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Test du Motorola Razr 70 : une offre de lancement extrêmement alléchante

Motorola lance son Razr 70, concurrent au Flip de Samsung. S’il peine à réellement concurrencer ce dernier, son offre de lancement en fait un smartphone pliable à un prix attractif.

Quand on pense aux smartphones pliants, les premiers à venir en tête sont les Galaxy Z Flip et Fold de Samsung. Pourtant, d’autres marques ont également investi le marché avec de très bons produits. C’est le cas par exemple d’Oppo, Google, Honor ou encore Motorola. C’est ce dernier qui nous intéresse aujourd’hui avec le Razr 70, un smartphone à clapet de type Flip misant gros sur son design.

Pour le lancement de son nouveau téléphone-bijou, Motorola mise gros. Si on peut être effrayé par son prix officiel (999 euros, soit 200 euros de plus qu’un Z Flip 7), le prix réel est tout autre à l’heure de la rédaction de ces lignes. Actuellement, sur le site de Motorola, on trouve le Razr 70 à 799 euros, ce qui le ramène dans la bonne gamme tarifaire par rapport à sa compétition, avec en cadeau des écouteurs Moto Buds Loop, une montre Moto Watch et des Moto Tags. L’équivalent de plus de 300 euros d’accessoires tout de même.

J’achète le Motorola Razr 70

Est-ce que tout cela permet au Razr 70 de se montrer compétitif malgré une fiche technique quasi inchangée depuis son prédécesseur ? C’est ce que nous allons tenter de déterminer dans ce test complet.

Motorola Razr 70 Face
© Manuel Castejon / Presse-citron

Un design inchangé, mais efficace

D’un point de vue purement structurel, Motorola a fait le choix du pragmatisme : le châssis reste inchangé par rapport au modèle précédent. On retrouve donc des dimensions de 171,30 x 73,99 x 7,25 mm pour 188 grammes, se réduisant à 88,08 x 73,99 x 15,85 mm une fois plié en deux. C’est à peine plus grand qu’un Z Flip 7.

Petite précision sur les conditions de ce test : étant un homme, ma garde-robe est pourvue de larges poches. Je dois de ce fait bien avouer que je n’ai jamais ressenti l’intérêt fonctionnel d’un format Flip. Je comprends tout à fait l’avantage qu’il peut présenter en revanche pour les personnes dont les poches peuvent au mieux contenir un briquet, ou pour celles et ceux qui jetteraient nonchalamment leur smartphone dans leur sac.

Motorola Razr 70 Tente
© Manuel Castejon / Presse-citron

Sa conception quant à elle n’a rien à envier aux cadors du marché. Motorola maîtrise son sujet aussi bien que Samsung avec une charnière solide qui ne flanche pas, un interstice réduit entre les deux sections lorsqu’il est plié et même un indice IP48 promettant une bonne résistance à l’eau et aux poussières de plus de 1 mm. Étant assez vieux pour avoir connu les téléphones à clapet avant l’arrivée de l’iPhone, je regrette toutefois que les modèles actuels soient si difficiles à ouvrir d’une seule main. Le manque d’espace entre les deux sections repliées l’une sur l’autre et la rigidité de la charnière rendent le geste possible, mais beaucoup moins naturel qu’à l’époque. Et puisqu’on parle de l’ergonomie, je trouve les touches de volume un peu trop petites et proches du bouton d’alimentation pour les utiliser facilement à l’aveugle. Ce dernier fait d’ailleurs office de capteur d’empreintes, ce qui présente surtout l’intérêt de pouvoir le déverrouiller d’un geste lorsqu’il est replié.

Motorola Razr 70 Youtube
© Manuel Castejon / Presse-citron

C’est davantage par ses textures que le Razr 70 tente de se démarquer. L’aluminium du cadre et le verre des deux écrans sont lisses, tandis que la partie inférieure du dos est recouverte d’une sorte de caoutchouc texturé aux couleurs Pantone. Bright White (blanc), Hematite (Gris) ou un magnifique Sporting Green (vert) sortant des sentiers battus. Une originalité qu’on apprécie.

Motorola Razr 70 Dos
© Manuel Castejon / Presse-citron

Deux écrans pour deux fois plus de bonheur

Un des intérêts majeurs du format, c’est la présence de deux écrans, l’un pliable, à l’intérieur, et le second, externe et plus petit, pour consulter rapidement une notification par exemple. Sur le plan technique, Motorola n’oublie rien. À l’intérieur, c’est une dalle pOLED de 6,9 pouces au format 22:9 qui occupe la majorité de l’espace. Elle profite d’une définition Full HD+ (2640 x 1080 pixels) et d’un taux de rafraichissement variant de 1 à 120 Hz grâce à la technologie LTPO. La pliure est peu visible, mais tout de même présente lorsque la lumière se reflète dessus ou au toucher que l’on passe son doigt. À l’extérieur, l’écran de 3,6 pouces recouvre 65 % de la surface disponible, entourant les objectifs, et n’a pas à rougir de sa qualité. On dénote notamment la présence de la compatibilité HDR10+ et Dolby Vision, bien que sa petite taille ne le destine pas aux soirées cinéma.

