Portraits de technomades : Olivier Pagès, trois chambres avec vue sur le monde

Travailler en tant que photographe, graphiste, traducteur et formateur, et vivre entre trois grandes villes européennes, voilà ce qui constitue presque le quotidien d’Olivier Pagès. Portrait d’un technomade aux multiples talents…

Interview réalisée par Fabrice, du blog Instinct Voyageur[1]. Cet article fait partie de la série « Technomades » qui dresse le portraits de blogueurs sans frontières qui parcourent le monde et parviennent à concilier leur passion du voyage avec une activité professionnelle, montrant qu’il est possible de l’exercer de n’importe-où grâce à internet.


Travailler en tant que photographe, graphiste, traducteur et formateur, et vivre entre trois grandes villes européennes, voilà ce qui constitue presque le quotidien d’Olivier Pagès. Portrait d’un technomade aux multiples talents…

Bonjour Olivier, pourrais-tu te présenter ?

Bonjour, j’ai 39 ans, suis français et travaille en tant que photographe, graphiste, traducteur et formateur (un vrai slasher) 😉 .
J’ai créé flysign, mon entreprise, en 2005 dans le but de gagner ma vie avec ce que j’aime faire.
Je vis entre Valence (Espagne), Zurich (Suisse) et Paris, jonglant entre les reportages photo, les formations en communication (langage, comportement, fidélisation client), formations produits dans le monde de l’automobile (présentation de nouveaux véhicules, nouvelles technologies, multimédia) et la créa de logo, de brochure et divers travaux graphiques.
Les aéroports sont quasiment mon 2ème domicile et j’adore ça 🙂
D’un naturel très curieux, je suis touche-à-tout et adore partager les découvertes avec mes amis et connaissances.
TechnoAdict, je dépense beaucoup (trop ?) d’argent dans les nouvelles technologies…
Mon trait particulier ? Un sac à dos toujours accroché à l’épaule car je ne peux pas me séparer de mon Nikon…

Comment en es-tu arrivé à ce mode de vie ?

Après avoir perdu mon poste d’employé dans le secteur des télécommunications en 2003 et 2 ans  sans emplois, j’ai décidé de joindre l’utile à l’agréable. J’ai crée une entreprise autour de ce que je sais faire. De surcroit, comme le voyage est une passion débordante et la photographie encore davantage, il m’était impensable de retourner bosser pour un patron et ne plus avoir de temps pour ce que j’aime. Du coup, quoi de mieux que d’en vivre ?

Tu es multi activité, comment arrives-tu à gérer ces pluralités au quotidien ?

En fait c’est plus simple que ça n’y paraît (même si les débuts étaient périlleux).
Pour tout ce qui touche à la formation, je suis les blogs, les sites web, la presse (1h-2h par jour en moyenne) afin de rester à jour et d’avoir suffisamment de contenu actuel pour mes formations.
Pour la photo, il existe plusieurs canaux et sources de travail. Le client en recherche de portrait, image d’illustration, photo type studio. Le client reportage et enfin le client de formation à qui je propose des photos en complément (reportage du sujet, illustration de la formation, etc.).
En matière de travaux graphiques, je travaille avec mon cousin à Paris et un collaborateur à Valence ainsi qu’un ami vidéaste à Zurich et nous combinons nos techniques, nos idées, nos inspirations. Nous y ajoutons évidemment certaines de mes photos et profitons de l’expérience acquise dans les cours de communication pour tout le côté commercial. Le tout agrémenté par les voyages et les déplacements, pas si dur au final.

L’essentiel pour gérer la pluralité au quotidien, est une bonne maitrise des outils de communication (ordinateur léger pour les déplacements – macbook air, ordinateur plus puissant pour les travaux de créas et développement photo), la synchronisation des données, dropbox, mobileme, sugarsync, ovi, etc… du matériel polyvalent, autant compatible en photo que pour les. Une compréhension du monde du télétravail, de l’utilisation de plateforme commune avec Dropbox p.ex. (une cliente bosse sur un template InDesign que je lui ai dessinée, elle l’enregistre sur notre classeur commun sur dropbox, je l’ouvre, la corrige, la referme et hop, le tour est joué. Que je sois à Paris, à NewYork ou dans mon lit, partout ça marche – avec une connexion internet ça va de soi.
Mais surtout le plus important est le facteur humain, savoir travailler avec des collaborateurs et partenaires de confiance pour la réalisation de travaux trop conséquent ou pour lesquels je n’ai simplement pas les compétences (et avec qui on aime travailler !!!).

