C’est l’un des sites militaires français les plus protégés de France. La base sous-marine de l’Île Longue, dans le Finistère, abrite les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) français. Sans eux, pas de dissuasion nucléaire pour la France. Le secret absolu nécessaire aux activités et mouvements sur place rend le site inaccessible au plus grand nombre, et le survol de la base considéré comme une menace de premier ordre. Dans la soirée du jeudi 4 décembre, la Marine nationale a décidé d’ouvrir le feu alors que cinq drones non autorisés et non identifiés ont franchi la zone interdite.
Le porte-parole du préfet maritime de l’Atlantique, le capitaine de frégate Guillaume Le Rasle, a tout de même assuré à Libération que les drones n’étaient pas armés, les catégorisant en dehors d’un contexte militaire. Il faudra tout de même attendre les résultats de l’enquête pour en savoir plus sur leurs équipements et leur provenance, un travail attribué au parquet militaire de Rennes. En choisissant d’ouvrir le feu au-dessus de l’Île Longue, il semblerait que la Marine nationale n’ait pas pu simplement utiliser son système de brouillage pour neutraliser les drones.
Des fusiliers marins et des gendarmes pour protéger la base
Pour protéger son ciel, la base sous-marine de l’Île Longue dispose d’un bataillon de fusiliers marins. Ce sont eux qui ont été autorisés à effectuer plusieurs tirs jeudi 4 décembre aux alentours de 19 h 30 pour éliminer la menace. En plus des fusiliers marins, la base possède aussi 120 gendarmes maritimes pour protéger le secteur. Il faut dire que la base sous-marine peut accueillir jusqu’à 4 sous-marins nucléaires français (sur les 5) alors qu’au moins un doit perpétuellement se situer en mer pour répondre à un ordre présidentiel de tir de missile nucléaire en cas de besoin.
Le survol de la région n’est pas rare, rappelle AFP, alors qu’un survol de la presqu’île de Crozon avait été signalé dans la nuit du 17 au 18 novembre. Mais la Marine n’avait encore jamais ouvert le feu. Des drones non identifiés survolaient aussi une base militaire à Mourmelon-le-Grand située dans la Marne, où s’entraînent notamment des soldats ukrainiens dans le cadre d’une task force appelée « Champagne ». C’était à la fin du mois de septembre. Ce survol faisait suite à des incidents rapportés au-dessus de plusieurs aéroports européens, paralysant leur activité, notamment à Copenhague (Danemark), Oslo (Norvège), ainsi qu’à Munich et Berlin (Allemagne).
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

