Le raccourcisseur d’URL tr.im ferme ses portes

Sur les réseaux sociaux, comme Twitter, le partage de liens est très fréquent, la taille limitée de chaque message fait que l’on doit utiliser les raccourcisseurs d’URL. On en dénombre des centaines et des centaines, ils sont donc très nombreux, n’importe qui peut en créer un avec un minimum de connaissances en programmation Web. La

Sur les réseaux sociaux, comme Twitter, le partage de liens est très fréquent, la taille limitée de chaque message fait que l’on doit utiliser les raccourcisseurs d’URL. On en dénombre des centaines et des centaines, ils sont donc très nombreux, n’importe qui peut en créer un avec un minimum de connaissances en programmation Web.

tr.im-rip

La problématique que tout développeur quand il conçoit un tel service, c’est de savoir comment innover dans un domaine aussi chargé, mais aussi, trouver un business model pour payer les frais liés au développement et à l’hébergement du service ? Le raccourcisseur d’URL tr.im vient d’en faire les frais : il ferme ses portes.

Dans le billet de fermeture, tr.im explique que de nombreuses URL étaient générées chaque jour et par conséquent consommaient pas mal de ressources serveur, ce qui coûte cher. On découvre aussi que le service avait des milliers et des milliers d’utilisateurs, qui généraient des dizaines de milliers d’URL chaque jour (!), Et pourtant, tr.im cherchait un repreneur, personne ne s’est proposé. L’équipe a même tenté de vendre le service à des personnes directement impliquées dans le développement de Twitter, là encore, ça n’a rien donné.

Quant aux données que tr.im génère, il y a aussi un problème : tout le monde y a accès. Ainsi le service était spammé par de nombreux bots chaque jour dans le but d’exploiter ces données sur des sites externes, comme tweetmeme.com. Ces sites externes peuvent monétiser leur service derrière alors que tr.im n’a aucun moyen de monétiser son service.

La délicate problématique du business model est aussi abordée, tr.im se demande pourquoi les utilisateurs devraient payer pour utiliser un tel service ? tr.im explique que le fait de Twitter utilise par défaut bit.ly influence beaucoup et le fait de ne pas avoir de relation interne avec Twitter joue (de façon négative) sur la pérennité du projet.

A l’heure actuelle, il n’est plus possible de générer des URL mais les redirections, elles, fonctionneront jusqu’à la fin de l’année. D’importants coûts d’hébergement, aucune monétisation possible, aucun soutien « officiel », beaucoup d’inconvénients pour peu d’avantages ?


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55 commentaires

  1. Oh ça fait bizarre n’empêche qu’un site comme ça ferme ses portes. Et oui, on l’a tous vu Twitter utiliser bit.ly pour raccourcir ses URL…

    RIP 😛

  2. Question, que va-t-il advenir des nombreuses URL raccourcies en tr.im ?
    La multiplication de ce genre de services, donc de la concurrence, alors que comme tu le soulignes il n’y a aucun business model derrière [Surtout que de nombreuses applications proposent de raccourcir une URL directement, sans passer sur le site de l’URL shortener… Donc sans générer de revenus via la publicité sur ces sites], risque de devenir pas mal problématique… S’ils disparaissent.

  3. Il est certain que « rattaché » à twitter, ça aide…

    Sinon difficile de générer du revenu avec un tel service (sauf en intégrant de la pub).

  4. « D’importants coûts d’hébergement, aucune monétisation possible, aucun soutien « officiel », beaucoup d’inconvénients pour peu d’avantages ? »

    … On dirait que ceci est une découverte.

    Qui le prochain sur la liste? Netvibes, Facebook, ou le chouchou Twitter? Le prochain, peut être pas, mais sur la liste, surement…

  5. C’est dans ce genre de moments qu’on se rend compte qu’on est rapidement devenu dépendant de ce genre de service.
    Si les liens raccourcis doivent disparaitre à terme (ce qui est le plus probable, ca risque de faite un paquet de liens morts dans les profondeurs de Twitter…

  6. Les racourcisseurs d’URL sont une aberration, ils vont à l’encontre de l’intégrité du web… On ne peut pas dépendre d’une telle multitude de services tous gérés indépendamment et sans aucune garantie de pérennité (la preuve) pour résoudre une URL.

  7. heureusement ce n’est qu’un sur des centaines de shorteners.Ptilien semble avoir fermé aussi.Mais tu sembles douter du fait que le service avait des milliers d’utilisateurs?

  8. Hélas, mille fois hélas!

    une adresse simple à retenir, des stats amusantes, et une alternative au classique bit.ly… mais une question se pose, le fait que bit.ly survive, est-il seulment dû à l’utilisation par défaut que Twitter en fait? leur page d’accueil ressemble beaucoup à celle de tr.im, et on ne voit pas de pub… qui paye chez eux?

  9. Ce service était très bien ! Synchronisé avec Nambu bien sûr et des stats bien présentées, c’est vraiment dommage. On peut s’interroger sur la pérennité de nos adresses courtes.

  10. Euh sincèrement, s’ils lancent un service web sans penser au business model, ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux même !

    Je ne vois pas en quoi il faudrait les plaindre, c’est juste du bon sens…

  11. C’est vraiment dommage car, pour moi, Tr.im offrait le meilleur des services de raccourcissement d’urls…

  12. J’ai toujours du mal à comprendre pourquoi Twitter n’a pas développé son propre service de raccourcisseurs d’URL, soit en interne soit via un vrai partenariat. Étonnant également aussi que dans ce monde où il n’y a très vite que trois, quatre acteurs majeurs sur un marché que les raccourcisseurs soient toujours aussi nombreux, c’est relativement contraire à ce qu’on peut observer sur les autres services.

  13. @romain blachier : j’avais mis entre guillemets car le nombre était finalement assez vague mais ça peut effectivement porter à la confusion. Je viens de les retirer. ^^

    @Julien : c’est loin d’être évident car comme l’a dit Lousia, pas mal d’applications ou services générent des URL raccourcies sans même aller sur le site du raccourcisseur en question. C’est pas évident de rémunérer de simples redirections, ou même quelques pages d’un site.

  14. Pingback: Moisson de liens | Autour d'un café

  15. encore une fois dans notre société, on perd rapidement des connaissances… Il ne s’agit ici que de liens vers d’autres sites… mais ça veux dire de nombreux sites et messages qui ne fonctionnent plus, perdent de l’intérêt (il y a un intérêt au fait à twitter ?)

    Ce sera la même chose le jour où certains logiciels vont abandonner la lecture de formats jugés trop « vieux »… quid alors des archives…

  16. @Benjamin : c’est un service pas trop compliqué et pas trop onéreux à mettre en place, il n’y a pas de barrière technologique, donc il y plein d’acteurs. Twitter à profité de cette concurrence, puisque ça a créé un écosystème qui a assuré une partie de sa promotion. Ça peut se retourner contre lui, mais comme de toute façon Twitter c’est un média de l’instantané, le fait que d’anciens Tweet comportent des liens morts, je ne pense pas que ce soit gênant.

  17. Les services que nous utilisons et qui ferment ou qui fermeront vont devenir une vraie problématique… bizarre que personne ne reprenne le business… Si bit.ly a un business rentable, pourquoi ne reprennent-ils pas la base de tr.im?

  18. @ Benjamin F : Twitter a été développé par des amateurs, qui n’ont a aucun moment prévu une infrastructure fiable prévue pour accueillir autant d’utilisateurs qu’aujourd’hui.

  19. @Amusé: « Twitter a été développé par des amateurs »… il ne faudrait quand même pas exagérer… le jour où je développe un service comme celui-ci je veux bien être un amateur…

    Pour ce qui est des raccourcis d’URL, le marché est un peu saturé et le gâteau n’est pas énorme.

    Étant joueur dans l’âme, je prendrais bien un pari: Twitter dans 5 ans ça donnera quoi? Moi je suis assez septique (c’est ma nature aussi). Connaissez vous des personnes lambda (ex: votre grand mère, votre voisin Dédé, etc) qui utilisent Twitter? Moi non. Tous ceux que je connais utilisent Twitter comme « outil ».

