C’est à la toute fin des années 70 qu’un tout nouveau support de stockage voit le jour, un support de stockage optique qui plus est : le DiscoVision (via MCA et Philips). Celui-ci a pour ambition d’enterrer les supports vidéo existants de l’époque, et notamment la sacro-sainte VHS. Quelques années plus tard, le DiscoVison devient LaserDisc, avec l’aide de Pioneer. Un LaserDisc à la technologie éminemment supérieure à celle d’une VHS, sorte d’hybride entre le CD et le vinyle, mais qui, malgré une certaine longévité, n’est finalement pas parvenu à imposer un nouveau standard dans les foyers.
Parce qu’on n’a pas toujours eu un écran 4K devant les yeux, un smartphone OLED HDR dans la main et des manettes sans-fil sur les genoux, PasTech vous propose un petit retour rafraîchissant dans le passé, à la (re)découverte de certains produits emblématiques qui ont fait (ou pas) l’Histoire de la tech. Alors on dit 5, 4, 3, 0, et puis paf, PasTech !
Avant le DVD, le LaserDisc
Dès son lancement, le LaserDisc affiche ses ambitions en termes d’image, devançant alors très nettement la VHS et sa bande magnétique. Idem côté audio d’ailleurs, sans oublier une interface qui permet un système de chapitrage et la non nécessité de « rembobiner » une fois le contenu visionné. En somme, une révolution !

C’est révolutionnaire, c’est bigrement pratique, c’est “wow !!“, mais le LaserDisc, c’est aussi bigrement cher et bigrement lourd, et le support ne permet pas l’enregistrement… contrairement à la VHS. Aussi, dans un premier temps, seuls les cinéphiles les plus fortunés se laissent tenter par ces imposants disques d’un diamètre de 30 cm, lequels permettront à terme de profiter de tous les formats cinéma possible, du 1.33 au 2.35.

Il faudra attendre la fin des années 80 pour apercevoir enfin ces étranges « CD géants », à la taille comparable à un vinyle 33 tours, dans certains foyers. Là encore, seuls les plus cinéphiles (et les plus fortunés) pouvaient se laisser tenter par le format LaserDisc, puisqu’il fallait débourser pas moins de 3000 Francs environ pour s’offrir l’imposant lecteur dédié… Mais on pouvait profiter alors de pistes audio numériques de qualité CD, soit du PCM 16 bits à 44.1Khz, et le tout, en 1985 mon cher Marty !

Par rapport à des VHS parfois très longue durée, le LaserDisc souffrait aussi d’un défaut assez rédhibitoire, à savoir une capacité de stockage limitée, qui imposait de retourner le disque au milieu du visionnage, sans compter les films s’étalant sur plusieurs disques… Dans le cas du film Une Journée en Enfer, la Face A abritait les chapitre 1 à 11, quand la Face B contenait les chapitres 12 à 24.
Les lecteurs les plus évolués proposaient bien un changement automatique de face, mais cela figeait malgré tout l’image durant quelques secondes, parfois (souvent) d’ailleurs au beau milieu d’une scène.

Pour la petite anecdote, il existe également des LaserDisc en version “HD“, baptisés HiVision, et offrant une image de qualité supérieure, grâce à un meilleur encodage. Et si vous êtes un tant soit peu amateur de la saga DBZ (mais pas seulement), la vidéo ci-dessous, signée Guillaume Dorison, devrait vous passionner.
Ah le Laser Disc.. 🥰 @GDorison pic.twitter.com/16WSMojQ5K
— Game One (@gameone) September 8, 2022
Certes, le format apportait une vraie nouveauté côté audio, avec une meilleure qualité sonore (le DTS 5.1 notamment) sans oublier une image là encore nettement supérieure à la VHS, mais le confort de visionnage en prenait souvent un sacré coup. Idem du côté des lecteurs LaserDisc d’ailleurs, certains modèles étant capables de lire également les CD Audio, quand d’autres non, la lentille n’étant pas la même pour les deux usages.
A noter au passage que certains LaserDisc proposaient plusieurs langues, un peu (la technologie n’est pas identique) comme sur les DVD. Ainsi, une piste contient une langue, l’autre piste une autre langue, et il était alors possible de sélectionner la langue voulue avec son lecteur en passant d’un canal à un autre. Certains LD proposaient aussi une option MultiAudio, permettant ici de profiter d’un contenu avec uniquement la musique, sans le moindre dialogue. C’est le cas des films Saint Seiya sortis au Japon.
Le LaserDisc aussi au service du jeu vidéo
Pour la petite histoire, outre des films et dessins animés, le format LaserDisc a également été employé pour le jeu vidéo. Au milieu des années 80, certains chanceux ont ainsi pu découvrir en arcade les joies de titres tels que Dragon’s Lair bien sûr, mais aussi l’excellent Cobra Command, les deux Mad Dog McCree, le méconnu mais néanmoins excellent Space Ace (qui se termine en moins de dix minutes) ou encore l’incontournable Road Blaster.
Des jeux qui faisaient grassement appel à la Full Motion Video (FMV), et que l’on retrouvera également à foison sur Mega CD (pour ne citer que ce support), sans oublier des LaserDisc interactifs.

Néanmoins, malgré d’incontestables qualités, le format LaserDisc ne parviendra pas à bousculer la suprématie de la VHS, plus abordable, plus populaire, en plus (rappelons-le) de son côté réinscriptible, qui permettait par exemple d’enregistrer Télévisator 2 le mercredi matin ou encore Téléfoot le dimanche.

La qualité d’image est excellente, le son aussi, le format affiche une durée de vie plus conséquente, mais le LaserDisc est également (très) encombrant, et sera rapidement balayé par le format DVD durant la seconde moitié des années 90, le DVD venant gommer les principaux défauts du LD.

Toutefois, à l’instar du format vinyle, le LaserDisc conserve en 2022 une certaine aura auprès des nostalgiques, qui prennent un malin plaisir à (re)mettre la main sur certains films et autres animés si emblématiques des années 1980/1990, ne serait-ce que pour l’objet en lui-même, avec ces énormes pochettes façon “33 Tours” généralement assez sublimes, il faut bien l’admettre.
Terminator 2, Last Action Hero, Stargate, la trilogie Die Hard, La Guerre des Etoiles, L’Aventure Intérieure, Seven, Amadeus, Mars Attacks, The Mask, Les Griffes de la Nuit, Independence Day, Cliffhanger… Autant de films cultes que l’on peut retrouver au format LaserDisc aujourd’hui encore, à des tarifs tout à fait raisonnables. Mais pour combien de temps…?
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J’ai encore plusieurs centaines de Kader fisc et un lecteur pioneer qui fonctionne très bien. Du bon matos! Collector ! La belle époque!😘😘😘
Houla, 3000F… Un lecteur de CD-ROM coûtait 10 000F au début…
La meilleure application que l’on en a fait dans ma boîte (la première a faire un CD-ROM en France, pour la bibliothèque de Beaubourg) était un disque sur l’impressionnisme à Orsay, avec des lecteurs industriels ** un peu ** plus chers
L’ami de mon père avait un lecteur de laserdisc, il avait très peu de film car trouver un magasin qui vendait des laserdiscs, c’était du parcours du combattant lorsqu’il habitait dans une petite ville. J’ai regardé pour la première fois sur ce format le film Blade Runer. C’était pratique le changement de face, on se disait que c’était la pause pipi