Passer au contenu

L’Ukraine produirait la moitié du néon utilisé pour fabriquer les puces

Selon les calculs de Reuters, l’Ukraine produit 45 % à 54 % du gaz néon utilisé pour la fabrication des semi-conducteurs.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, on se demande quel impact cela va avoir sur l’approvisionnement mondial en puces électroniques. L’Ukraine et la Russie ne sont pas d’importants acteurs dans la production de ces puces (ni de grands consommateurs). En revanche, l’Ukraine est l’un des principaux fournisseurs de gaz néon, essentiel pour la fabrication de ces puces.

Et dans un article publié récemment, Reuters évoque l’impact que la guerre pourrait avoir sur l’industrie, alors qu’on fait déjà face à des problèmes d’approvisionnement pour les smartphones, l’automobile, et d’autres industries, suite à la crise sanitaire.

Selon Reuters, 45 % à 54 % du gaz néon dont la qualité correspond à celle requise par l’industrie des semi-conducteurs seraient produits par deux sociétés ukrainiennes : Ingas et Cryoin. Or, après avoir contacté des responsables, le média indique que ces deux sociétés ont cessé leurs opérations, suite à l’invasion du pays par la Russie.

Et si le conflit se prolonge, on pourrait à nouveau faire face à d’importantes pénuries de puces. « Si les stocks sont épuisés d’ici avril et que les fabricants de puces n’ont pas de commandes bloquées dans d’autres régions du monde, cela signifie probablement des contraintes supplémentaires pour la chaîne d’approvisionnement au sens large et l’incapacité de fabriquer le produit final pour de nombreux clients clés », explique Angelo Zino, analyste chez CFRA, cité par Reuters.

Par ailleurs, si des infrastructures sont endommagées, la reprise des activités de ces producteurs de néons pourrait prendre plus de temps, même si le conflit se terminait.

Faut-il avoir peur d’une nouvelle pénurie mondiale ?

Alors que les données de Reuters sont inquiétantes, pour le moment, certains acteurs se veulent plutôt rassurants.

Par exemple, le ministère de l’Économie à Taiwan, où se trouve TSMC, l’un des principaux fabricants de puces, a indiqué que les entreprises du pays auraient déjà un stock de sécurité, en ce qui concerne le gaz néon. Ainsi, aucune pénurie ne serait à craindre à court terme.

« Nous comprenons que les informations faisant état d’une perturbation potentielle de l’approvisionnement en minéraux et en gaz nobles, en raison des tensions persistantes entre la Russie et l’Ukraine, sont préoccupantes pour l’industrie des semi-conducteurs », avait déclaré la société Micron au mois de février. Néanmoins, celle-ci avait assuré qu’elle a des sources d’approvisionnement variées.

Le 24 février, la Semiconductor Industry Association, un groupe qui représente les sociétés de semiconducteurs américaines, ainsi que acteurs internationaux comme TSMC, Samsung ou encore Mediatek, avait déclaré : « […] l’industrie des semi-conducteurs dispose d’un ensemble diversifié de fournisseurs de matériaux et de gaz clés, nous ne pensons donc pas qu’il existe des risques immédiats de rupture d’approvisionnement liés à la Russie et à l’Ukraine. »

D’après Reuters, les grands groupes pourraient effectivement avoir un impact limité, tandis que les petites entreprises pourraient avoir plus de difficultés à trouver ces matières premières.

Citée par le média, Lita Shon-Roy, présidente de Techcet (une société de conseils), explique que les entreprises comme Intel, Samsung ou TSMC, ont un plus grand pouvoir d’achat et un accès à des stocks qui peuvent couvrir deux mois ou même plus.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech