Sur les six premiers mois de l’année 2026, une application bancaire a été téléchargée plus de fois en France que TikTok, Instagram, Canva et Facebook. Il s’agit de Revolut, qui comptabilise plus de 2 millions de téléchargements, lui offrant une prestigieuse dixième place parmi les applications mobiles les plus téléchargées du pays sur ce premier semestre. La traduction, surtout, d’une campagne d’acquisition plus qu’agressive puisqu’ils ne sont pas moins d’un million de clients supplémentaires à avoir rejoint la banque britannique depuis janvier, pour un total de 8 millions.

L’année dernière, la banque en ligne BoursoBank passait ce cap, une première pour un service bancaire numérique. Revolut réalise une première à son échelle, en devenant le premier service bancaire sans lien avec un établissement traditionnel, à franchir ce cap. L’horizon des 10 millions de clients est à portée de main, et Revolut mentionnait l’objectif pour 2027 au mois de janvier dernier. Il vient d’être précisément fixé à la fin de l’année prochaine lors de ce nouveau palier franchi. Parmi les applications financières téléchargées en 2026, Revolut est en première position devant Wero et PayPal.

Au niveau mondial, l’accélération de Revolut est encore plus folle. Après 68 millions en janvier, 75 millions de comptes sont désormais comptabilisés, soit une augmentation d’un million par mois. En France, la banque en ligne précise que 500 000 nouveaux clients ont ouvert un compte sur les trois derniers mois. Sur le million gagné, Revolut est arrivée à dépasser le niveau de la plupart des banques en ligne concurrentes, présentes sur le marché depuis des années. Ces derniers avaient l’avantage de proposer du crédit et de l’épargne quand Revolut se cantonnait à une application de paiement, mais grâce à sa politique envers les cryptos, l’investissement, les services tierces et l’intérêt des cartes gratuites pour voyager, la banque en ligne a fait son nid.
Revolut se transforme, notamment en France
Le déploiement international a aussi fait son effet, même si Revolut s’est avant tout concentré sur l’Europe avant les États-Unis et l’Asie. Par effet boule de neige, l’adoption de Revolut s’est aussi accélérée par le besoin des Européens à trouver un service pour se rembourser facilement, avec le service de paiement entre amis. Wero aurait pu faire du dégât, avec son système de transfert rapide via n’importe quel numéro de téléphone, mais celui-ci est arrivé un peu tard et Revolut pesait déjà lourd. Pour ne pas tomber dans le même piège que Lydia et son modèle trop dépendant d’une seule fonctionnalité, Revolut poursuit son objectif de proposer davantage de services et de soigner sa marque par des campagnes marketing de plus en plus grand public.
En France, devenir une banque et une marque sérieuse s’est aussi matérialisé par une opération séduction auprès du gouvernement. Revolut a rejoint le Choose France en s’engageant à investir 1,1 million d’euros d’ici à 2030 et faire de Paris un centre névralgique de ses opérations en Europe de l’Ouest. 600 postes régionaux sont prévus et 300 nouveaux employés auraient déjà été recrutés d’après un communiqué publié ce 8 juillet par la banque. À la direction de l’entreprise, certains noms se détachent : Revolut a débauché des figures de la banque, et notamment Frédéric Oudéa, l’ancien directeur général de Société Générale. Il est désormais président pour l’Europe de l’Ouest de la banque en ligne britannique, enregistrée en Lituanie pour ses opérations au sein de la zone euro.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.