Quelle est la répartition de tes revenus suivant tes activités ?
Actuellement, la formation est un secteur qui rémunère bien et laisse énormément de temps libre entre les jours de cours (un peu moins d’une centaine de jours par an).
Mon revenu est en francs Suisses, ce qui me permet de profiter d’un taux de change favorable et de travailler moins en vivant en Espagne le plus clair du temps, sans me priver pour autant.
La photo représente 60% de mon activité mais 25-30% des revenus (j’ai fait le choix de la liberté de création et ne souhaite pas être tributaire au risque de perdre la passion). Cette formule me permet de financer mon matériel, de combiner toutes les activités et de profiter de tous leurs avantages respectifs (réseaux, connexions, valeur ajoutée, contacts, publicité, etc). Du coup, il n’y a pas vraiment de « répartition » mais plutôt, une globalisation des activités pour en faire un métier complet.

Tes clients connaissent-ils ton mode de vie ? Quelles sont leurs réactions ?
Mes clients connaissent très bien mon mode de vie et en profite énormément. En termes de coût, n’ayant pas d’infrastructure physique, mes frais fixes sont réduits. Ils profitent de découvrir la primeur des nouvelles technologies utilisées et sont très gourmands d’informations :-).
De plus, certains me suivent désormais depuis quelques années sur facebook  pour « voyager » à travers mes photos et mes « aventures ».
En plus, au travers de mes voyages et mes contacts, j’en ai fait se rencontrer quelques-uns et le fruit de leurs/nos collaborations sont très enrichissantes

Où vis-tu ? Tu loues 3 appartements en même temps dans 3 villes d’Europe ?

Pour me ressourcer, à Valence.
Pour gagner ma vie, à Zurich.
Pour m’inspirer, à Paris….
Je loue une chambre à Valence, une à Zurich. Quant à Paris, je profite de rendre visite à ma famille, simplement…

Pourquoi ces villes ?

La Suisse pour l’aspect financier et car j’y ai vécu la majeure partie de ma vie. J’y ai donc un réseau social important.
Valence, car c’est au bord de la mer, bien desservi par les compagnies aériennes (les coûts sont intéressants également), que je souhaitais apprendre l’espagnol et que la vie est très bon marché (du coup, entre les projets, mes dépenses sont réduites au minimum et je profite de la vie méditerranéenne et donc du climat).
Et Paris car c’est la ville qui m’ennivre, m’inspire, m’enrichit. Qu’elle est le cœur de la photo, le centre névralgique de la créa européenne et que je m’y sens extrêmement bien.

Pourrais-tu nous décrire une semaine type ?
Je n’en ai pas vraiment, mais pour avoir un ordre d’idée :
je prends l’avion le vendredi soir Valence-Zurich, passe le week-end à l’élaboration d’une formation.
Lundi je donne un cours sur la télécommunication (nouveaux produits et services) avec un collaborateur (en suisse-allemand, à Zurich).
Le mardi, nous faisons la même chose à Montreux (même cours mais en français).
Le mercredi une danseuse à besoin de photo pour son portfolio, nous nous retrouvons sur le site, plaçons les lampes, faisons les images, nous asseyons à une terrasse, les consultons, les sélectionnons et je rentre pour les traiter sur Lightroom ou Photoshop.
le Jeudi, journée de tri des photos, je fais le tour de ma banque de données, fais le ménage, sélectionne quelques clichés intéressants et les traite pour tirage et éventuellement pour expo.
vendredi, je bosse sur un projet graphique, passe des coups de fils à mes collaborateurs pour les finitions images, textes, layouts etc. envoies le dossier à une cliente américaine pour révision.
Samedi, journée entre amis ou famille. Dimanche retour à Valencia pour une semaine entièrement dédiée au reportage photo et au traitement d’images… et ainsi de suite mais chaque semaine est différente, chacune apportant de nouveaux challenges, de nouvelles expérience, le pied, simplement !

Ton activité te permettrait-elle de voyager davantage en dehors de l’Europe ?As-tu des projets dans ce sens ?
Absolument elle me le permet et oui, j’ai des projets dans ce sens, notamment en photo. Cela dit, pour ce faire cela implique une plus grande partie de mon temps investi dans l’image et moins dans la formation. Pour ce faire, cela nécessiterais de trouver les financements nécessaires à couvrir les reportages et les projets internationaux. Mais comme on dit, chaque chose en son temps, ça se met en place petit à petit, et j’y crois, c’est le plus important !

Quels outils de techno nomade utilises-tu au quotidien ?

