consoles bien plus puissantes.
@pressecitron Le prix de la Switch 2 est fou ! On a quoi pour ce tarif ? #switch2 #nintendoswitch2 #nintendo
La fin des jeux abordables
D’aucuns diront que Nintendo n’a jamais joué le jeu des performances. C’est exact. Mais le nippon nous avait habitués à des tarifs plus accessibles afin d’avaler la pilule. Nintendo c’est surtout une expérience de jeu, un line-up truffé de licences mondialement connues. Mais là encore, c’est la douche froide.
Le premier (et seul) jeu lancé avec la Switch 2 est Mario Kart World. Son prix de vente : 80 euros en dématérialisé et 90 euros en version physique. À titre de comparaison, Mario Kart Deluxe à son prix de lancement coûtait 50 euros, sans distinction entre les versions dématérialisées ou physiques. Chez Nintendo, les jeux ont donc flambé de 80% ! Le seul moyen de s’offrir Mario Kart World à moitié prix est d’acheter le pack Switch 2 + Mario Kart World, vendu 510 euros !
Nintendo ne s’arrête pas là. Les jeux Switch 2 Edition (The Legend of Zelda: Breath of the Wild et Tears of the Kingdom, Super Mario Jamboree et d’autres), versions optimisées de jeux déjà sortis sur Switch 1, seront aussi payants, même si vous possédez déjà la version Switch 1. Le nippon fait donc payer des mises à jour graphiques, quelques modes de jeux et mini-jeux supplémentaires à un tarif encore inconnu. Mais il fait payer.
Les nouveaux jeux des partenaires présentés lors du Nintendo Direct (Hogwarts Legacy, Elden Ring, Cyberpunk 2077…) seront aussi vendus à prix d’or. Or, les joueurs ayant déjà tenté l’aventure sur PS5 ou Xbox Series n’auront certainement pas envie de siphonner leur portefeuille pour recommencer sur Switch 2.
Enfin, les fonctionnalités phares présentées lors du Nintendo Direct nécessitent aussi un abonnement Nintendo Switch Online (dès 19,99 euros par an). C’est le cas de la fonctionnalité GameChat permettant de parler à ses amis en jouant en ligne. Cette fonctionnalité nécessite en plus une caméra vendue séparément 60 euros. “Ça fait beaucoup là quand même”.
Le jeu vidéo, nouveau produit de luxe ?
Avec ces nouvelles pratiques tarifaires, Nintendo met définitivement fin au jeu vidéo abordable. Il pourrait aussi tenter les éditeurs à dépasser la barre symbolique des 100 euros, les jeux PS5 et Xbox étant historiquement bien plus chers que ceux d’une Nintendo.
On pense aux jeux AAA, déjà très chers, mais surtout à GTA VI, jeu le plus attendu de la décennie. Rockstar Games lance un jeu d’une telle ampleur tous les dix ans. Surtout, la durée d’un GTA est presque illimitée si l’on prend en compte les possibilités offertes par le jeu en ligne. GTA V par exemple continue d’enregistrer des scores spectaculaires pour un jeu aussi vieux.
Pour Nintendo, le défi est donc de taille. L’entreprise a deux mois pour faire preuve de pédagogie avant le lancement de sa console le 5 juin. Et de tenter de convaincre ses fans que ces tarifs sont justifiés. Quant au jeu vidéo, il semble prendre la direction que de nombreux joueurs craignaient : devenir un produit culturel de luxe.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.