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Le rôle bénéfique méconnu des forêts tempérées sur le changement climatique

Dans les discussions sur la conservation et le changement climatiques, les forêts tropicales sont très souvent mises en avant. Pourtant, les forêts tempérées jouent, elles aussi, un rôle tout aussi important.

Occupant un quart des terres boisées de notre planète, les forêts tempérées jouent un rôle fondamental dans la régulation du climat. Pourtant, ces écosystèmes vitaux se trouvent aujourd’hui confrontés à une multitude de menaces qui entravent leur capacité à atténuer le réchauffement climatique. Invasions parasitaires et incendies fragilisent leur santé et réduisent leur capacité à absorber le CO2.

Bien heureusement, elles sont très étudiées et font partie des écosystèmes de notre planète que nous comprenons le mieux. Un avantage non négligeable, qui nous permet d’évaluer précisément ces forêts et de cerner davantage leur rôle dans le changement climatique.

Poursuivre la restauration

Les forêts de l’est des États-Unis, où chaque année environ 34 mégatonnes de CO2 sont capturées, jouent un rôle prépondérant dans l’équilibre de notre planète. Après avoir été largement menacées lors de la colonisation européenne, celles-ci sont en pleine phase de restauration.

Cette renaissance est le fruit d’une décision on ne peut plus judicieuse : l’abandon progressif des terres agricoles, qui a laissé place à une reforestation efficace et spontanée. En effet, depuis le début du 20ᵉ siècle, ce sont plus de 120 millions d’hectares qui ont été libérés de l’agriculture ou de l’exploitation forestière, selon cet article. Une surface équivalente à la taille de la Californie.

Cependant, pour pérenniser ce processus salutaire, il est indispensable de conjuguer plusieurs actions. Tout d’abord, ralentir le processus de déboisement qui a encore lieu pour la mise en place d’habitats et l’agriculture.

Ensuite, il est impératif d’adopter une gestion attentive pour chaque hectare de forêt. Cela passe notamment par une intensification de la lutte contre certains parasites très destructeurs comme l’agrile du frêne (Agrilus planipennis) et le longicorne asiatique (Anoplophora glabripennis) deux espèces invasives. Tous deux menacent la survie des espèces d’arbres natives en raison de leurs modes d’alimentation destructeur et de leur capacité à se reproduire très rapidement.

Ces deux insectes affaiblissent les structures des arbres et conduisent bien souvent à leur mort. Leur présence est donc un phénomène extrêmement préjudiciable pour la santé et la survie des forêts américaines.

La menace des incendies

Outre ces questions de régénération naturelle et de parasites invasifs, une autre ombre obscurcit gravement le tableau : la gestion des incendies catastrophiques, qui se font de plus en plus fréquents et sévères. L’année 2023 a été une année très cruelle pour ces écosystèmes et ces brasiers dévastateurs exigent de nous une stratégie de lutte réfléchie et efficace. Afin de contrer cette menace qui se renforce avec les années, la communauté scientifique préconise une approche combinée, articulée autour de deux axes principaux.

Premier axe : l’éclaircissement des arbres dans les sous-bois. Cette technique vise à réduire la quantité de combustible disponible pour les flammes, limitant ainsi leur propagation et leur intensité.

Deuxième axe sur lequel se concentrer : faire confiance aux communautés autochtones. Celles-ci possèdent un savoir traditionnel sur la gestion du feu et pratiquent des brûlages contrôlés de certaines zones. Ces feux volontaires permettent de brûler de manière encadrée le matériel inflammable accumulé, réduisant par conséquent le risque d’incendies incontrôlables.

Protéger les forêts anciennes : une priorité

Parallèlement à ces actions de lutte contre les incendies, la protection des forêts anciennes revêt également une importance capitale. Celles-ci sont des écosystèmes forestiers qui ont atteint un stade de maturité avancé sans avoir subi de perturbations majeures dues à l’activité humaine. Véritables havres de biodiversité, elles sont des trésors écologiques constituant des réservoirs de carbone d’une valeur inestimable.

Le gouvernement Biden a d’ailleurs institutionnalisé cette protection en prenant de nouvelles mesures afin de les protéger sur les terres fédérales. Une avancée majeure dans la conservation des forêts tempérées. Selon cette étude parue au mois de mars 2024 dans la revue Nature Climate Change, conserver et restaurer ces forêts fait partie des actions climatiques essentielles à mettre en œuvre en parallèle de la protection des forêts tropicales. Il faut donc perpétuer à investir massivement dans ces stratégies afin de maximiser le potentiel climatique de ces forêts.

  • Les forêts tempérées jouent un rôle très important dans la régulation climatique, et poursuivre les efforts de restauration est d’une importance critique.
  • Un processus qui nécessite une gestion millimétrée de certaines espèces invasives et la mise en place de nouvelles stratégies de lutte contre les incendies.
  • Les forêts anciennes doivent également être protégées et surveillées.

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