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Après les batteries des voitures électriques, le nord de la France pourrait devenir leader dans l’intelligence artificielle

Avec 20 milliards d’euros d’investissements annoncés et un méga data center à Cambrai, la région veut devenir le plus grand groupement d’infrastructures d’IA en Europe.

« Au Nord, c’était les corons », mais désormais, les Hauts-de-France vive leur nouvelle révolution industrielle avec le développement des usines de batteries dédiées à l’industrie automobile, mais aussi et maintenant sur l’intelligence artificielle. L’objectif du gouvernement français est clair, faire de cette région le plus grand groupement d’infrastructures d’IA en Europe, avec une capacité électrique totale de plus de 2 gigawatts.

Cette ambition prend corps grâce à des investissements colossaux. Le fonds canadien Brookfield Asset Management vient d’annoncer un engagement de 20 milliards d’euros pour développer l’IA en France, dont une partie substantielle dans le Nord. Cette somme représente l’un des plus gros investissements étrangers jamais réalisés dans le secteur technologique français.

CambrAI, nouveau temple de l’intelligence artificielle

L’ancienne base aérienne militaire de Cambrai va connaître une seconde vie spectaculaire. Sur ce site de 149 hectares, Brookfield Asset Management construit un data center requérant une puissance électrique de 1 gigawatt. Pour comprendre l’ampleur du projet, cette consommation équivaut à celle d’un réacteur de la centrale nucléaire de Gravelines, située à 150 kilomètres.

Nicolas Siegler, président de la communauté d’agglomération de Cambrai, travaille sur ce dossier depuis près de deux ans. « Nous disposons de 260 hectares sur l’ancienne base, avec suffisamment d’espace pour éviter tout problème foncier. »

Des milliers d’emplois qualifiés en perspective

Le secteur de l’intelligence artificielle promet de transformer le marché de l’emploi régional. Le data center de Cambrai devrait générer près de 4 000 emplois selon les estimations, dont 300 à 700 postes directs. Ces emplois concernent des profils hautement qualifiés tels que des ingénieurs systèmes et réseaux, administrateurs cloud, spécialistes en sécurité informatique et autres techniciens en génie électrique et climatique.

Xavier Bertrand, président de la région déclare à ce sujet « nous voulons passer des mines à l’IA. » Sa stratégie repose sur une exigence forte vis-à-vis des investisseurs avec la création de campus de formation, condition d’implantation dans le Nord.

En effet, les Hauts-de-France devront développer rapidement des filières spécialisées pour répondre aux besoins de ces nouveaux métiers. Les universités et centres de formation locaux travaillent déjà sur l’adaptation de leurs cursus.

Les défis environnementaux au cœur du débat

Devant cette révolution technologique majeure, Katy Vuylsteker, conseillère régionale écologiste, exprime ses réserves : « Quand on parle de la puissance d’une tranche nucléaire, c’est absolument monstrueux ! Cette consommation correspond à celle d’une ville moyenne. »

Les écologistes plaident pour une approche différente. Ils préconisent des data centers plus petits et mieux répartis sur le territoire plutôt que des installations géantes. Ils insistent également sur l’intégration systématique de réseaux de chaleur pour valoriser l’énergie fatale produite par ces centres.

À ce sujet, un réseau de chauffage urbain alimenté par la récupération de chaleur du data center de Cambrai est déjà à l’étude. Cette solution permettrait de chauffer une partie de la ville grâce à l’énergie normalement perdue par les serveurs.

De l’IA partout dans la région

L’effervescence autour de l’intelligence artificielle ne se limite pas au projet Brookfield. D’autres investisseurs, français et anglais, manifestent leur intérêt pour la région. Deux sites supplémentaires sont identifiés dans le Dunkerquois et l’arrondissement de Saint-Omer pour accueillir de nouveaux data centers.

Cette multiplication des projets s’explique par les atouts géographiques et logistiques des Hauts-de-France. La région regroupe 16 des 65 sites identifiés par l’État français comme susceptibles d’accueillir des centres de données clés en main. Sa position stratégique en Europe du Nord, ses infrastructures de transport et sa disponibilité foncière constituent des avantages décisifs.

  • Le fonds canadien Brookfield mise 20 milliards sur l’IA française avec un méga data center de 1 gigawatt à Cambrai
  • Le data center devrait développer 4 000 emplois qualifiés ainsi qu’un campus de formation
  • Avec sa situation géographique ainsi que les infrastructures disponibles, les Hauts-de-France sont en train de devenir le terrain préféré des investisseurs du milieu de l’IA

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