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Nucléaire : les Etats-Unis certifient leur premier petit réacteur modulaire

Les Etats-Unis viennent de certifier le design de petit réacteur modulaire de la firme NuScale.

La Commission de réglementation nucléaire des États-Unis (NRC) vient de publier un communiqué de presse dans lequel on apprend que l’agence “a demandé à son équipe de délivrer un arbitrage final qui certifie le design de petit réacteur modulaire de NuScale aux Etats-Unis”. Les autorités américaines viennent ainsi de valider leur tout premier petit réacteur modulaire (PRM).

La NRC ajoute que son sceau “signifie que le design [de NuScale] répond aux obligations de sécurité applicables de l’agence”. Les PRM sont une technologie de réacteurs nucléaires plus petits, plus sûrs, et plus rapides à installer là où se trouve la demande en énergie. Ils contiennent peu de matière fissile ce qui réduit d’autant le risque de contamination en cas d’accident.

Les Etats-Unis pourraient être les premiers à adopter la technologie des petits réacteurs modulaires

On peut installer plusieurs modules dans une même centrale pour répondre au cahier des charges de l’installation. La première centrale de NuScale, baptisée Carbon Free Power Project, devrait générer de l’électricité dès 2029. Elle contiendra au début six modules pour une puissance totale de 462 MW. Mais la NRC semble être d’accord pour faire monter la puissance jusqu’à 600 MW avec un total de 12 modules.

En cas de problème, chacun de ses modules est capable de s’arrêter immédiatement en toute sécurité sans intervention humaine. Ces modules ne requièrent pas d’être alimentés électriquement après un arrêt d’urgence – au contraire des réacteurs conventionnels qui requièrent en permanence de l’électricité pour alimenter les pompes qui refroidissent le combustible.

En cas d’accident sur un PRM, l’entrée d’eau et la sortie de vapeur se coupent, et un deuxième jeu de vannes s’ouvre à l’intérieur pour dépressuriser la vapeur dans l’enceinte de confinement du module. En se condensant, l’eau ruisselle sur le coeur, et le cycle de refroidissement continue de manière passive, par évaporation / condensation – sans la moindre contamination externe.

Les modules eux-mêmes sont submergés dans de grandes piscines, elles-même protégées par une enceinte de confinement. De sorte que même en cas de catastrophe la contamination radioactive restera a priori confinée dans la centrale. La certification des PRM de NuScale est en soit une grande victoire pour la technologie. NuScale a entamé les démarches 6 ans plus tôt, en 2016.

Lire aussi – Mini-réacteur nucléaire – qu’est-ce que c’est et pourquoi la France veut en construire ?

Les Etats-Unis, la Chine et la Russie font pour l’instant principalement figure de pionniers avec de nombreux concepts de PRM à des stades de développement plus ou moins avancés. Mais l’Europe et la France s’intéressent également à la question depuis quelques années. En France, Naarea et Assystem se sont par exemple récemment associés pour développer leur propre PRM, baptisé XSMR.

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4 commentaires
4 commentaires
  1. La bonne technologie est les sels de fluor fondu avec comme combustible le Thorium.
    Le refroidissement par air et aucune utilisation de sodium qui est inflammable à l’air et explosif à l’eau. Le feu sur le surgenetateur japonais à précipité l’arrêt de super phénix !
    C’est la sécurité passive de ces modules qui prime sur leurs efficience… A méditer quand ils seront installés dans des pays en voie de développement. Ce n’est pas uniquement pour les pays riches.
    Certains ont oublié ce feu… Dont le super messie Bill Gates avec son projet au nitrium (changement de nom du sodium)

  2. Une remarque de forme : les installations ne sont pas submergées (!) mais immergées dans une grande piscine.
    Et une remarque de fond : on ne cite que les avantages (réels) de ce petit réacteur, notamment le fait qu’il ne contienne que peu de matière fissile (l’uranium).
    Certes, mais la contrepartie est évidente : il produit aussi moins d’électricité que les grands réacteurs !!!
    Et même : si on compare un “grand réacteur” de 600 MW et 12 modules de “petits réacteurs” de puissance totale équivalente, ces derniers consomment davantage d’uranium car les fuites neutroniques sont plus importantes (les cœurs de réacteurs sont moins optimisés).

Les commentaires sont fermés.