Le télétravail permet-il d’économiser de l’énergie au niveau d’un pays tout entier ? C’est l’objet d’une étude commandée par le gouvernement français. Les résultats sont positifs avec des baisses de consommation pouvant atteindre 25 à 35 %. Quant aux économies de carbone, elles se situent entre 30 et 45 %.
Des résultats encourageants
Il y a cependant une limite principale pour obtenir ces résultats : il faut que tous les salariés télétravaillent en même temps, et donc obtenir une vraie synchronisation au niveau d’une entreprise.
Pour y voir plus clair, les chercheurs ont suivi de près les données d’une centaine d’agents de l’administration sur dix sites à Paris et en province. Ces chiffres ont été corrélés à d’autres observations menées dans des entreprises publiques et privées : La Poste Immobilier, Natixis, BPCE, SNCF ou Crédit Agricole Immobilier.
Cité par Science et Avenir, Christophe Rodriguez, directeur adjoint de l’Institut français pour la performance énergétique des bâtiments, qui a travaillé sur cette expérimentation menée dans tout le pays, explique : “Il faut que les métiers s’y prêtent, c’est la limite, mais quand on arrive à faire une mise en sommeil totale du site, on arrive à des économies d’énergie substantielles”.
Autre enseignement surprenant : “L’effet rebond dans les logements est en moyenne assez faible, de l’ordre de seulement 8%”, ajoute l’expert. Dans l’ensemble, le télétravail pourrait donc permettre des économies d’énergie dans le chauffage, l’éclairage, les transports, ou encore la climatisation.
Il y a cependant une limite principale à ce résultat. En effet, il est très difficile d’instaurer des journées de télétravail identiques pour tous les collaborateurs. Et pour cause, de nombreux services nécessitent une continuité d’activité et il n’est donc pas forcément possible de fermer totalement les bâtiments de ces organisations.
Pour autant, cela n’empêche pas certaines sociétés de passer à l’action, à l’image de JCDecaux qui ferme ses sites en France entre Noël et le Jour de l’An, rapportent nos confrères.
Les conclusions de cette recherche confirment d’autres études antérieures menées sur le sujet. Récemment, nous vous parlions notamment du travail des chercheurs de l’Université Cornell et de Microsoft qui ont passé au crible un ensemble de données émanant du géant de la Tech et d’autres travailleurs à distance américains.
Leurs résultats étaient là encore extrêmement positifs. Ils notaient ainsi que les employés qui travaillent à distance produisent 54 % d’émissions en moins par rapport à ceux qui évoluent sur site. Les scientifiques expliquent ce résultat par une moindre consommation d’énergie et une diminution des émissions liées aux déplacements. Ce niveau n’est toutefois que de 29 % pour ceux qui travaillent de 2 à 4 jours par semaine au bureau.
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Il n’est pas utile de mettre l’ensemble des salariés en télétravail pour voir l’impact. Le simple fait qu’un salarié ne se rende pas sur le site est déjà une économie.
Et les entreprises n’ont pas attendu ce genre de mouvement pour fermer leur site totalement. C’est souvent le cas entre noel et nouvel an (JCDecaux n’est pas un précurseur), mais aussi pendant la période estival (peugeot ferme totalement son site de production 2 semaines).