Passer au contenu

L’Europe prépare son plan d’urgence face à une tempête solaire cataclysmique

Si elle venait à nous frapper, le monde entier serait mis à genoux en moins de 24 heures ; mieux vaut être bien armés.

À Darmstadt, dans le centre névralgique de l’Agence spatiale européenne (ESA), ingénieurs et scientifiques répètent depuis plusieurs semaines un scénario qui semble tout droit sorti d’un film catastrophe : celui d’une tempête solaire si violente qu’elle pourrait paralyser la planète entière.

L’Europe s’y prépare avec le plus grand sérieux, consciente qu’un tel événement est statistiquement plus que probable au vu des cycles solaires et de l’activité bouillonnante de notre astre ces derniers mois.

L’Europe veut éviter le blackout planétaire

Les tempêtes solaires se produisent lorsque le Soleil projette d’immenses jets de plasma et de particules à des vitesses vertigineuses (jusqu’à 3,2 millions de km/h). Lorsqu’elles atteignent la Terre, ces éjections de matière, appelées Éjection de Masse Coronale (EMC) frappent de plein fouet le champ magnétique de notre planète. Ce sont elles qui donnent naissance aux splendides aurores boréales ou polaires, mais elles peuvent s’avérer très dangereuses pour nos infrastructures terrestres.

Elles peuvent créer de gigantesques surtensions au sol, désorienter les satellites, griller les composants de nos appareils électroniques et provoquer des coupures d’électricité à grande échelle.

C’est ce qui s’était passé en 1859, lorsque la plus grande éruption solaire jamais enregistrée avait provoqué un chaos total sur Terre. Baptisé « événement de Carrington », cette bombe électromagnétique avait provoqué des aurores visibles jusqu’en Amérique centrale et incendié les lignes télégraphiques. L’intensité de la perturbation magnétique fut si violente qu’elle fit circuler des courants électriques sur des milliers de kilomètres de câbles, un phénomène que la science ne sut expliquer que plusieurs décennies plus tard.

Comme nous ne sommes plus au XIXᵉ siècle, « un tel phénomène, aujourd’hui, aurait des effets bien plus graves », avertit Jorge Amaya, coordinateur des modèles météo-spatiaux à l’ESA. « Notre société dépend entièrement des systèmes électroniques et de la navigation satellitaire. Aucun secteur ne serait épargné ».

C’est exactement à cela que l’ESA se prépare : une éruption solaire de classe X45, les plus puissantes. Si elle se produisait, une telle explosion libérerait une énergie équivalente à des milliards de bombes nucléaires, projetant vers la Terre un torrent de particules chargées à une vitesse proche de celle de la lumière.

En l’espace de quelques minutes, les satellites seraient bombardés de radiations, les communications brouillées, et les ingénieurs n’auraient qu’une poignée d’heures pour placer leurs appareils en sécurité. Puis, en une dizaine d’heures, la véritable onde de choc  (une masse de plasma solaire) viendrait heurter la magnétosphère terrestre, provoquant un chaos électromagnétique mondial.

Les ingénieurs de l’ESA résument leur mission en trois mots : prévoir, protéger et coordonner. Prévoir, en détectant les premiers soubresauts du Soleil avant qu’ils ne deviennent dangereux. Protéger, en plaçant les satellites dans une sorte de sommeil artificiel pour limiter les dégâts. Et coordonner, en partageant l’information avec les opérateurs civils afin d’éviter que les surtensions ne fassent tomber les réseaux. Le but est de gagner du temps, puisque rien ne peut vraiment nous protéger d’une tempête d’une telle ampleur. Aujourd’hui, l’ESA estime cette marge de 10 à 18 h : le laps de temps pour se préparer au choc principal de la masse coronale après les premières alertes. C’est peu, voire presque rien à l’échelle cosmique, mais c’est la seule ligne de défense dont nous disposons.

  • L’Agence spatiale européenne s’entraîne à gérer une éruption solaire extrême capable de perturber les réseaux électriques, les satellites et les communications mondiales.
  • Un phénomène comparable à celui de 1859 pourrait aujourd’hui provoquer un effondrement technologique global, tant nos infrastructures sont dépendantes de l’électronique.
  • Les équipes européennes ne disposent que d’un très bref laps de temps pour réagir et limiter les dégâts si une telle tempête devait arriver.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech