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Solution prometteuse pour le climat, le dioxyde de soufre est interdit au Mexique

Potentielle solution pour lutter contre le réchauffement climatique, le dioxyde de soufre vient d’être interdit au Mexique, faute de preuves.

Tristan Carballeda

Publié le

 
Amazon Climat Startup
© Unsplash / Zetong Li

Le réchauffement climatique peut être ralenti. C’est du moins ce que promet la start-up américaine Make Sunsets. Pour y parvenir, elle veut lancer du dioxyde de soufre (SO2) dans l’atmosphère.

Ce gaz va réfléchir une partie des rayons du Soleil, limitant ainsi la hausse des températures. Ce procédé se produit naturellement lors de l’explosion de volcan. Le meilleur exemple reste à ce jour l’éruption du Pinatubo en 1991. En relâchant des tonnes de SO2, elle a permis de faire baisser la température mondiale de 0,4 °C sur la période 1992-1993.

Le Mexique met son veto

Voulant passer de la théorie à la pratique, l’entreprise Make Sunsets a réalisé un premier lancement de ce gaz de 10 g à titre d’expérimentation. Menée depuis le Mexique, cette expérience n’a cependant pas trouvé d’écho particulier auprès du gouvernement.

Le secrétariat en charge de l’environnement et des ressources vient de rendre la méthode illégale. Il explique que cette décision a été motivée par la volonté de protéger les populations locales. Il se dit prêt à revenir sur son jugement en cas de consortium scientifique sur l’absence de danger des injections d’aérosols dans la stratosphère (SAI).

Une méthode sans risque ?

Lancer du gaz dans l’atmosphère n’a pas seulement pour conséquence de ralentir le réchauffement climatique. Une fois dans l’air, le SO2 s’oxyde et se transforme en acide sulfurique (H2SO4). C’est sous cette forme qu’il va réfléchir le plus les rayons du Soleil, environ 10 %.

Mais les répercussions d’une telle action sont grandes. Selon un rapport de l’ONU, les populations locales pourraient subir des pluies acides et une raréfaction de la concentration d’oxygène à haute altitude.

Dans un article publié en avril dans la revue de référence Science, le centre national de recherche sur l’atmosphère des États-Unis explique que cette libération de gaz représente « des risques importants » pour la planète à l’échelle mondiale.

Une absence de preuves

Reprenant l’exemple de 1991 et du volcan Pinatubo, ils assurent que les fortes intempéries et les inondations de 1993 sur le Midwest américain sont directement liées à cette éruption. Le dioxyde de soufre aurait même joué un rôle dans l’agrandissement du trou dans la couche d’ozone.

Malgré le manque de preuves défendant les bénéfices des SAI sur le climat, plusieurs scientifiques de renom ont apporté leur contribution à ce projet. Parmi eux, le prix Nobel de Chimie 19995 a été l’un des premiers à théoriser la libération de gaz de façon intentionnel dans l’atmosphère.

Plus récemment c’est le bureau d’étude de la Maison-Blanche qui a lancé un plan de recherche quinquennal sur la question. Il devrait rendre ses conclusions en 2027.

1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Oygron

    24 janvier 2023 à 12 h 45 min

    Bonjour,

    Non, ce n’est pas une solution prometteuse pour le climat !

    Comme dit dans l’article, cette solution va provoquer des pluies acides. Si on veut vraiment que le dioxyde de soufre ait un réel impact, il faudra en envoyer tellement que les pluies acides d’il y a quelques décennies ne seront qu’une vague rigolade par rapport à ce qu’on aura.

    De plus, si on se lance quand même dans cette solution, il faudra en envoyer en permanence, ces composés n’ayant qu’une durée de vie de 2 ans dans l’atmosphère. Le jour où on se rendra compte que c’est trop néfaste ou où on aura plus les moyens financiers de le faire, on va se prendre en 2 ans tout le rattrapage des années de réchauffement qu’on aura mises en sommeil avec cette technique. Et là, bonjour les dégâts.

    Tout ceci est déjà bien documenté.

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