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Test du Nothing Phone (4a) : style unique, prix tout doux

On a testé le Nothing Phone (4a), un téléphone qui malgré son positionnement tarifaire bas arrive à remplir le cahier des charges. Cerise sur le gâteau : il ne ressemble à aucun autre.

Nothing n’est plus la marque inconnue qu’elle était à son lancement en 2020. Près de six ans plus tard, l’entreprise britannique fondée par Carl Pei est déjà reconnue pour la qualité et l’originalité de ses produits. En 2025, nous avions par exemple attribué la note de 9,1/10  au Nothing Phone (3a) Pro.

Avance rapide jusqu’à aujourd’hui. Nous sommes désormais en 2026 et c’est au tour du Nothing Phone (4a) de faire ses preuves. La ligne directrice reste la même : un design unique, des fonctions pratiques, des performances et un appareil photo de qualité, mais aussi des idées IA et communautaires.

Autre point très important : son tarif. Avec un prix d’appel à 349 euros pour la version 8+128 Go et 429 euros pour la version 12+256 Go, il se démarque de ses principaux concurrents comme le Pixel 10a (550 euros) ou le Samsung Galaxy S25 FE (entre 500 et 600 euros à l’heure de la rédaction de ces lignes). Le Samsung Galaxy A57 n’a pour sa part pas encore été annoncé, mais son prédécesseur démarrait à 499 euros.

Ce qu’on aime avec le Nothing Phone (4a)

Son design unique

Qu’on apprécie ou non ce design, force est de constater que les Nothing Phone sont immédiatement reconnaissables. À titre très personnel, j’ai toujours détesté l’effet transparent dans la tech, et ce depuis la première GameBoy offerte par mes parents pour Noël. Cela ne m’a pas empêché pour autant d’apprécier les précédents Nothing ayant opté pour une transparence qui ne révèle pas directement les composants. Cependant, le design devient aussi de plus en plus sobre à chaque génération, c’est là la rançon de la maturité.

Nothing Phone 4a Arriere Photo
© Manuel Castejon / Presse-citron

Mes goûts mis à part, puisqu’ils n’engagent que moi, le Nothing Phone 4a adopte des codes esthétiques uniques à la marque et immédiatement reconnaissables, mais les adapte tout de même pour rester dans les canons actuels. Tranches plates, poids dans la moyenne (204,5 grammes), boutons facilement accessibles, vous ne serez pas dépaysés.

On peut cependant noter quelques éléments trahissant son placement tarifaire réduit, comme ses bordures aussi épaisses que celles du Pixel 10a (4 mm) ou son dos en plastique. Sa certification IP64 est également un peu juste, mais Nothing indique l’avoir testé à l’immersion dans 25 cm d’eau pendant 20 min. C’est en dessous des 30 minutes à 1 mètre nécessaires pour une certification IPx7, mais c’est toujours rassurant si vous êtes du genre à laisser tomber votre téléphone dans l’évier ou les toilettes.

Un écran qui gagne en définition

On n’avait pas grand-chose à reprocher à l’écran Full HD du Phone (3a) Pro, mais le Phone (4a) monte quand même en gamme avec sa définition 1,5K (1224 x 2720 pixels). Avec sa diagonale de 6,78 pouces, cela représente une densité de 440 PPP. On reste toutefois sur un écran Oled LTPS (Low Temperature Polycrystalline Silicon), ce qui signifie que l’écran n’adapte pas son taux de rafraichissement pour s’aligner sur celui du contenu, mais sur des valeurs fixes (30, 60, 90 ou 120 Hz). Une différence qui ne devrait pas trop se ressentir à l’œil néanmoins, le principal avantage étant plutôt au niveau de l’autonomie.

Nothing Phone 4a Ecran
© Manuel Castejon / Presse-citron

Cette dalle gagne aussi en luminosité avec 800 nits typiques (ce qui n’est pas incroyable), mais surtout 1600 nits en pleine lumière et jusqu’à 4500 nits en pic localisé pour le contenu HDR. Concrètement, cela permet de conserver de la lisibilité même en plein soleil. Évitez tout de même une orientation directe sur une page sombre.

Précisons également que l’écran du Phone 4a affiche une profondeur de couleurs de 10 bits, alors qu’un flagship comme le Galaxy S26 Ultra reste encore limité à 8 bits. On pourrait penser que la différence n’est pas bien grande, mais puisqu’il s’agit de calculs de puissances, cela correspond à un passage de 16,7 millions de couleurs à 1,07 milliard. C’est un peu plus parlant.

Des performances suffisantes pour la plupart

Ce n’est pas son point le plus impressionnant, mais le Nothing Phone 4a s’en sort plutôt correctement en jeu. Son Snapdragon 7s Gen 4 n’est pas un petit nouveau, on l’a déjà testé sur le Poco M8 et le Redmi Note 15 Pro+. Ce n’est pas la plus avancée des puces, mais elle trouve un juste milieu entre puissance et consommation réduite.

Nothing Phone 4a Fortnite
© Manuel Castejon / Presse-citron

Ici, deux cas de figure se présentent. Soit vous jouez à Fortnite et vous trouverez peut-être que les compromis à faire pour tenir les 60 FPS sont trop importants (qualité sur Moyen, Résolution 3D à 75 %, ce qui n’empêche pas d’arriver dans le TOP10 sans difficulté), soit vous n’y jouez pas et dans ce cas tout devrait aller pour le mieux. En 2026, les jeux disponibles sur le Play Store demandent rarement une débauche de performances. Vous n’aurez donc aucun mal à jouer à Genshin Impact, Where Winds Meet ou Asphalt sans repérer la moindre latence.

Alors oui, ce n’est pas le foudre de guerre que peut être un smartphone haut de gamme avec un Snapdragon 8, mais pour la majorité des utilisatrices et utilisateurs, ce sera largement suffisant.

Excellente polyvalence en photo (de jour)

Le Nothing Phone 4a est équipé de trois modules photo. Un capteur principal (Samsung GN9) de 50 Mpx (f/1.88, OIS), un téléphoto de 50 Mpx (Samsung JN5, f/2.88, OIS) pour un zoom optique x3,5 et un ultra grand-angle (Sony IMX355) de 8 Mpx (f/2.2). Il est en outre possible de recadrer dans le capteur du téléphoto pour obtenir un zoom x7 “sans perte” et jusqu’à x70 en grossissement numérique. À ce tarif, peu de smartphones proposent une telle polyvalence.

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Le x7 est chouette à utiliser © MC / PC

C’est d’autant plus vrai que le téléobjectif n’a pas à rougir de la qualité du capteur principal. Même avec un grossissement x7, la qualité en plein jour est au rendez-vous. La plage dynamique reste un peu plus faible que sur le capteur principal néanmoins. Il faudra donc faire attention aux forts contrastes si vous ne voulez pas vous retrouver avec un ciel tout blanc, mais le piqué est bon, de même que la stabilisation.

L’ultra grand-angle n’est pas aussi détaillé, ce qui semble plutôt cohérent avec sa définition de 8 Mpx seulement. Les bords sont légèrement déformés, plus flous et voient apparaître quelques aberrations chromatiques, mais rien de bien alarmant sur une telle focale. Malgré ces défauts, l’équilibre des photos reste bon, ce qui permet de passer d’un équivalent 15 mm à un équivalent 160 mm facilement en pleine journée.

Enfin, terminons avec l’appareil selfie et son capteur de 32 Mpx (Samsung KD1). Le piqué est bon et le mode portrait ne tombe pas dans les pièces les plus élémentaires. On perd en netteté de nuit, mais ça reste acceptable sur cette gamme de prix.

Nothing OS et le Glyph

Nothing OS est une jeune interface, mais très appréciable. Elle tire parti de la personnalisation offerte par Android avec un niveau de finition proche de celui d’iOS. En appliquant son thème maison comprenant des icônes personnalisées et une police d’écriture stylisée (baptisée NDot), Nothing assure une unité de style dans tout le système.

Nothing Phone 4a Accueil
© Manuel Castejon / Presse-citron

Ajoutez à cela de nombreux widgets maison, un support natif des AirPods et la Glyph Bar et vous obtenez encore une fois des fonctionnalités uniques en leur genre. La Glyph Bar, ce sont sept diodes alignées à l’arrière du téléphone et pouvant servir différents buts. Vous lancez un minuteur ? La barre va se remplir graduellement. Vous recevez un appel ? Chacun de vos contacts se voit attribuer un schéma de clignotement qui lui est propre afin de voir en coup d’œil de qui il s’agit, même lorsque votre téléphone est face contre table. Ce sont de tout petits ajouts, mais ils apportent ce petit truc en plus qui fait qu’on regarde un peu moins son écran et plus le dos du téléphone. En outre, le réglage peut être minutieux, avec un schéma de clignotement différent selon les personnes, l’application, ou bien même une mention dans une notification. Et bien sûr, il est aussi possible de définir des plages horaires sans clignotement ; vous n’avez peut-être pas envie que votre chambre à coucher ressemble à un phare.

Nothing Phone 4a Glyph Bar
© Manuel Castejon / Presse-citron

Autre fonction propre à Nothing : l’Essential Space. Sur la tranche gauche du Phone 4a se trouve un bouton légèrement différent de ceux de droite. Lisse et brillant, il prend une capture d’écran lorsqu’on appuie dessus. On peut alors la redimensionner et ajouter une note, qu’elle soit rédigée ou vocale, puis la classer dans une collection si on le souhaite. Vous voulez vous souvenir de certains messages reçus sur votre messagerie préférée ? Des restaurants qu’on vous a conseillés ? Des films et séries que vous voyez passer sur les réseaux sociaux ? Des recettes de cuisine ? Enregistrez-les dans votre espace !