Motorola Razr 70 Ecran
© Manuel Castejon / Presse-citron

Mon principal grief avec ce type de smartphones réside dans les formats choisis. Pour la dalle principale, le format 22:9 allongé se prête fort aux sessions de scrolling sur les réseaux sociaux, mais beaucoup moins aux vidéos qui souffrent de la présence d’imposantes bandes noires verticales de part et d’autre. Le petit écran est quant à lui limité à la consultation des notifications, aux réponses et aux petits ajustements (changement de musique…), bien qu’il soit compatible avec de nombreuses applications. Sa taille et son format le restreignent forcément, d’autant que les objectifs occupent une place non négligeable, venant parfois rogner sur l’interface ou les textes. On peut tout lancer, mais tout n’est pas forcément optimisé pour ce format. En revanche, quel bonheur d’avoir accès à ses widgets en un coup d’œil.

Motorola Razr 70 Video
© Manuel Castejon / Presse-citron

Côté luminosité, Motorola annonce un pic à 3 000 nits, atteignable uniquement sur une surface réduite et dans certaines conditions très précises. En réalité, l’écran monte rarement (jamais ?) aussi haut, mais reste relativement lisible en plein soleil. Son revêtement plastique inhérent au format souffre toutefois des reflets, en plus d’attirer fortement la poussière et de marquer les traces de doigts.

Motorola Razr 70 Pliure
La pliure se révèle à la lumière © Manuel Castejon / Presse-citron

Des performances correctes

Continuons le tour du matériel en soulevant son capot. Dans ses entrailles, on trouve un processeur MediaTek Dimensity 7450X, un concurrent au Snapdragon 7S Gen 4, ainsi que 8 Go de RAM et 256 Go de stockage. Autant dire qu’il se positionne tout juste comme du milieu de gamme. Il s’accompagne tout de même du Wi-Fi 6E et du Bluetooth 5.4, bien que ce ne soit pas les dernières normes disponibles.

Sur des jeux légers ou bien optimisés, le Razr 70 ne rencontre aucun problème. Asphalt tourne par exemple à 60 FPS avec ses paramètres au maximum. Il en va presque de même pour Diablo Immortal qui souffre de quelques ralentissements lors des changements de zones ou des combats intenses, mais reste tout à fait jouable avec les graphismes en “élevé”. Même Fortnite, pourtant gourmand, reste jouable, malgré des baisses assez conséquentes du nombre d’IPS par moments et le chargement de certaines textures visibles en jeu.

Screenshot 20260715 215920 Fortnite
© Manuel Castejon / Presse-citron

Le plus gros défaut de cette puce et de son GPU (un Mali-G615 MC2), c’est la perte d’énergie et l’impact que cela peut avoir sur la batterie. Sur des charges lourdes, on sent le téléphone monter en température et sa batterie se vide à vue d’œil. Quinze minutes de Fortnite, c’est 7 % de batterie en moins.

Un logiciel agréable au support trop court

Malgré ces quelques accros de performances, l’usage au quotidien reste exemplaire de fluidité. La base Android 16 n’est pas alourdie à outrance et reste très proche de la vision de Google, bien qu’on dénote une demi-douzaine d’applications préinstallées (plutôt Perplexity, LinkedIn, Facebook, Instagram, Amazon Music et Opera), ainsi qu’une douzaine de mini-jeux pour l’écran secondaire, absents du tiroir d’applications et n’occupant que quelques Mo à tout casser sur la mémoire du téléphone.

Motorola Razr 70 Apps
© Manuel Castejon / Presse-citron

Le modèle d’IA générative embarqué pèse pour sa part pour près de 1 Go sur les 256 disponibles. Et pour cause… En plus de Gemini déjà présent, Moto AI est particulièrement mis en avant. Cette application utilise un LLM pour créer des images à partir d’un prompt et/ou d’un schéma, une playlist audio, obtenir un débrief de vos notifications ou enregistrer, transcrire et résumer un fichier audio.

Pour être honnête, j’aurais préféré que l’argent investi dans cette fabrique d’avatars malaisants serve plutôt à maintenir le logiciel à jour plus longtemps. Avec seulement trois ans de mises à jour majeures et cinq de patchs de sécurité, Motorola compte parmi les pires élèves du marché. À titre de comparaison, Samsung promet sept ans de mises à jour sur son Flip. Plus du double !

Malgré ce défaut, on apprécie l’interface de Motorola pour sa fluidité et ses petites fonctions supplémentaires. Approchez votre main pour activer l’écran externe, glissez votre doigt sur le bouton d’alimentation pour ouvrir le volet de notifications ou pour zoomer, divisez l’écran en deux avec trois doigts, secouez deux fois le téléphone pour allumer la torche… Les gestes ne manquent pas et ajoutent une certaine simplicité au quotidien.

