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Les deepfakes sexuels deviennent incontrôlables : 1,2 million de victimes, 1 enfant sur 25, les chiffres sont terrifiants

Les applications qui utilisent l’IA pour générer des montages à caractère sexuel font des ravages dans les collèges et les lycées.

Des applications permettent de créer des deepfakes ou des hypermontages générés par l’AI de personnes pour les dénuder. Et, ces dernières années, ce phénomène a pris de l’ampleur, en particulier dans les écoles. En s’appuyant uniquement sur les incidents signalés, une étude menée par le magazine Wired et Indicator indique qu’à ce jour, il y a eu plus de 600 élèves victimes, dans 90 écoles différentes, dans le monde. Mais ces chiffres sont sous-estimés, étant donné qu’ils ne tiennent pas compte des incidents qui ne sont jamais signalés dans les médias.

Une étude menée par l’Unicef, ECPAT et Interpol sur 11 pays a estimé que, dans ceux-ci, au moins 1,2 million d’enfants ont été victimes de deepfakes sexuels générés par une intelligence artificielle. Et, dans certains de ces pays, 1 enfant sur 25 serait concerné, soit l’équivalent d’un enfant par classe. Les chiffres varient d’une étude à l’autre ou d’un pays à l’autre. Mais le constat reste le même : le phénomène est très préoccupant. En Espagne, une étude de Save the Children a indiqué, en 2025, qu’un jeune sur 5 déclare avoir déjà été victime d’une représentation nue, créée par l’IA, et partagée par quelqu’un sur internet (en étant mineur, et sans consentement).

Des cas préoccupants rapportés en France

Parmi les 600 élèves victimes qui sont mentionnées dans l’étude de Wired, plusieurs dizaines sont françaises. L’étude relaie, par exemple, un article de Midi Libre, publié en 2025, sur une diffusion de deepfakes sexuels (par un élève) qui a touché une trentaine d’adolescentes d’un lycée. Un autre article, publié en 2024 par 20minutes.fr, a rapporté une diffusion de photomontages sexuels dont cinq enseignantes et une douzaine d’adolescentes ont été victimes.

Dans l’Union européenne, les applications qui permettent de générer ces deepfakes sexuels pourraient bientôt être bannies. En effet, au mois de mars, le Parlement européen a voté un texte qui prévoit de bannir les applications dites “nudificateurs” qui génèrent du contenu à caractère sexuel d’une personne réelle sans son consentement. Et le texte qui inclut cette mesure doit désormais être négocié avec le Conseil.

Ce qu’on en pense

Tous les cas ne sont pas rapportés. Mais l’étude partagée par Wired nous permet de réaliser la gravité de la situation. Pour mettre fin aux diffusions de deepfakes sexuels, en particulier dans les collèges et les lycées, il faudra mener des actions sur différents fronts. L’interdiction de ce type d’application dans l’UE serait un signal fort, mais il faudra s’assurer que ce bannissement européen ne puisse pas être contourné.

  • Une étude partagée par le magazine Wired indique qu’il y a déjà eu 600 élèves victimes de deepfakes sexuels dans le monde
  • Mais cette étude s’appuie uniquement sur les cas rapportés et une estimation partagée par l’Unicef indique que dans les 11 pays que celui-ci a étudiés, 1,2 million d’enfants ont déjà été victimes
  • L’étude de Wired tient compte de plusieurs cas signalés par la presse, en France
  • Dans l’UE, le parlement européen a déjà voté un projet de loi qui bannirait les apps utilisées pour créer ces deepfakes sexuels

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