Nothing Phone 4a Essential Key
© Manuel Castejon / Presse-citron

L’idée est très bonne, mais arrive un peu tard. Dans un monde où le contenu vidéo prend le dessus sur l’image, un simple screenshot est souvent insuffisant. De plus, on aimerait aussi pouvoir étendre la zone de capture pour les longues pages web ou les annoter visuellement, ce qui est toujours impossible à l’heure actuelle. La fonction reste néanmoins prometteuse et l’intégration derrière un bouton physique la rend tout de même pratique au quotidien.

Une charge rapide sur une bonne batterie

Avec une batterie de 5080 mAh, le Nothing Phone (4a) peut tenir 17 heures en utilisation mixte selon Nothing. Une donnée qui correspond à peu près à ce que nous avons nous-mêmes constaté. On n’est pas sur la démesure que procure une batterie silicium-carbone moderne, mais vous pouvez pousser jusqu’à deux jours d’utilisation sans trop forcer. Tout semble pensé pour consommer le moins d’énergie possible et cela se ressent notamment par sa faible déperdition d’énergie en veille.

Nothing Phone 4a Usb
© Manuel Castejon / Presse-citron

Ajoutez à cela une charge à 50 W capable de faire un plein d’électrons complet en un peu plus d’une heure et vous avez un bon combo pour ne jamais vous retrouver dans des situations délicates. À condition de déjà posséder le bloc secteur idoine toutefois, il n’est pas fourni dans la boîte.

Ce qu’on apprécie moins sur le Nothing Phone (4a)

Un support logiciel trop limité

Nothing étant une petite marque jeune, elle n’a pas encore la force de frappe d’un Samsung ou d’un Google pour le support long terme de ses produits. Le Nothing Phone 4a en fait les frais avec seulement trois mises à jour majeures d’Android et six ans de patchs de sécurité.

La plupart des concurrents se sont alignés pour proposer de 5 à 7 ans mises à jour majeures d’Android, ce qui place Nothing parmi les mauvais élèves. En 2026, on attend des téléphones qui durent de longues années, aussi bien sur le plan matériel que logiciel.

La photo de nuit

S’il n’y a rien à redire sur la qualité photo dans de bonnes conditions lumineuses, il en va autrement de nuit. Quand la lumière vient à manquer, le résultat est en revanche bien plus aléatoire. On peut le voir dans les exemples ci-dessous. Les zones sombres sont vite bouchées, rendant le résultat trop obscur et contrasté. Cela peut mettre en valeur certaines sources de lumière, mais le reste s’efface et perd en détail.

La mise au point devient plus erratique, de même que la balance des blancs. On se retrouve rapidement avec un cliché flou, à très fort contraste et avec un delta colorimétrique penchant dans le jaunâtre. On dirait une IA générative entraînée sur des images conçues par une IA qui se serait elle-même entrainée sur de l’IA. À dire vrai, je ne serais pas étonné de voir mon chat équipé de sept doigts à chaque patte sur une photo.

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Après 9 photos, c’est peut-être la moins pire © MC / PC

Dans ces conditions, l’ultra grand-angle perd également en qualité. Chaque mouvement devient évanescent, les visages tirent sur le Picasso et les textures laissent leur place à un aplat un peu flou au mieux, baveux au pire. À utiliser plutôt de jour donc, même si les lumières sont bien rendues, sans trop virer au halo lumineux.

Notre avis sur le Nothing Phone (4a)

Le Nothing Phone (4a) ne compte pas rivaliser avec les smartphones premium, il lui manque encore quelques éléments pour cela, notamment concernant la photo de nuit et le support logiciel. Pour autant, il présente d’autres arguments de taille pour séduire, à commencer par une fiche technique taillée pour le grand public, trouvant les bons compromis pour plaire au plus grand nombre sans gonfler inutilement la facture.

Nothing Phone 4a Face
© Manuel Castejon / Presse-citron

Ce qui marque vraiment avec Nothing, ce sont tous les petits à-côtés. La Glyph Bar, l’Essential Key (même si c’est encore très incomplet), les Essential Apps, etc. Le tout est par ailleurs très bien intégré grâce au design immédiatement reconnaissable apposé à l’ensemble de l’interface. Cela en fait un téléphone unique qu’on apprécie vraiment utiliser au quotidien et surtout avec un très bon rapport qualité-prix.

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Nothing Phone (4a)

349 €
8.3

Design et écran

8.5/10

Performances

7.5/10

Photo / vidéo

7.5/10

Autonomie

8.5/10

Rapport qualité-prix

9.5/10

On aime

  • Très polyvalent en photo de jour
  • Une identité vraiment unique
  • Nothing OS est une interface originale et bien conçue
  • Très bon rapport qualité-prix global

On aime moins

  • La photo de nuit trop aléatoire
  • Le support logiciel trop court
  • Certification IP un peu faible
  • Pas spécialement taillé pour le jeu