L’agence spatiale européenne (ESA) a annoncé ce jeudi 17 mars la suspension de la mission ExoMars suite au déclenchement de la guerre en Ukraine. Faute de lancement en 2022 le projet pourrait maintenant ne pas se concrétiser avant plusieurs années – s’il ne finit pas par être annulé entre temps. ExoMars combine en fait deux missions majeures vers Mars développées par l’ESA avec une participation importante de l’agence spatiale russe Roscosmos. La Russie a beaucoup contribué au développement de l’orbiteur ExoMars Trace Gas Orbiter et de son atterrisseur Schiaparelli – tous deux lancés avec succès en mars 2016.
Mais aussi au développement du projet de rover Rosalind Franklin, dont le lancement, initialement prévu pour mai 2018, avait été repoussé en 2022. Le rover devait à la fois permettre à l’agence de démontrer sa maitrise de l’atterrissage d’un véhicule automatisé sur Mars (jusqu’ici chasse gardée des américains et des russes). Mais aussi de scruter l’environnement à la recherche de vie biologique. Le rover ExoMars est doté de plusieurs instruments – avec notamment un laboratoire miniature et une foreuse qui lui donnent la capacité d’analyser ce qui se trouve immédiatement sous la surface du sol et des roches.
La mission ExoMars rattrapée par la guerre en Ukraine
En tout le programme ExoMars est doté d’une enveloppe de 1,2 milliards d’euros. Mais voilà : après avoir développé ce programme autour d’une collaboration avec Roscosmos, l’agence se retrouve prise dans une situation particulièrement embarrassante. Oute les difficultés politiques, les sanctions font qu’il est désormais impossible de poursuivre un lacement sur une fusée Soyouz. Mais il y a pire : de nombreux éléments du rover européen ont été conçus avec la participation de Roscosmos, et l’ESA se demande désormais comment lancer son rover sans lanceur, mais aussi technologies russes.
Dans une interview, le directeur de l’agence Jopsef Aschbacher a admis, avec regret, que “cette année la fenêtre de lancement s’est refermée”. Il ajoute que l’agence examine désormais à la loupe l’ensemble des composants de la mission afin de déterminer le temps et les travaux nécessaires à la réalisation de modifications profondes pour faire totalement sans technologie russe. Reste que dans cette époque tourmentée, les ponts ne sont heureusement pas encore tout à fait rompus entre la Russie et ses partenaires internationaux dans le domaine spatial.
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A bord de l’ISS, les équipes internationales semblent poursuivre normalement leur collaboration avec leurs homologues russes sans que le moindre incident n’ait été rapporté. Il y a même eu ce “geste” (?) surprenant des trois cosmonautes qui ont rejoint la station vendredi 18 mars : tous portaient une combinaison jaune et bleue, les couleurs de l’Ukraine. Officiellement, il ne faut pourtant y voir aucun geste de soutien : l’équipage affirme s’être simplement adapté à un “surplus de tissu jaune” dans l’usine de fabrication des uniformes des cosmonautes…
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