Passer au contenu

La France survolée à son tour par des drones non identifiés, au-dessus d’une base militaire

Des drones non identifiés ont survolé la base militaire de Mourmelon-le-Grand située dans la Marne, ont déclaré les autorités, au cours d’une semaine chargée en intrusions illégales d’aéronefs en Europe.

Le week-end dernier, la base militaire de Mourmelon-le-Grand près de Reims a reçu la visite de plusieurs drones non identifiés au-dessus de ses différentes unités. Avec une telle intrusion dans un espace aérien interdit, la gendarmerie a décidé de porter plainte. Située dans la Marne, la base abrite un détachement du génie, le 501e régiment de chars de combat et un régiment de matériel, a précisé l’Armée de l’air qui a officialisé l’information ce vendredi, confirmant une information du journal local L’Union, pour des faits qui se sont produits dans la nuit du 21 au lundi 22 septembre.

Cette visite non désirée s’est précipitée quelques heures avant que plusieurs intrusions ne soient déclarées en Europe, et notamment au Danemark avec des drones beaucoup plus gros, sur plusieurs terrains aéroportuaires, dont l’aéroport international de Copenhague. À Olso, en Norvège, les gelées également les arrivées et les départs dans la nuit du 23 au 24 septembre dernier. À ce jour, aucun élément ne permet de rapprocher tous ces événements, même si de telles intrusions restaient rares jusqu’à présent. Celle sur la base française relève même de « l’exceptionnel », déclarait la délégation militaire départementale (DMD).

Dans le contexte, le choix de a base militaire de Mourmelon-le-Grand n’est pas anodin, car, depuis septembre 2024, elle a été retenue pour la task force « Champagne », comprenant la formation par la France de plus de 2 000 militaires ukrainiens, pour les entraîner sur l’utilisation du matériel militaire fourni par la France, dont les canons Caesar et des véhicules blindés, sur le front en Ukraine. Même dans un autre contexte, le survol non autorisé d’une base militaire en France par un drone est considéré comme une menace pour la sécurité nationale, avec des sanctions sévères jusqu’à la peine de prison.

L’ombre de la Russie, et la naissance d’un projet de « mur antidrone »

« Au sein de l’OTAN, de nombreux responsables soupçonnent la Russie d’être à l’origine de ces perturbations, perçues comme des opérations hybrides visant à tester la réactivité des défenses européennes », rappelait Euronews, alors que l’Union européenne souhaite maintenant s’équiper d’un « mur antidrone » en prenant l’exemple du dispositif installé en Ukraine pour parer une partie des attaques aériennes russes. Le projet est aussi né en réaction de l’intrusion de premiers drones kamikazes russes en Pologne, après avoir traversé l’Ukraine.

Au Danemark, les incidents de cette semaine resteront dans les mémoires, alors que la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, qualifiait lundi que l’intrusion de deux à trois gros drones au-dessus de l’aéroport de Copenhague pouvait être considérée comme « l’attaque la plus grave jamais perpétrée contre les infrastructures critiques danoises » et a déclaré qu’elle ne pouvait exclure une implication russe.

« Pour ceux qui doutaient encore de la nécessité de disposer d’un mur antidrones dans l’Union européenne, voici un nouvel exemple qui montre à quel point cela est important », a déclaré Thomas Regnier, porte-parole de la Commission pour la politique de défense, qui rappelait tous les précédents en Lettonie, en Lituanie, en Estonie, en Roumanie, en Bulgarie et en Pologne.

En parallèle aux investissements nationaux, la Commission européenne lance un programme de prêts à hauteur de 150 milliards d’euros pour stimuler les dépenses de défense. En France, cette semaine, Renault a envoyé une lettre à ses employés pour rappeler les négociations autour de la production de drones dans ses usines, en se justifiant par le pivot similaire opéré en Allemagne. Le constructeur automobile en profitait pour rappeler, certainement au ministère de la Défense qui est à l’origine du projet, qu’un tel projet ne serait possible qu’en l’échange d’une protection accrue des systèmes de Renault, déjà touchés par des trolls russes.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech