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Fintech

Onlyone : « repositionner la banque au coeur de la société et de l’économie réelle »

Co-fondateur d’Onlyone, Kamel Nait-Outaleb évoque en avant-première la première néo-banque à impact positif.

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Onlyone
© Presse-citron.net x Onlyonecard.eu

Avec ses associés, Kamel Nait-Outaleb planche depuis un an sur la première néo-banque à impact positif. Conscients des enjeux sociétaux et environnementaux qui nous attendent, le trio d’entrepreneurs a mis au point une offre bancaire simplifiée – similaire à celle d’une N26 – avec une brique éco-responsable et sociétale. Elle s’adresse à tous ceux qui veulent mesurer et améliorer leur engagement pour une consommation plus responsable.

En attendant la version bêta en juin prochain, nous l’avons interviewé en avant-première.

Presse-citron : Une néo-banque qui se veut « solidaire, éthique, durable et universelle », c’est assez original. Pouvez-vous revenir sur l’origine du projet et nous détailler votre idée ?

Kamel Nait-Outaleb

© Kamel Nait-Outaleb

Kamel Nait-Outaleb : Pour revenir rapidement sur mon parcours, j’ai passé 17 ans à travailler pour différents établissements bancaires, en étant d’abord chargé d’accueil avant de monter progressivement au poste de directeur d’agence, puis de créer et diriger le Back Office Customer Due Diligence d’une banque internationale. En 2017, je décide de quitter mon emploi pour me lancer dans autre chose. Je venais d’avoir 40 ans et je me posais des questions quant au sens de ma vie professionnelle et familiale.

Les questions environnementales et écologiques me travaillaient déjà depuis un certain temps, et j’ai eu l’opportunité de creuser lors de mon second MBA. J’ai donc décidé de mettre à profit mon expérience dans la banque pour créer quelque chose de « différent ». Avec la réglementation qui s’est structurée – et notamment avec la DSP2 qui facilite l’entrée de nouveaux acteurs dans le paysage financier – et les outils qui sont disponibles sur le marché, créer une néo-banque est moins compliqué qu’auparavant.

Partant de ce constat-là, j’ai planché sur un projet pour repositionner la néo-banque au coeur de la société, de l’économie réelle et des enjeux – sociétaux et environnementaux – que l’on va devoir relever dans les années à venir.

Presse-citron : Une banque éthique et solidaire peut-elle offrir les mêmes services qu’une néo-banque classique ? Quel abonnement sera proposé aux utilisateurs ?

Kamel N-O. : Onlyone, c’est une néo-banque qui offre les mêmes fonctionnalités que les N26, Revolut ou le Compte Nickel. Nous mettons à disposition de nos utilisateurs un compte de paiement, une carte bancaire ainsi qu’une palette de services pour faciliter la gestion de leurs finances au quotidien : virements, prélèvements, wallet d’épargne, arrondis supérieurs, blocage et déblocage de cartes etc.

Mais à la différence de ces néo-banques, Onlyone va avoir un impact positif. De plus, la gratuité ne permet pas d’être dans l’action, nous proposons donc un abonnement qui sera du même ordre que les offres payantes des autres néo-banques. Nous voulons construire avec nos clients un modèle éthique et responsable. Les néo-banques actuelles capitalisent sur des levées de fonds pour financer leur activité.

On a envie d’être la néo-banque qui va à contre-courant du principe de fonctionnement des néo-banques actuelles. Aujourd’hui, elles se rémunèrent en majeure partie sur les commissions d’interchange (faibles en Europe, NDLR) sur chaque transaction réalisée. Autrement dit, elles vont inciter leurs utilisateurs à consommer pour générer des revenus et atteindre la rentabilité. Avec Onlyone, nous voulons pouvoir dire à nos clients : « Avons-nous vraiment besoin d’acheter ça ? Avons-nous besoin de dépenser autant sur ce poste – qui est très polluant ? ». Bref, on est sur une philosophie qui est complètement inverse.

« Avons-nous vraiment besoin d’acheter ça ? »

Presse-citron : En tant que néo-banque à « impact positif », avez-vous prévu des outils spécifiques pour éduquer et accompagner vos utilisateurs dans leur démarche éco-responsable ?

Kamel N-O. : Oui, nous avons l’ambition de fournir à nos utilisateurs tous les outils pour les aider à agir de manière plus responsable. On est sur une politique du moindre effort où on dit à nos clients : « on vous accompagne, vous n’avez rien à changer – c’est juste que vous avez tous les outils en main pour avoir un impact positif, et un compte qui fait du bien à la planète et à la société ».

Par exemple, notre application mobile leur donnera une estimation de l’empreinte carbone liée à chacune de leurs dépenses. Avec tous les détails du compte, on accède à la meilleure photographie – en temps réel – que les utilisateurs puissent avoir de leur consommation. Nous les encouragerons dans leurs efforts du quotidien – que ce soit pour réduire la facture de leur chauffage, ou pour une utilisation moins assidue de leur voiture. Il y aura une deux effets visibles et directs : la réduction de leur facture, et la baisse des émissions de CO2. Les bons élèves pourront même être récompensés.

« une estimation de l’empreinte carbone de chacune de leurs dépenses »

Nous avons également imaginé un « éco-coach » : notre volonté est de mettre les données au service du bien en fournissant des recommandations à nos utilisateurs. Cela peut passer par des défis, de la promotion ou du cash back sur des marques éco-responsables comme Biocoop ou Vinted.

Enfin, nous allons également rétrocéder un euro par mois sur chacun des abonnements qui sera ensuite versé sur un wallet et dédié à un projet durable. C’est le client lui-même qui choisira de l’allouer à tel ou tel projet – des projets qui s’inscrivent tous dans les objectifs de développement durable fixés par l’ONU. Pour vous donner quelques exemples, ça peut être contribuer à un projet de parc éolien pour compenser son empreinte carbone ou encore soutenir des populations démunies qui subissent comme nous le réchauffement climatique.

Presse-citron : Où en êtes-vous du développement de votre service ? Avez-vous déjà réalisé une levée de fonds pour financer vos premiers mois d’activité ?

Kamel N-O. : Pour nous lancer, nous avons fait appel à des investisseurs qui ont eu cette volonté d’investir dans des projets à impact positif. Leur philosophie est de financer des projets responsables, tout en ayant un objectif de rentabilité plus mesuré.

Pour notre infrastructure technique, nous avons choisi de collaborer avec Treezor. C’est aujourd’hui une solution efficace et rapide pour lancer une néo-banque, et dont les résultats sont avérés. Cette société collabore déjà avec des partenaires établis comme Qonto, Lunchr ou Shine en leur fournissant des API sécurisées à toute une gamme de services bancaires. Le lancement est prévu pour le mois de juin. En attendant, nous avons ouvert les pré-inscriptions (lien disponible ici, ndlr).

Onlyone

Capture d’écran © onlyonecard.eu

Presse-citron : Quel sera le profil type du client d’Onlyone ? Le marché est-il aussi large que celui d’une néo-banque classique ?

Kamel N-O. : Nos clients, ce sont d’abord ceux qui sont actuellement insatisfaits de leur banque car ils ne partagent pas – ou plus – les valeurs qu’elles transmettent. Cela concerne notamment leurs investissements massifs dans les énergies fossiles, ou les autres investissements nocifs pour la société et la planète. Une large partie de notre audience sera constituée de personnes qui sont déjà actives sur la partie environnementale – et qui ont déjà des gestes éco-conscients. Ce n’est plus un phénomène de niche, c’est une tendance forte : il suffit de regarder les résultats des élections européennes où la liste EELV emmenée par Yannick Jadot a décroché plus de 3 millions de voix.

Mais nous visons encore plus large : les Millenials sont aujourd’hui en quête de sens, et ils se posent plus facilement la question de savoir si leur banque partage leurs valeurs. Si les clients d’un N26 ou Revolut ont aujourd’hui plutôt un profil de voyageurs (attirés par l’absence de frais à l’étranger, NDLR), ils passeront aussi à un moment par une prise de conscience des enjeux de la société. Et peut-être deviendront-ils à ce moment-là aussi nos clients…

Presse-citron : Comment avez-vous l’intention d’attirer vos premiers utilisateurs ?

Kamel N-O. :  Même en ce qui concerne l’acquisition client, nous l’allons pas faire comme les autres banques. Plutôt que d’aller dans la surenchère des primes de bienvenue, nous allons adopter une approche communautaire – plus proche de notre philosophie. Pour chaque nouveau pré-inscrit, nous nous engageons à planter un arbre grâce à notre partenaire Reforest’Action.

Notre deuxième idée est de prévoir un système de parrainage éco-responsable, nous voulons être la première néo-banque à envoyer à nos parrains un kit éco-responsable pour améliorer leurs actions au quotidien. On y retrouvera par exemple des ampoules basse consommation ou pourquoi pas des pommeaux de douche qui réduisent le débit.

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