Les 7 et 8 juillet derniers se tenait les « Assisses du New Space ». Cet évènement regroupe de jeunes entreprises françaises tentant de rejoindre l’espace, ou de participer à sa démocratisation. Au milieu de ces projets pleins d’ambitions, les équipes de la Toulouse Space Team ont dévoilé leur panorama financier de ce marché en plein essor.
Selon leurs calculs les start-up tricolores ont levé 650 millions d’euros sur les dix dernières années. Un chiffre énorme quand on sait que cet investissement atteint seulement les 2 milliards dans toute l’Europe sur la même période. Les entreprises françaises représentent donc plus d’un euro sur 4 dans ce secteur.
Parmi les grands gagnants de ces levées de fonds, Exotrail et The Exploration Compagny se démarquent clairement. Ces dernières années, ces deux entreprises ont enchaîné les tours de table pour atteindre 45 et 40 millions d’euros à elles seules. La société franco-américaine Loft Orbital profite de ce positionnement hybride pour toucher des investisseurs des deux côtés de l’Atlantique. Elle a ainsi levé plus de 140 millions d’euros fin 2021.
Un « retard à l’allumage » en France
Mais l’analyse de la Toulouse Space Team n’est pas toute rose. En effet la France aurait connu un « retard à l’allumage » pour reprendre une expression courante dans le monde spatial. À cause du « poids de son histoire », les entreprises françaises ont mis du temps à se développer. Avec des champions internationaux comme TAS (Thales Alenia Space) Airbus ou ArianeGroup, la France était avant l’avènement des start-up une grande nation du spatial.
La Toulouse Space Team remarque d’ailleurs que les premiers investissements significatifs ne sont arrivés dans l’hexagone qu’en 2017, quelques années après leurs voisins allemands, italiens et espagnols.
Qui investit dans le spatial en France ?
Si les investissements sont nombreux dans le spatial français, un nom revient cependant souvent concernant l’origine des fonds. BpiFrance joue un rôle central dans le financement de nombreuses entreprises et toutes savent ce qu’elles doivent au fond.
Selon la Toulouse Space Team cette présence étatique (notamment avec le fond Definvest, co-créer par le ministère des armées) montre l’importance de ces structures « sérieuses ». « Même si les fonds apportés ne sont pas toujours importants, la présence de Definvest attire des capitaux privés. »
Quel avenir pour le spatial français ?
Alors que les financements continue à affluer dans le marché spatial français, les sociétés se retrouver à un carrefour de leur histoire. Toutes les promesses de développement qui ont amené ces fonds étaient accompagnées de calendrier, mais ils arrivent à leur terme.
Au cours des 18 prochains mois, ces entreprises vont devoir faire leurs preuves. Si ces premiers pas dans le « vrai monde » ne sont pas concluants, les capitaux cruciaux à leur développement pourraient disparaître aussi rapidement qu’ils sont arrivés.
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