- Automative Cell Company (ACC) un consortium français, ouvre la première usine de batteries pour voitures électriques de l’hexagone
- ACC regroupe TotalEnergies, Stellantis, et Mercedes-Benz
- En tout, quatre usines liées à la transition énergétique devraient être construites dans le nord de la France, avec à la clé des dizaines de milliers d’emplois
Emmanuel Macron avait promis de réindustrialiser le pays, en commençant par la production de batteries pour voitures électriques. Dont acte : ACC, un nouveau consortium formé à parts égales de TotalEnergies, Stellantis et Mercedez-Benz inaugure aujourd’hui sa première usine en France à Billy-Berclau, près de Lens.
Et ACC ne restera pas seul très longtemps : le groupe sino-japonais AESC-Envision prévoit d’ouvrir une usine semblable à Douai (Nord) pour un début de production à l’horizon 2025. La startup grenobloise Verkor compte elle aussi ouvrir une usine de batteries à Dunkerque qui produira ses premières unités dans la seconde moitié de 2025.
ACC illustre le renouveau industriel français autour des batteries pour voitures électriques
Quatrième projet d’usine : celle de ProLogium, spécialiste taïwanais des batteries à l’état solide (sans électrolyte liquide) qui compte lancer la production, dès la fin 2026, là encore à Dunkerque. L’usine de ACC, la première à ouvrir ses portes, vise un objectif de 13 GWh de production annuelle d’ici fin 2024. Puis 40 GWh d’ici 2030 soit l’équivalent de 800 000 batteries.
Côté embauche, l’ouverture de l’usine ACC signifie la création, d’ici l’été, de 250 emplois. Mais à mesure que la production augmente, ACC devrait étoffer ses équipes, pour attendre 2000 salariés d’ici 2030. En tout les quatre usines devraient créer un total de 20 000 emplois à cet horizon, selon les estimations de la Plateforme de l’automobile (PFA).
Grâce à cette stratégie, la France espère rendre son industrie automobile totalement autonome en termes de production de batteries d’ici 2027 – et même exporter des cellules à un horizon plus lointain. Reste tout de même à résoudre une série de défis pour concrétiser ce rêve.
L’un des problèmes les plus pressants est de sécuriser un approvisionnement en terres rares, ces métaux comme le lanthane, le néodyme et le praséodyme, dont l’essentiel provient de Chine. Ils restent indispensables avec d’autres métaux comme le cobalt à la production de batteries, même si de nouvelles chimies sont en cours de développement pour tenter de s’en passer.
Reste le problème des terres rares
Une des pistes est de puiser ces ressources dans le fond des océans. Des chercheurs ont en effet découvert de très fortes concentrations de ces métaux dans des nodules et sédiments collectés à plus de 5 000 mètres de profondeur.
Mais bien sûr, cette approche se heurte à des préoccupations environnementales. Se pose par ailleurs avec les terres rares la question de la séparation des métaux, particulièrement difficile et polluante.
Quoi qu’il en soit, en implantant quatre usines de premier plan dans ce que les élus locaux surnomment déjà la “Vallée des Batteries”, le secteur espère provoquer un effet boule de neige – autrement attirer tout un écosystème de sous-traitants et fournisseurs permettant de stimuler la filière, et autoriser des bonds en avant technologiques.
Les batteries que compte produire ACC doivent pouvoir stocker deux fois plus d’énergie, pour un temps de charge divisé par trois et moitié moins d’émissions carbonées en comparaison des batteries actuelles. En outre, on note que l’usine de Billy Berclau n’est pas la seule usine géante que compte ouvrir ACC en Europe.
Le consortium annonce également deux usines de 40 GWh supplémentaires, l’une à Kaiserslautern en Allemagne et l’autre à Termoli en Italie.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
Il est dommage d’annoncer “tout savoir” alors qu’il n’y a pas un mot sur les équipements de cette méga usine et leur origine. Il y a fort à parier que la robotique sera étrangère dans la mesure où notre industrie a été bradée au siècle dernier et que la machine outil a disparu de notre horizon. Il sera donc difficile de faire du made in france sans outil industriel français et ce pendant des décennies car le retard accumulé est lourd de conséquences.