  20. Il existe aussi une alternative à cette « centralisation » des raccourcisseurs d’URL tout en restant compatible avec l’impératif des 140 caractères de twitter, au moins 2 plugins WordPress permettent de garder la gestion de ses URLs raccourcies) :
    – Short URL Plugin
    – GoCodes
    Et comme presse-citron est sous wordpress, à quand les URLs de type : http://www.presse-citron.net/u/9 ? 🙂

    P.S pour Camille : Très bon le concept de Nouweo

  21. @ l’étudiant en droit

    « il ne faudrait quand même pas exagérer… le jour où je développe un service comme celui-ci je veux bien être un amateur… »

    Exagérer quoi ? Twitter n’est techniquement pas au point, ce n’est pas un service qui a été pensé dès sa création pour gérer un tel trafic qu’aujourd’hui (je ne blâme pas les développeurs, qui ne pouvaient pas de douter du futur succès de ce truc, c’est juste un constat)
    Exemple tout simple: se baser sur des identifications numériques pour gérer les tweets ce qui a mené récemment à la « twittpocalypse » > voir sur google.
    Autre exemple tout simple: les plantages très réguliers du serveur et autres incidents de même type qui mènent bien souvent les utilisateurs vers la fameuse page de la baleine.

  22. Je viens encore de me faire avoir. Après la fermeture (à peine plus sauvage) de Zoodoka, feu le service d’abonnement aux newslettrers de blogue, voici que ferme tr.im (qui était excellent), un service que j’utilisais depuis quelques semaines lorsque cli.gs est tombé pendant plusieurs jours suite à un virus.

    Je comprends les raisons invoquées par les proprios. Ça soulève plusieurs questions sur la pérennité, la fiabilité, la sécurité des services en ligne, surtout lorsqu’ils sont gratuits, mais aussi lorsqu’ils sont payants.

    J’ai toujours été un peu réticent quant au « cloud computing » (ce qui ne m’empêche pas d’utiliser différents services en ligne) et ça ne fait que renforcer ma méfiance. Imaginez le traumatisme si Google décide de fermer Google Agenda ou GMail (Ouch!).

    C’est décidé, je passe à une solution dont j’aurai pleinement le contrôle, peut-être une des extensions WordPress suggérées par Wolforg.

  23. Évolution normale : des dizaines de services se sont ouverts sur le filon, et maintenant on commence à éliminer les moins viables.

    Je suis d’avis qu’un réducteur d’URL n’apporte rien en dehors des environnements qui imposent une limite comme Twitter et ses 140 caractères. Un peu comme utiliser le langage SMS dans une zone de texte quasi-illimitée : ça ne fait que compliquer les choses.

    Y a plus qu’à attendre que les tr.im et autres revendent leur site au plus offrant pour éviter de trop grosses pertes, et on va avoir un nouveau style de domain parking. Des dizaines de milliers de liens entrants, ça devrait en intéresser plus d’un. En voilà un bon business model.

    Y a du bon dans l’évolution…

  24. Moi je dit que se sont une bande de bras casser, j’ai un même site http://www.encrypte.fr. Si demain j’ai un million de personne qui l’utilise je serais comment lui faire gagner de l’argent.

    1° Je gagne de l’argent quand la personne vient faire raccourcir son url.

    2°) Je gagne encore à chaque fois que quelqu’un vas l’utiliser.

    Certain pense avec leur pied, il lance un service et se demande ensuite comment faire de l’argent pour rester gratuit.

  25. « Certain pense avec leur pied, il lance un service et se demande ensuite comment faire de l’argent pour rester gratuit. »

    Comme Larry Page et Serguei Brin qui n’ont pensé à faire de l’argent que 4 ans après le lancement à Stanford de… google?

    Le problème ici est que tr.im n’en n’étais même pas au stade de gagner de l’argent mais à celui de couvrir ses coûts et à part en vendant sa base de donnée…

    R.I.P

  26. @mapics

    Il est pas mal ton site. 😉

    En deux secondes mon lien à était raccourci.
    Hop, un site de plus dans mes favoris.

