Les étudiants du MBA Marketing et Technologies de l’Information de l’ISC Paris préparent un bouquin sur Apple, “Le Monde selon Apple”, qui sera publié en septembre prochain. L’équipe de rédaction m’a proposé d’écrire la préface de cet ouvrage.
J’ai pensé que c’était une bonne occasion de vous faire partager mes quelques réflexions personnelles sur Apple en publiant cette préface avant la sortie du livre, avec l’autorisation des auteurs bien sûr.
La préface, donc :
Quand on m’a demandé d’écrire la préface de cet ouvrage, je me suis d’abord demandé si j’étais la personne la plus légitime pour le faire. Je ne suis en effet ni un « fanboy » (le terme employé pour caractériser les adeptes de longue date de la marque à la pomme) ni même un spécialiste d’Apple.
Pire : j’ai fait le chemin à l’envers ! Je suis un switcher, mais dans le mauvais sens puisque j’ai fait mes premières armes en informatique dans les années 80/90 sur Mac pour ensuite passer du côté obscur : Windows. J’ai acheté mon premier PC quelques mois avant que soit commercialisé l’iMac qui marquait le retour de Steve Jobs.
Mauvais timing ? Pas vraiment. Il y avait trois bonnes raisons à l’époque de s’intéresser au monde du PC : Windows 95 venait de faire une entrée fracassante sur fond de “Start me up” des Rolling Stones, Apple était moribond, sa fin proche annoncée par tous les analystes, et l’environnement PC promettait une compatibilité de masse entre les machines, notamment pour le multimédia, les suites bureautiques et les jeux qui débarquaient en force dans les années 90.
On connait la suite ! Alors que Microsoft endossait chaque jour un peu plus le costume du vilain que connaissent toutes les grandes firmes mondiales ayant des velléités monopolistiques, le redressement d’Apple a été spectaculaire. De l’iPod à l’iPad en passant par l’iPhone et le MacBook Air, Steve Jobs a non seulement imposé toute une gamme de produits comme des références sur leur marché, mais également sa philosophie, faite d’une obsession maniaque pour le design et la simplicité. A tel point que la firme de Cupertino voit sa capitalisation boursière dépasser depuis quelques semaines celle de son éternel rival Microsoft, et par la même occasion, prend le rôle du… méchant, quelque peu délaissé par Microsoft.
La roue tourne. Ce que l’on pardonnait encore à Apple il y a quelques années (je situe le pic de l’Applemania à la sortie des premiers iPhone) fait aujourd’hui l’objet de beaucoup moins de mansuétude. Parce qu’il y a encore quelques années Apple était le challenger, le trublion, le petit surdoué branché qui titillait les mastodontes. Celui qui possédait des parts de marché tellement marginales que même Wall Street s’en fichait. Posséder un produit Apple constituait un signe distinctif, et vous classait d’emblée dans une catégorie à part, un peu au-dessus de la mêlée (y compris pour les tarifs) des beaufs à PC.
Oui mais voilà : à force d’être surdoué et de proposer des produits aussi réussis que sexy et onéreux (et donc à forte marge), Apple est devenu à son tour un mastodonte, entrant dans le club très privé des entreprises qui font un chiffre d’affaire de plus de cinquante milliards de dollars. Et là ça ne rigole plus : en même temps qu’Apple grossit, la marque s’institutionnalise, se banalise, pour devenir peu à peu une enseigne grand public. Et c’est peut-être ce qui pourrait lui arriver de pire : rentrer dans le rang.
Apple saura-t-il encore nous étonner, et déclencher ce fameux effet Wow qui est un peu sa marque de fabrique à chaque sortie de nouveau produit ? Quoiqu’il arrive, même si la série s’arrête un jour, la saga Apple, intimement liée au destin et au charisme d’un homme, Steve Jobs, a encore très certainement assez d’épisodes en stock pour passionner plusieurs générations de technophiles, de 7 à 77 ans.
Cet exercice d’écriture est intéressant : je constate à la relecture que le style est différent de celui qui caractérise l’écriture sur un blog : plus distancié, plus neutre, plus “éditorial”. Ce n’est pas délibéré, c’est venu comme ça, preuve que l’on adapte inconsciemment sa plume au support.
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et donc quand re-switches tu? 🙂
Un CA de plus de 50 milliards ? Me semblait qu’on était plutôt dans les 20/30 quand même.