Photo et vidéo

Par rapport à un smartphone traditionnel, les pliables sont généralement plus limités au niveau de leur configuration photo, en raison de la place nécessaire aux autres composants (charnière, écran externe…). Ce n’est donc pas une grande surprise de voir seulement deux objectifs sur le Razr 70 : un grand-angle et un ultra grand-angle, couplés à un capteur de 50 Mpx chacun. Pour zoomer, il faudra donc passer par un grossissement hybride (numérique ou recadrage capteur) ou alors se rapprocher physiquement de votre sujet.

Motorola Razr 70 Photo
© Manuel Castejon / Presse-citron

L’appareil photo du Razr 70 est ce que l’on pourrait qualifier de “ni bon ni mauvais”, ou l’inverse. Suivant les conditions, vous obtiendrez un cliché au piqué décevant, aux couleurs criardes ou blafardes selon les sources de lumière et l’objectif utilisé (l’ultra grand-angle étant moins précis que le principal)… ou bien des photos naturelles, très bien équilibrées, avec une exposition gérée à la perfection. En un mot, inconstant. À titre personnel, j’aime beaucoup le rendu chaleureux et contrasté, mais la mise au point laisse trop à désirer pour lui vouer une confiance aveugle. Notons tout de même que malgré l’absence de téléobjectif, le x2 reste tout à fait correct. Au-delà, c’est plus compliqué.

À l’avant, même combat. Avec son capteur de 32 Mpx, il est aussi bien capable de réaliser des selfies de qualité, bien exposés et parfaitement nets… que d’autres un peu flous et souffrant d’un voile blanc tuant le contraste. Toujours est-il qu’il sert plutôt pour des échanges vidéos sachant qu’il est facile, grâce à l’écran externe, d’utiliser le module principal pour se prendre en photo. Autant en profiter, c’est l’un des principaux attraits du format. Motorola propose d’ailleurs d’activer des animations sur l’écran secondaire pour attirer l’attention des enfants lorsque vous les photographiez et active automatiquement un compte à rebours quand vous le retournez pour prendre la photo sans avoir à chercher le déclencheur.

En vidéo, cet écran supplémentaire couplé au format atypique s’avère également commode, notamment pour les vlogs. Il suffit de plier le smartphone à 90°, de lancer la capture et de se filmer sans avoir besoin d’un trépied ni risquer de voir le téléphone glisser au milieu de la prise. Dommage que la qualité soit limitée au 4K30 (ou FHD60). Le Z Flip 7 monte pour sa part jusqu’au 4K60.

Batterie

Malgré son petit format, le Razr 70 embarque tout de même une batterie de 4800 mAh. En complément de sa puce de milieu de gamme, cela lui permet de ne pas démériter par rapport à un smartphone traditionnel. Pour autant, la perte d’énergie sur les tâches lourdes le pénalise. Autant il est plutôt simple de tenir un jour et demi, voire deux, avec un usage basique, autant la batterie a tendance à fondre comme les glaciers du monde entier en plein réchauffement climatique dès lors que l’on lance un jeu.

Motorola Razr 70 Usb
© Manuel Castejon / Presse-citron

Sa charge monte quant à elle à 30 W, ce qui n’est pas particulièrement impressionnant dit ainsi. Pourtant, cela suffit à remplir la quasi-totalité de sa batterie en 45 minutes environ. Seuls les derniers pourcents font gonfler le timer. Autre bon point : le Razr 70 est compatible avec la charge sans fil à 15 W. C’est lent, mais cela répondra au moins aux demandes des ayatollahs du Qi.

Notre avis sur le Razr 70

Le Motorola Razr 70 est un pliant convaincant. Il a de nombreux atouts à faire valoir, notamment son design, ses écrans ou encore sa couche logicielle complète.

J’achète le Motorola Razr 70

Il présente néanmoins quelques défauts de taille, comme ses photos inconsistantes ou son support bien trop court pour rivaliser avec les grands du marché. Le problème, c’est qu’en arrivant plus tard, il affronte le Galaxy Z Flip 7 sur la même tranche tarifaire, bien que ce dernier ait été lancé plus cher. Et à prix identique, il est difficile de le préférer à l’étalon de Samsung, à moins que l’offre avec les écouteurs et la montre soit vraiment intéressante pour vous. Dans ce cas, dépêchez-vous !

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Motorola Razr 70

799 €
7.1

Design

9.0/10

Performances

7.0/10

Photo

7.5/10

Autonomie

7.0/10

Rapport qualité-prix (hors promo)

5.0/10

On aime

  • Design réussi
  • Écran externe complet
  • Système fluide et bourré de fonctions
  • Charge sans fil et charge "rapide"

On aime moins

  • Le Z Flip 7 au même prix
  • Des photos inégales
  • Trop peu de mises à jour