Récemment nommé directeur de la politique mondiale de Meta, Joel Kaplan, un stratège républicain bien connu outre-Atlantique, ne s’est pas rendu en Europe pour rien. Participant à la Conférence sur la sécurité de Munich le week-end dernier, le dirigeant a fustigé les règlements numériques de l’UE et menacé de faire intervenir Donald Trump et son gouvernement en cas de désaccord.
Meta n’hésitera pas à prévenir les autorités
Il souligne ainsi : « Lorsque des entreprises sont traitées différemment et d’une manière qui est discriminatoire à leur égard, cela devrait être signalé au gouvernement du pays d’origine de cette entreprise ». Et le nouveau directeur d’ajouter :
Bien que nous souhaitions travailler dans le cadre des lois adoptées par l’Europe – et nous le ferons toujours – nous signalerons quand nous pensons avoir été traités injustement.
La prise de position de Joel Kaplan intervient dans un contexte très particulier. Le vice-président américain JD Vance a en effet sidéré l’auditoire de cet événement en pointant du doigt les réglementations européennes sur les réseaux sociaux qu’il accuse de réprimer la liberté d’expression.
Rappelons par ailleurs que Meta a déjà écopé d’une amende de plus de 2 milliards d’euros pour violation des règles antitrust et de protection des données. La compagnie fait aussi l’objet d’une enquête sur la modération des contenus. Autant de dossiers brûlants qui seront sans doute l’objet de tension entre l’UE et le nouveau gouvernement américain.
Donald Trump prend position
Donald Trump avait déjà apporté un soutien direct aux géants de la Tech américains lors du dernier Forum économique mondial à Davos en Suisse. Le républicain a ainsi fustigé les règlements européens qui ont causé des déboires aux champions nationaux de l’Oncle Sam :
Ce sont des entreprises américaines, que cela vous plaise ou non. Ils ne devraient pas faire ça. C’est, en ce qui me concerne, une forme de taxation. Nous avons de très grosses plaintes à l’encontre de l’UE.
De son côté, Mark Zuckerberg, CEO et fondateur de Meta, s’est beaucoup rapproché de Donald Trump depuis son élection. Alors que le locataire de la Maison-Blanche menaçait jadis de l’envoyer en prison à vie, l’entrepreneur dit désormais souhaiter travailler avec lui « pour s’opposer aux gouvernements étrangers qui s’attaquent aux entreprises américaines pour censurer davantage ». Plus d’informations à ce sujet dans notre précédent article ici.
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