Macbook Air un succès ? euh …
Pour le reste, un gros +1
(pour le CA, c’est 42 en 2009, et effectivement en 2010, y’a de forte chance pour que soit 50)
En lisant ta préface, je trouvais cela très banal, très neutre, très déjà-lu-partout, très conventionnel. En fait, tout simplement ce que tu sembles avoir constaté en la relisant toi-même. Je suis déçu … Si je voyais dans les boutiques un livre préfacé “Presse-citron”, je m’attendrais à retrouver le ton libre et personnel de ton blog Dommage …
Ca fait peur 🙁
Merci Eric pour cette belle préface.
Nous sommes très fier de notre “bébé”
Un co auteur de ce livre.
Très bonne préface!
Ce bouquin a l’air intéressant également. As-tu eu l’occasion de le feuilleter?
@Eric : bonne remarque, c’est ce que j’explique un peu en conclusion de l’article, le ton est neutre, mais ce n’est pas vraiment délibéré, c’est sorti comme ça. J’essaierai de faire plus punk la prochaine fois 🙂
Hello,
Je n’ai pas pu m’empêcher de cliquer sur l’un des liens dans les “articles sur le même sujet” : iPad : si j’étais Apple je m’inquiéterais … et je remarque qu’une bonne partie de la préface reprend mot pour mot cet article ! N’aurait-il pas été plus judicieux (rapport au titre du bouquin) de tout réécrire ?
@Kalua : pas une bonne partie, un paragraphe et demie. Quel intérêt de réécrire pour redire exactement ce que je veux dire, à savoir la même chose ? Le plaisir d’interchanger des mots ?
C’est trop neutre en effet. Mais tout de même plaisant à lire.
4eme paragraphe: “à tel point QUE la…”
C’est marrant. J’ai suivi le même chemin. J’ai commencé par un Apple. C’était l’époque où Steve Jobs avait été viré. D’un point de vue design, mon ordinateur n’était pas génial. On l’appelait le “pizza box”. Le système (7.5) lui était très bon. Je n’ai jamais su, à l’époque ce que voulait dire un plantage ni encore moins remonter le système. Mais là où cela pêchait, c’est au niveau des logiciels. Mon usage premier de l’ordinateur était de faire du traitement de textes “mathématiques”. Pour ce faire il me fallait un bon traitement de textes (Word of course), un éditeur d’équations et aussi un logiciel de dessin technique (sans compter un grapheur, pour tracer mes fonctions).
Et bien cela “merdait” sous Apple. J’en suais pour pas grand chose. Sans compter une carte graphique qui n’arrivait pas à suivre pour afficher correctement et rapidement mes équations (qui sont des images!).
C’est en passant sous windows (95 à l’époque) que j’ai pu réellement travailler comme il faut. C’est-à-dire être productif.
Parce que, pour que cela soit agréable de travailler à l’ordinateur, il faut que la productivité soit au moins celle que l’on a en écrivant à la plume…
Alors même si certains jours je voue Windows aux gémonies, je ne me vois pas retourner sous Apple.
Apple reste un marché de niche.
Un autre exemple : j’ai un GPS (etrex). Et bien à ma connaissance, Mapsource, le logiciel de Garmin ne marche pas avec le mac..
Apple ne sort pas (et je pense ne sortira pas) de netbook. Je crois plus au netbook qu’à l’ipad..
Ceci dit, quand il m’arrive en badant à la Fnac de regarder les iMac, je ne peux m’empêcher de trouver qu’ils sont beaux et que surtout le système du mac est graphiquement élégant quant windows donne souvent l’impression d’avoir été conçu par un personnage de Dubout…
J’allais dire pareil que Kungs !
Et “parce-que” (5ème paragraphe) ne prend pas de tiret, pour autant que je sache. 😉
Sinon la préface reste assez généraliste, sans prendre trop de risques, mais pourquoi pas, ça reste une bonne approche pour s’immerger tranquillement dans le livre… 🙂
Je pense que le mot technophile n’est pas très bien utilisé à la fin. Un technophile est une personne qui apprécie les techniques modernes. Très souvent, Apple n’a de moderne que le design. En terme de technique, c’est pas toujours ça.
(je suis peut-être peut-être proche du troll dans ce que je dis là, non ? mais c’est pas le but !)
En fait, je pense que la fin devrait se finir sur ça: “Et c’est peut-être ce qui pourrait lui arriver de pire : rentrer dans le rang.” Le livre s’appelle “Le monde selon Apple”, je ne vois donc pas pourquoi ajouter le dernier paragraphe.
Le titre du livre semble indiquer que le contenu est plus dans le style constat/analyse que futur/hypothétique.
Si une préface doit être retenue et orientée neutralité, alors je pense que le contrat est rempli.
(mais en général, j’avoue que je saute les préface des livres :/ Va donc falloir que j’me fasse une cure de préfaces !)
Petit avis (tout petit petit).
tu pose une question en intro : es-tu le bon candidat…
Pas de réponse, pas d’angle “bon candidat”, pas de rebond sur la question en conclusion…
Ça fait un peu inutile, du coup.
Moi, je ne commencerais pas une préface et donc un livre en disant que je suis mal placé pour en parler. C’est pas très encourageant pour la suite…
D’accord avec toi sur le petit génie qui devient mastodonte et donc la cible logique des critiques
Bon, mon premier commentaire a semble-t-il été mangé, donc je récapitule. Il y a un petit souci dans les dates :
– Avant 1995 et malgré l’échec du Newton, Apple est encore en forme, notamment avec l’introduction en 94 des PowerPC, des CPU très puissants.
– Win95 (Chicago) arrive et rafle tout : Apple ne réplique pas et perd son avance. La descente aux enfers se situe à peu près là.
– Steve revient aux commandes en 97 via le rachat de Nextstep.
– l’iMac 1er du nom sort en 1998.
Voilou 😉
Petite remarque, c’est dommage de ne voir que le coté hardware. L’un des piliers de l’évolution d’apple se trouve dans son éco(nomique)-système dont le cœur est itunes…
Sinon chiffre d’affaires prend toujours un s (à affaire).
Meme commentaire que @Dldler
Quand on pose une question dans un article/preface/etc, il est plutot courant d’en apporter une réponse ou l’explication d’une non réponse… Je suis surpris qu’un pro comme toi ait pu laisser passer ca ?!
Enfin, ancien mastodonte devenu petit génie redevenant mastodonte en fait
Les fautes sont corrigées, merci (j’ai toujours écrit “parce-que” avec un tiret, honte à moi, je viens d’apprendre quelque-chose) 🙂
Concernant “la question de l’intro à laquelle je ne réponds pas” je crois que vous vous trompez un peu. Je ne pose pas une question, je m’interroge sur moi-même, c’est une réflexion en forme de question, ça n’appelle pas de réponse.
Le monde selon Apple c’est un monde sexy mais fermé et verrouillé.
Le plus surprenant c’est le nombre de clients semble-il satisfaits d’être ainsi dans une “prison dorée”…
Des clients captifs et heureux de l’être, c’est assez paradoxal.
En tout cas très peu pour moi.
@Nicolas Ruiz : merci pour ces précisions, c’est étrange je me vois encore à la FNAC en 95/96 choisir un PC alors que les rayons sont squattés par une foule de fans venus voir le nouvel iMac. Mais je dois confondre, l’iMac est en effet sorti en 1998. C’est corrigé.
Je vais suggérer aux auteurs de signer la préface “Presse-citron et ses lecteurs” 🙂
J’aime beaucoup le petit lien iphone . Eric tu es un maitre en SEO!
Et oui c’est bien exactement ce que je pense….
Apple sort de bons produits mais qui sont bien trop chers et vu que sa popularité ne cesse de s’accroitre celui-ci perd petit à petit de son originalité.
Je me demande bien aussi ce qu’il adviendra d’Apple lorsque Steeve ne sera plus là ?….
Car il faut bien l’avouer Apple et Steeve sont indissociables !
Bravo Eric, c’est une super préfce, je pense que ça n’a pas été facile de pondre ce texte, concis et clair. Les auteurs peuvent te remercier!
“Les fautes sont corrigées, merci (j’ai toujours écrit « parce-que » avec un tiret, honte à moi, je viens d’apprendre quelque-chose)”
Il n’y a pas de tiret non plus à “quelque chose” 😀
Avez vous remarque
Apple
Google
finissent par le
et contiennent pp et oo
ca fait peoplllleeee!!!
“Plus un produit est cher, plus grande est la marge”. C’est un concept intéressant. Je vais tout de suite proposer à Franck Riboud de vendre ses Actimel(c) à 50€ pièce.
La classe quand même de rédiger la préface d’un bouquin ! Respect !
Ca sera quoi le genre du livre, pro apple, anti-apple ou neutre?
Car la préface… est pro-apple, et engage vers l’avenir, vers du positif 😉