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Les robots commencent même à remplacer les chirurgiens

Des chercheurs ont développé un système autonome permettant d’ôter les tumeurs avec une très grande précision.

Ce système, développé par une équipe de l’Université Johns Hopkins, c’est l’ASTR (Autonomous System for Tumor Resection). Même si les progrès de la médecine permettent désormais des miracles en chirurgie, il demeure encore des défis de taille. Notamment celui de la suppression des tumeurs cancéreuses dans des zones assez délicates, comme la tête ou le cou. En effet, l’acte de résection (retrait d’un tissu pathologique ou d’un organe) dans certains cas demande une précision extrême.

Il faut suffisamment éliminer de tissu cancéreux tout en préservant assez de tissu sain. Une tâche complexe, que certaines composantes humaines compliquent encore plus, comme la fatigue ou le manque de visibilité. Les robots sont des alliés de taille pour ce genre de tâche (comme celui qu’utilise Neuralink). L’ASTR est en plus complètement autonome, ce qui réduit davantage la marge d’erreur.

Une précision chirurgicale

Cette quête de la précision est d’une importance cruciale, comme le souligne Alex Krieger, professeur assistant en génie mécanique à l’Université Johns Hopkins. « Effectuer une résection en garantissant des marges précises représente un défi de taille […] Beaucoup de ces chirurgies reposent en grande partie sur l’espoir et même sur quelques suppositions. De nombreux chirurgiens éprouvent des difficultés à cet égard. Nous souhaitions rendre ces procédures plus précises » explique-t-il.

De manière standard, la marge visée est environ de 5 mm, soit un morceau de tissu à retirer de la taille d’une gomme de crayon. C’est le minimum pour garantir une résection efficace. Toutefois, de nombreux chirurgiens font remonter le fait que garantir cette précision est, dans certains cas, très complexe. « Les chirurgiens apportent une petite règle pour mesurer les 5 mm, puis marquent les bords sur les côtés. Mais déterminer la profondeur exacte à atteindre, c’est ce qui est si difficile » continue Krieger.

Le fonctionnement de l’ASTR

Dans ce cadre-là, l’ASTR se présente comme une solution très prometteuse. Krieger et son équipe ont en réalité adapté un système robotique déjà existant, le STAR (Smart Tissue Autonomous Robot).

Il y a deux ans, celui-ci avait réussi un exploit en réalisant la première chirurgie laparoscopique entièrement autonome. Une technique de chirurgie basée sur l’insertion de caméras et de petits instruments dans l’abdomen, évitant aux chirurgiens de pratiquer de grandes ouvertures pour opérer.

L’ASTR fonctionne sur le même principe. Il opère en grâce à deux bras robotisés guidés par la vision directe. Testé sur des tissus de langue de porc, il était programmé pour retirer précisément une tumeur en respectant cette marge. À chaque fois, l’ASTR a réussi la résection en retirant exactement les 5 mm de tissus. Le tout sans aucune supervision humaine. Un succès qui souligne l’immense potentiel que représentent ces robots pour l’avenir de la chirurgie.

L’avenir de la chirurgie ?

Cette avancée élargit l’horizon pour le futur de la chirurgie robotique. La réussite de l’ASTR lors de son test pratiqué sur la langue (une opération appelée glossectomie partielle) illustre parfaitement l’utilité potentielle de ce type de technologie appliqué à un éventail plus large de résections chirurgicales. Pour Krieger, la prochaine étape est d’adapter l’ASTR à un organe, lui aussi, difficile d’accès : le rein.

Le spécialiste envisage de coupler l’ASTR avec des techniques d’imagerie de pointe afin d’accroître encore plus sa précision. Pour le traitement des tumeurs, ce serait une réelle révolution et permettrait des procédures chirurgicales moins invasives. Krieger est assez confiant sur la pertinence de ce type de système dans la chirurgie moderne. « On utilise déjà beaucoup les robots dans la pratique clinique, donc ce n’est pas un changement de paradigme majeur » explique-t-il.

Dans le domaine de la chirurgie oncologique, l’ASTR se révèle ainsi être un grand pas en avant. Si les premières tentatives d’utilisation de robot en chirurgie remontent aux années 1980, c’est à partir des années 2000 que les systèmes robotiques chirurgicaux ont commencé à être largement adoptés. Les progrès ont été très rapides, et il ne fait aucun doute que les robots entièrement autonomes deviendront progressivement la norme dans les prochaines décennies. En parallèle, les avancées faramineuses de l’intelligence artificielle vont certainement catalyser ces progrès.

  • Des chercheurs de l’Université Johns Hopkins ont mis u point un robot chirurgien autonome.
  • Baptisé ASTR, il est capable de réaliser des résections de tumeur avec une précision inégalée.
  • Encore en phase de test, ses créateurs l’imaginent déjà s’atteler à d’autres opérations sensibles.

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