- Stephen King comprend les inquiétudes des scénaristes en grève sur l’IA
- Il se montre toutefois sceptique sur les qualités d’écriture des modèles de langage
- Il est rejoint en cela par James Cameron qui avait fait part de ses doutes
L’IA peut-elle à terme venir menacer le travail des scénaristes ? La question est actuellement au cœur de la grève des scénaristes qui paralyse la production de films et de séries à Hollywood. Les auteurs craignent en effet que ces technologies permettent d’énormes gains de productivité et réduisent la main d’œuvre nécessaire pour rédiger un script.
“J’ai du mal à croire que l’IA puisse écrire un texte convainquant”
Ce sujet a justement été abordé par Stephen King dans une interview qu’il a accordée au magazine Rolling Stone. La légende de la littérature américaine commence par apporter son soutien aux scénaristes :
Permettez-moi de dire que je comprends les inquiétudes que suscite l’IA chez les scénaristes et les auteurs qui écrivent pour la télévision. On craint en effet, et je pense que c’est une crainte non exprimée, que l’IA puisse écrire à elle seule des sitcoms, ainsi que certaines séries dramatiques. Elles sont plutôt basées sur des schémas classiques. Mais en ce qui concerne l’IA, les livres écrits par l’IA, les scénarios écrits par l’IA, que peut-on en dire ?
Il fait aussitôt part de ses doutes : « Mais j’ai beaucoup de mal à croire que l’IA – jusqu’à ce qu’elle atteigne une véritable sensibilité, ce qui est encore loin – puisse écrire quoi que ce soit. J’ai lu des poèmes écrits par des IA dans le style de William Blake, par exemple, et il y a le truc de Dieu, le truc de l’agneau et tout ça, mais ce n’est pas la même chose. (…) C’est comme la différence entre Budweiser et une bière générique. Les deux vous donnent un peu de frissons, mais ce n’est pas la même chose. »
Ce scepticisme à l’égard de l’intelligence artificielle est justement partagé par James Cameron que nous citions dans un article récent. Le réalisateur de Titanic soulignait ainsi : « Je ne crois pas qu’un esprit désincarné qui régurgite ce que d’autres esprits incarnés ont dit – sur la vie qu’ils ont eue, sur l’amour, sur le mensonge, sur la peur, sur la mortalité – et qui rassemble tout cela dans une salade de mots pour ensuite le régurgiter. Je n’imagine pas que ce soit quelque chose qui puisse émouvoir le public. »
En attendant, la grève se poursuit à Hollywood, et de grands noms de la série Breaking Bad ont récemment fait entendre leurs revendications. Pour en savoir plus, c’est par ici.
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Stephen King n’explique pourquoi l’IA ne remplacera pas les auteurs, il n’exprime que ses doutes voire son scepticisme : ce n’est pas du tout la même chose, contrairement au titre de l’article. Cette distorsion entre un titre et l’article apparaît un peu partout, tous média confondus sans parler des articles promotionnels où l’auteur ne cherche même plus un titre en adéquation avec le produit vanté mais se lâche bien souvent de superlatifs à l’emporte-pièce (ce qui du reste signe l’article publicitaire), de quoi concurrencer le jargon hypertrophié des journalistes sportifs.