L’écosystème startup français a-t-il enfin fait le meurtre du père ?

Le premier accélérateur français NUMA Sprint (ex-Le Camping) recrute actuellement sa promo 8. L’occasion de faire le point sur la stratégie mise en place par Romain Amblard, nouveau directeur de l’accélération.

L’écosystème français n’a absolument plus le même visage que lorsque NUMA Sprint (alors appelé Le Camping) s’est lancé en Janvier 2011. Quatre années plus tard presque jour pour jour, la France est dans une sorte de momentum pour Romain Amblard, nouvellement arrivé chez NUMA en tant que directeur de l’accélération.

En effet, tout est en place en France aujourd’hui : la force publique pousse, toutes les formes d’investissement sont là (du Family Office aux business angels, en passant par les fonds) et il y a un fourmillement d’entrepreneurs avec des idées.

L’ambition de NUMA est simple : être la plateforme de tout cela.

numa sprint

Un tournant pour sa 8ème promotion

Les startups peuvent postuler jusqu’au 15 Décembre 2015 pour participer à la 8ème promotion de NUMA Sprint (qui se déroulera de février à juillet 2016 à Paris).

Si la décision est évidemment de garder l’esprit qui fait de NUMA Sprint l’un des accélérateurs au meilleur track record en France (avec 104 startups accélérées dont 83% toujours en activité ou rachetées), toute l’offre a été revue et corrigée pour se renforcer en 2016.

Le programme reste donc généraliste avec des projets tech aussi bien BtoB que BtoC, mais le nombre de startups augmente pour passer à 20 (avec au moins 3 startups internationales). NUMA Sprint favorisera également des boîtes moins early stage qu’auparavant.

Le nouveau format va amplifier l’ouverture pour être encore plus dans la rencontre. La stratégie de Romain est simple : « plus ils rencontrent de gens, plus il se passe de choses« . Cela se matérialise, par exemple, par des « partners day » où les entrepreneurs font du speed dating avec les grands groupes. Mais aussi le « Mentor Madness » où les startups passent entre les mains de 40 à 50 mentors pour trouver le bon match.

« La startup qui n’a besoin de personne, c’est un mythe !« , me lance Romain avec conviction.

Pourquoi ces changements chez NUMA Sprint ? Tout simplement parce que les entrepreneurs qui arrivent jusqu’à eux sont de plus en plus aguerris : « il sont biberonnés à la culture startup : ils ont déjà une vision, un plan d’action, une présentation nickel. L’écosystème monte en compétence, et on grandit en même temps pour l’accompagner ». 

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Do you speak NUMA ?

Mais les ambitions de NUMA ne s’arrêtent pas là avec l’ouverture coup sur coup de programmes à Moscou, Bangalore et dernièrement Casablanca. Un choix qui pourrait surprendre à une époque où l’internationalisation des startups françaises semble presqu’exclusivement se faire par la Silicon Valley.

Mais la surprise est de courte durée tant la stratégie de NUMA est claire : « Ce serait ridicule de dire : on va à Tel Aviv ou à San Francisco pour faire mieux que les autres, m’explique son directeur de l’accélération. Nous allons dans les marchés émergents qui ressemblent à la France d’il y a quelques années« .

NUMA identifie donc les écosystèmes où le nombre d’entrepreneurs et l’investissement sont en pleine croissance… mais où il manque un catalyseur. Ils considèrent ainsi avoir aidé à structurer le marché français avec La Cantine et Le Camping, et ils proposent de fédérer à nouveau ces écosystèmes avec la présence d’un accélérateur.

Mais attention, l’idée n’est pas de « franciser » l’écosystème ils ne font pas de l’expatriation à la française et cherchent plutôt à se fondre dans l’environnement. Ils vont de plus faire appel à des acteurs locaux pour gérer ce programme.

« Ce n’est pas une stratégie internationale, explique Romain. C’est du multi-local. »

L’idée de hub n’est pas bien loin, où ces présences aux quatre coins du globe permettront aussi à NUMA d’ouvrir des portes à l’internationale pour ses startups en accueillant par exemple à Paris des entrepreneurs indiens qui ont des problématiques sur le tourisme.

En tout cas, NUMA se félicite du fait que l’écosystème français a fait le meurtre du père (comprendre la Sillicon Valley) pour arrêter de s’inspirer, et enfin proposer son propre modèle.


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