Comme cité précédemment,
– MacBookPro 15 pouces i7
– MacBookAir 13 pouces i5
– divers téléphones iOS, Symbian, Meego
– iPad
– Nikon D3 et D7000
– objectifs 14-24 2.8, 24-70 2.8, 70-200 2.8, 85mm 1.4 et 50mm 1.4
– flashs portatifs elinchrome
– tous les programmes de traitement d’images Lightroom, photoshop, DxO, Aerture, FinalCut etc
– les programmes bureautique Office et iWork
– des solutions de stockages physiques et dans le nuage.
– 2 serveurs de stockage backup (sécurité sur 2 zone géographiques distinctes)
et j’en passe…

Un dernier mot pour ceux qu’un tel mode de vie fait rêver ?

N’attendez pas d’avoir la « chance de peut-être un jour pouvoir… » foncez, essayez…
Le plus important est de savoir où l’on veut aller pour ensuite se concentrer sur la façon de s’y rendre, le chemin qui y mène est les plus fascinants !!
Le voyage, la découverte, l’apprentissage et les expériences acquises sont incroyables et tellement au dessus de tout le reste. Vivez de votre passion et vous vivrez heureux.


[1]Fabrice a réalisé plusieurs voyages au long cours. Il est cette fois-ci en Amérique du Sud pour plus d’un an. Il raconte ses voyages sur son blog Instinct Voyageur. Un blog qui lui permet de financer sa passion. Vous y trouverez interviews, réflexions, conseils pratiques et bons plans. Il y offre aussi Le Manifeste du Voyageur, un ouvrage de près de 70 pages sur les voyages et la vie nomade.

Photos : Olivier Pagès, extraites de son Facebook http://www.facebook.com/opages


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14 commentaires

  1. Raphaël Nadeau on

    Et la prochaine fois, vous nous présentez Jean-Luc MATTHYS d’etreheureux.fr?

    La boucle sera bouclée au moins 😉

  2. interview sympa et rafraichissante
    et comme disait bruel, le plus dur c’est pas d’aller a hong-kong, c’est de partir de bruxelles (ou une autre ville belge m’en souviens plus)

  3. Un récit passionnant. C’est très instructif et plutôt inhabituel comme profil car généralement les technomades sont développeurs ou référenceurs, pas forcément formateur/photographe.
    Par contre je n’aimerai pas être continuellement en vadrouille (aéroports …). Une fois qu’on a testé je trouve que c’est plus une contrainte de prendre l’avion régulièrement (même si ca fait réver beaucoup de monde).

  4. Bonjour Olivier,

    Quel parcours passionnant. J’apprécie ta façon de « jongler » avec tous ces projets en parallèle.

    Fabrice, j’ai un reproche à te faire.

    Si tu n’arrêtes pas de nous faire découvrir tous ces technonomades, je vais passer mes journées à lire tous ces blogs et prendre un retard énoooorme sur mes nombreux projets.

    Mais vu que c’est toi, je te pardonne ! 😉

  5. ha merci Marie:-) Mais je sais que tu aimes cela:-)

    L’aspect intéressant avec Olivier c’est son profil peu commun: faire de la formation aux grosses boites et de la photo, c’est pas courant.

    Je sais pas comment il fait pour manager tout en même temps, chapeau!

  6. Bonjour et merci pour vos commentaires, c’est super sympa 🙂
    @Nicolas: C’est une question d’état d’esprit je crois, je ne sais pas si je pourrais le faire éternellement, il y a certainement un moment où on a envie de poser ses valises et regarder le temps passer, mais d’ici là, sincèrement, je m’éclate et je crois que c’est au final le plus important non? 🙂
    @Marie: Merci c’est gentil, c’est aussi l’aspect du challenge que je trouve excitant, même si je vise une activité plus photographique à long terme.
    @Fabrice: Merci encore, mais je n’ai pas de mérite, j’ai eu de très bons profs qui m’ont guidé en matière d’organisation et quelques bonnes cassée de g… Figure… 🙂 qui, quant on se relève sont du meilleur enseignement 🙂
    L’essentiel est que la passion l’emporte et que les rencontres soient riches!
    …et comme j’oubliais de le citer dans l’interview, merci à Presse-Citron pour toutes ces infos et contenus, un plaisir au quotidien 🙂
    Salutations depuis les douces soirées valenciennes.

  7. @BlogMarketing, la fatigue de ne rien faire est de loin plus pénible, vivre des ses passions est un privilège et ces dernières sont un véritable moteur à combustion! :-)-

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