Les jeux vidéo rendent-ils violent ? Cette question est posée depuis plusieurs dizaines d’années sans qu’aucune réponse précise n’ait pu être donnée. Une étude de la City University of London a par exemple pu relever que les enfants étaient plus susceptibles de détruire des objets après avoir joué à des jeux vidéo violents. Des résultats qu’il convient toutefois de prendre avec prudence.
1 % des joueurs souffrent du trouble du jeu vidéo
Joanne Orlando, chercheuse à l’Université occidentale de Sydney, vient justement de publier un article passionnant sur le sujet sur le site The Conversation. La scientifique revient tout d’abord sur un fait divers tragique survenu en Australie en 2019. Un écolier de la région de l’État de Victoria a trouvé la mort et son comportement problématique de joueur aurait provoqué un trouble de l’humeur chez lui qui serait à l’origine de son décès.
L’occasion pour la chercheuse d’éplucher la littérature scientifique et de voir s’il existe bel et bien un lien entre les pratiques de jeu excessives et des troubles tels que la dépression et l’agressivité. Elle rappelle notamment que le trouble du jeu vidéo tel que défini par l’Organisation mondiale de la santé n’advient que lorsque le gaming interfère avec le fonctionnement d’une personne dans sa vie quotidienne : grosses difficultés dans le travail, à l’école, ou dans la vie personnelle notamment. Selon elle, seulement 1 % des 2 milliards de joueurs souffriraient de ce problème.
En ce qui concerne les liens entre la violence dans les jeux, et la violence dans la vie réelle, la réponse est là encore très nette : aucune preuve formelle de ce lien n’a pu être établi à ce jour. Une certaine corrélation a pu être observée, comme dans le cas de l’étude londonienne dont nous vous parlions plus haut. Seulement, on note que ce sont plutôt les gameurs qui souffrent déjà de problèmes de santé mentale qui sont les plus sensibles à la violence dans les jeux. Pour les autres, aucun lien n’a pu être repéré.
Joanne Orlando précise par ailleurs que les circonstances de la vie peuvent pousser une personne à adopter un comportement plus problématique. Elle explique ainsi : « Les personnes qui ont déjà un sentiment de culpabilité, de perte de contrôle de leur vie ou de désengagement social sont plus susceptibles de se tourner vers les jeux vidéo comme mécanisme d’adaptation – un peu comme certains peuvent se tourner vers les drogues, l’alcool ou les jeux d’argent ».
Dans ces situations de dépendance, et si les jeux vidéo sont retirés du jour au lendemain, des sentiments de grand désespoir ou de perte ont pu être observés chez les gameurs.
En définitive, la chercheuse estime qu’il n’y a aucun consensus sur la façon dont le jeu problématique doit être classé, ni même s’il s’agit vraiment d’un trouble. Et si les parents s’inquiètent du comportement de leurs enfants, le mieux est d’échanger directement avec eux, sans jugement, pour voir comment les aider.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
C’est n’importe quoi avec votre étude de merde !