C’est une page qui se tourne discrètement pour le géant américain du paiement. Après une décennie d’existence, PayPal s’apprête à fermer définitivement sa branche de capital-risque, PayPal Ventures. L’équipe, qui comptait encore plus de dix collaborateurs à la fin de l’année 2025, a été réduite à seulement deux personnes. Preuve de ce démantèlement en cours, la page web qui listait les employés du fonds a tout simplement été supprimée du site officiel.
Désormais, l’entreprise cherche activement à revendre ses parts dans les nombreuses startups qu’elle soutenait. Et pour y parvenir, elle a discrètement mandaté la puissante banque d’affaires Jefferies.
C’est un virage symbolique fort. Lancé en 2016, juste après la séparation de PayPal et d’eBay, ce bras financier gérait trois fonds d’une valeur totale de 850 millions de dollars. En dix ans, PayPal Ventures a injecté des capitaux dans plus de 80 jeunes pousses de la tech. Et parmi ses investissements les plus notables figuraient des poids lourds du secteur, comme le spécialiste de l’intégration bancaire Plaid ou le gardien de crypto-actifs Anchorage Digital.
Le grand ménage face à la crise du paiement
Ce démantèlement brutal survient à la suite d’un vaste coup de balai au sommet de la fintech. En février 2026, face à un plan de relance qui patinait et à une action en Bourse en chute libre, le conseil d’administration évinçait le PDG Alex Chriss. Son remplaçant : Enrique Lores, ancien patron de HP, et il doit absolument redresser la barre.
Car le diagnostic est sans appel. La vache à lait historique de PayPal, à savoir son bouton de paiement classique présent sur les sites d’e-commerce, patine. Ce segment à haute marge n’a progressé que de 1 % au dernier trimestre 2025. Pris en étau entre l’inflation qui pèse sur les ménages modestes et la concurrence féroce d’Apple Pay, de Stripe ou de la néobanque Revolut, PayPal perd du terrain sur son propre cœur de métier.
Pour rassurer les investisseurs de Wall Street, Enrique Lores a donc réorganisé le groupe en trois divisions : le paiement, les services grand public avec Venmo, et la crypto. Surtout, cette simplification s’accompagne d’une cure d’austérité drastique. PayPal prévoit de licencier environ 20 % de ses effectifs mondiaux au cours des deux à trois prochaines années. Ce sont plus de 4 500 postes qui vont disparaître, avec un objectif clair : économiser d’urgence 1,5 milliard de dollars. Le démantèlement de PayPal Ventures va dans ce sens.

Mutation stratégique vers les fondamentaux
La situation n’est pas catastrophique pour autant. Si le bouton de paiement historique souffre, d’autres services du groupe affichent une santé de fer. C’est le cas de Venmo, dont les revenus ont bondi de 20 % pour dépasser les 100 millions d’utilisateurs, ou encore du paiement fractionné, qui a généré plus de 40 milliards de dollars de transactions.
En fermant sa branche de capital-risque, PayPal arrête de s’éparpiller et concentre toutes ses ressources là où se joue son avenir. L’objectif du PDG est ainsi de réinjecter les économies réalisées dans la modernisation de son cœur de métier, notamment grâce à l’intelligence artificielle (IA), afin de rendre l’expérience d’achat plus fluide et compétitive.
- Après dix ans d’existence, le géant américain supprime discrètement sa branche de capital-risque et mandate une banque pour revendre toutes ses parts dans les startups.
- Cette décision fait suite à l’arrivée d’un nouveau patron pour redresser l’entreprise, alors que le bouton de paiement historique de PayPal fait du surplace face à Apple Pay et Stripe.
- Pour économiser 1,5 milliard de dollars et financer son virage vers l’IA, le groupe simplifie sa structure et prévoit de licencier 20 % de ses effectifs mondiaux.
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