  27. @mapics
    Tu as en effet fait ton site pour gagner de l’argent, le seul problème, c’est que personne n’aura envie de l’utiliser du fait qu’il n’est pas assez transparent d’utilisation…
    Et qui me prouve que dans 5 ans ton service sera encore en fonctionnement?

  28. @jal

    Moi je peux te dire que même dans 10 ans mon site sera encore là. Il auras même évoluer.

    Si je lance un site c’est pour qu’il soit rentable, et ceci sans faire payer les utilisateurs.

    Bon faut aimer la publicité ou les sponsor mais ça coute rien à celui qui l’utilise.

  29. J’imagine que ce site comme beaucoup d’autres qui ferment actuellement comptaient trop sur l’arrivée d’investisseurs… En temps de crise, c’est toujours un pari risqué, surtout quand on n’a pas de revenus suffisants par ailleurs…

  30. Coucou…je viens enfin de m’inscrire sur feedburner….chouette, déjà 3 abonnés…c’est le début….par contre, je trouve dommage que le billet ne sort que le matin ou l’apm…Comment faire pour que le billet sorte en direct comme la plupart des blogs…C’est pas marrant que le lecteur le lise que le lendemain, voir le soir du lendemain..Merci de ton aide et de tes conseils…
    ps: comment avoir la case en français pour l’abonnement de la news, car la plupart ne connaissent pas l’anglais …scuse le billet est parti trop vite

  31. @Amusé … tu connais une seule startup qui a les moyens de creer un service en pensant au futurs 50millions d’utilisateur ??
    ben non ca existe pas, alors on commence a creer une architecture simple, + ou – evolutive qui permet de faire des iterations rapides (comme ruby). Sais tu ce qu’est une message queue ? renseignes toi, aujourdhui twitter repose en grande partie sur cette technologie, les solutions sur le marche ne sont pas super fiable a grosse echelle (RabbitMQ, …) alors Twitter a du reinventer la roue … 2 fois … la premiere fois en ruby, ce fut l’echec que tout le monde a connu, puis de nouveau avec scala …
    Et au passage le twitpocalypse n’a pas touche Twitter mais les applications utilisant leur API qui stock les ID des twitt dans des objets/types trop petit (int, …) ….

  32. @mickey, j’en connais des capables de penser à l’évolutivité de leur service… et quand on se lance dans un truc comme Twitter, on ne fait pas dans le ‘plus ou moins évolutif » 😀

    « Et au passage le twitpocalypse n’a pas touche Twitter »
    L’ai-je dit ?

  33. Cette histoire me rappelle pourquoi je n’aime pas tous ces raccourcisseurs d’url, le jour ou tinyurl et bi.ly vont fermer pas mal de monde va pleurer !

  34. Un raccourcisseur d’URL est quand même pratique quand on veut envoyer un lien avec Twitter (ou par SMS).
    Il permet aussi d’encoder des liens qui contiennent des paramètres (par exemple pour l’affiliation ou les liens de tracking des pubs).
    En général c’est lien on tout de même une durée de vie « courte » (quelques mois tout au plus).

    Et sinon pour l’alternative, il y a aussi http://linkii.fr.

  35. C’est vraiment l’hécatombe ces derniers temps. En revanche je pense pas que tinyurl et bi.ly fermeront un jour. Ils domineront juste un marché bien trop encombré aujourd’hui 😉

  36. Pingback: Pierre Schambacher.com » Business plan de la gratuité

  37. @ Chuck Van Damme

    Mieux vaux un marché saturé que peux de site et la panique quand un seul ferme, ça permet de partager la charge entre plusieurs sites après tout.

  38. Pingback: Faire un plugin pour StatusNet afin d'appeler mon réducteur d'URL - Philippe Scoffoni

  39. Je lance tout juste le mien en français. Il a été mis en place pour un usage interne mais s’il peut servir à d’autre ça me fera plaisir et me donnera envie de le développer. Il va peut-être avoir du mal à concurrencer les poids lourds du secteur mais comme la base de données de ce raccourcisseur d’url est pratiquement vide il a l’avantage de proposer des liens très courts.
    Alors si vous avez envie de tester mon URL Shortener c’est ici : http://urls.fr/

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