Grâce à son partenariat avec OpenAI, qui lui donne accès à toutes les technologies du créateur de ChatGPT, Microsoft a un avantage dans la course à l’intelligence artificielle. Pour rappel, la firme de Redmond a déjà développé un nouvel assistant appelé Copilot qui intègre GPT-4. Et actuellement, elle essaie d’intégrer les modèles d’OpenAI dans presque tous ses produits, même Paint. Pour rappel, Microsoft a investi des milliards de dollars dans OpenAI et a signé un partenariat stratégique avec celui-ci.
Mais aujourd’hui, les relations entre Microsoft et OpenAI commencent à inquiéter certains régulateurs, dont la Commission européenne. Cette semaine, Bruxelles publie un communiqué de presse, annonçant des “appels à contributions sur la concurrence dans les mondes virtuels et l’intelligence artificielle (IA) générative et a envoyé des demandes de renseignements à plusieurs grands acteurs numériques.”
Dans le même communiqué de presse, la Commission indique qu’elle se penche sur les accords signés entre les acteurs du numérique et les laboratoires d’IA, et qu’elle enquête sur l’incidence de ces partenariats sur la dynamique de ce marché. Celle-ci cite particulièrement le partenariat entre Microsoft et OpenAI. “[…] la Commission européenne vérifie si l’investissement de Microsoft dans OpenAI est susceptible de faire l’objet d’un examen au regard du règlement de l’UE sur les concentrations”, peut-on lire dans ce communiqué.
L’accord Microsoft-OpenAI scruté par les régulateurs
En substance, une enquête plus approfondie pourrait être menée plus tard. Mais pour le moment, la Commission européenne va recueillir les réponses à l’appel lancé, jusqu’au 11 mars 2024. En tout cas, Bruxelles n’est pas la seule autorité de régulation qui s’inquiète de ce partenariat entre Microsoft et le créateur de ChatGPT.
En septembre, l’autorité britannique de la concurrence, la CMA, a lancé un appel aux acteurs du marché à commenter le partenariat entre Microsoft et OpenAI. La CMA veut notamment savoir si l’accord donne lieu “à une situation de fusion pertinente”. Et si c’est le cas, elle veut savoir quel impact cette situation a sur la concurrence au Royaume-Uni.
Même aux États-Unis, selon un article de Bloomberg, les autorités auraient déjà commencé à scruter les liens entre Microsoft et OpenAI.
La structure inhabituelle d’OpenAI
Cité par CNBC, OpenAI a déjà réagi à cette actualité, en expliquant que Microsoft n’a aucun pouvoir de décision au sein de l’organisation. “Leur observateur sans droit de vote ne leur confère pas d’autorité de gouvernance ni de contrôle sur les opérations d’OpenAI”, indique un représentant du créateur de ChatGPT.
Sur son site web, OpenAI donne quelques détails sur sa structure. Celui-ci a été créé en tant qu’organisation à but non lucratif. Mais, en 2019, une filiale à but lucratif a été créée pour lever des fonds. “[…] la filiale à but lucratif est entièrement contrôlée par OpenAI Nonprofit. Nous avons mis en œuvre cela en faisant en sorte que l’organisation à but non lucratif possède et contrôle entièrement une entité de gestion (OpenAI GP LLC) qui a le pouvoir de contrôler et de gouverner la filiale à but lucratif”, peut-on lire.
Concernant le partenariat avec Microsoft, le site d’OpenAI assure que malgré les milliards de dollars investis, OpenAI reste une entité indépendante gouvernée par OpenAI Nonprofit. Cependant, en tant qu’investisseur, Microsoft a droit à une part sur les bénéfices de la filiale à but lucratif. Et en novembre, le PDG de Microsoft, Satya Nadella, a indiqué que la firme de Redmond a un accord à long terme avec OpenAI qui lui donne “un accès complet” aux technologies nécessaires pour réaliser sa feuille de route.
- La Commission européenne annonce qu’elle va se pencher sur le partenariat entre Microsoft et OpenAI
- Microsoft a investi des milliards de dollars dans OpenAI et a accès à ses technologies
- OpenAI assure que Microsoft n’est qu’un membre observateur et sans pouvoir de vote de son conseil d’administration
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