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Les banques s’engagent pour le climat : bullshit ou promesses sérieuses ?

Une étude récemment publiée a tenté de répondre à cette question.

En novembre 2021, dans le cadre du sommet des Nations unies sur le climat à Glasgow (COP26), plusieurs centaines de banques, d’assureurs et de gestionnaires d’actifs scellaient un pacte majeur dans le cadre de la lutte contre le changement climatique.

Dénommé Glasgow Financial Alliance for Net Zero, cet accord prévoit notamment un financement de 130 000 milliards de dollars pour réduire es émissions carbones et financer la transition énergétique.

Des actions pas assez à la hauteur ?

Deux ans et demi plus tard, une étude publiée par la Banque centrale européenne a tenté de voir si ces acteurs financiers tenaient leurs engagements. Cité par le New York Times, ces économistes du MIT, de la Columbia Business School et de la BCE n’y vont pas par quatre chemins :

Nos résultats jettent un doute sur l’efficacité des engagements volontaires en faveur du climat pour réduire les émissions financées, que ce soit par le désinvestissement ou l’engagement.

Dans le détail, les scientifiques ont passé au crible les données des prêts accordés par les différentes banques européennes qui ont adhéré à la Net-Zero Banking Alliance, le groupe réunissant les établissements qui se sont unis à Glasgow. Il en ressort que ces derniers ont bien réduit de 20 % leurs prêts aux secteurs qu’elles ont ciblés dans leurs objectifs climatiques (pétrole, gaz, transports…) depuis 2018.

Sauf que cet effort n’est pas à la hauteur. En effet, un mouvement d’un niveau analogue a été observé auprès des banques qui n’avaient pris aucun engagement. Les experts relèvent en outre que les banques de l’alliance n’ont pas modifié les taux d’intérêt des prêts accordés à des entreprises à fortes émissions.

Fortement mise en cause, la Net-Zero Banking Alliance a tenu à réagir par l’intermédiaire de Sarah Kemmitt, responsable du secrétariat de l’alliance. Elle estime qu’il est trop tôt pour juger de l’efficacité des mesures prises et ajoute :

Nous pensons qu’il est prématuré de tirer des conclusions sur la question de savoir si les engagements que les banques membres ont choisi de prendre se sont traduits par des réductions des émissions qu’elles ont financées.

Un contournement des engagements

Cette question de la motivation réelle des banques en matière climatique est l’objet d’importants débats. Dans une enquête publiée en novembre dernier, Le Monde constatait notamment que malgré leurs promesses de cesser d’investir dans les nouvelles installations d’extraction de ressources fossiles, certains grands établissements continuent de soutenir des entreprises qui financent ces projets.

Citée par nos confrères, Lucie Pinson, la directrice de Reclaim Finance demandait d’ailleurs à cette occasion : « Il faudrait qu’elles arrêtent le financement non fléché aux majors de l’énergie tant que celles-ci n’ont pas pris l’engagement de renoncer aux nouveaux projets fossiles ».

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2 commentaires
2 commentaires
  1. Bullshit 🙂 ce terme anglo-saxon se répand à grands pas semble-t-il, comme passablement d’autres dans le langage courant.
    J’ai souvenir d’une Américaine que je draguais un peu (beaucoup) lourdement (y’a prescription) qui me demanda “How do you say bullshit in French?” (Comment traduit-on “bullshit” en français ?), ce à quoi je fus bien obligé de lui répondre “foutaise” (la traduction, pas sa question !). La classe tout de même de m’avoir refroidi d’une claque joliment formulée, pas vrai ? J’aurais pu lui répondre que “bullshit” se traduit par “délice” histoire d’esquiver son intention belliqueuse, mais non : j’aurai assumé comme un seigneur (en fait l’idée ne m’en était pas venue, soyons franc !).

    Retour vers le présent. L’engagement d’une institution financière à œuvrer pour une cause éthique et donc ne lui rapportant rien ou, pire, lui faisant perdre quelques belles liasses, n’est pas dans l’ordre des choses. Même aux States où Dieu est invoqué à longueur de discours, l’Eternel n’a pas sa place dans le royaume du capital, c’est comme ça, même Dieu se voit demander son portefeuille d’actions lorsqu’il entend passer la frontière du Big Money.
    De là, vive tout ce qu’on voudra, l’argent, les biens, le patrimoine, le capital mais, enfin, n’en demandons tout de même pas trop :=

  2. C’est pour cela qu’il faut quitter les banques classiques pour les banques vertes: selon le dernier classement de greenly, les plus vertes son: helios, la nef, le credit cooperatif ou green got

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