Passer au contenu

Le prix du kérosène fait tomber une grosse compagnie aérienne : Spirit Airlines meurt et annule tous ses vols

Spirit Airlines, pionnière du voyage low-cost aux États-Unis, a cessé toutes ses opérations dans la nuit du 1er au 2 mai 2026. Une faillite accélérée par la guerre en Iran, qui menace le modèle du low-cost.

Ce 2 mai 2026, à 3 heures du matin, les écrans de la compagnie américaine Spirit Airlines se sont éteints pour de bon. Des passagers arrivant à LaGuardia, à Orlando ou encore à Baltimore ont eu la surprise de découvrir que l’entreprise n’existait tout simplement plus. « Nous regrettons de vous informer que Spirit Airlines a cessé toutes ses opérations mondiales », a-t-elle révélé, après 34 ans d’existence.

En toile de fond, le conflit en Iran et surtout, la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transitent près de 20 % des hydrocarbures mondiaux. Son blocage de plusieurs semaines entraîne une volatilité extrême sur les marchés énergétiques. Résultat, le prix du kérosène a plus que doublé depuis le début du conflit fin février. Et pour de nombreuses compagnies aériennes, dont les marges reposent sur une capacité fine à anticiper leurs coûts, cette instabilité est ingérable.

Ormuz
© NASA

Le coup de grâce

Le coût de grâce pour Spirit Airlines, pionnière du modèle low-cost aux États-Unis. Car la compagnie accumulait les difficultés depuis des années : concurrence féroce des grands groupes américains, fusion avec JetBlue bloquée par la justice sous l’administration Biden, défaut moteur ayant cloué au sol une partie de sa flotte, etc.

En août 2025, Spirit avait déjà déposé le bilan, pour la deuxième fois en moins d’un an. Elle survivait en tentant de colmater les brèches, mais face à une hausse du carburant aussi brutale, maintenir l’activité est devenu financièrement impossible.

Pourtant, l’administration Trump a proposé d’injecter jusqu’à 500 millions de dollars pour maintenir la compagnie à flot, en échange d’une prise de participation pouvant atteindre 90 % du capital. Mais les créanciers ont rejeté l’offre dans la nuit, estimant que le compte n’y était pas. Le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, a ainsi appelé le PDG de Spirit pour lui annoncer l’échec des négociations. Au total, ce sont 17 000 emplois directs et indirects qui disparaissent.

Face au chaos, les grandes compagnies américaines se sont rapidement mobilisées en annonçant des tarifs plafonnés autour de 200 dollars pour permettre aux passagers bloqués de rentrer chez eux.

Avion Pressurisation Explication Altitude Confort
© Unsplash / JC Gellidon

Le low-cost menacé

Cette fermeture abrupte a de quoi inquiéter. D’autant que plusieurs compagnies pâtissent lourdement de la hausse des prix du kérosène : EasyJet a annoncé des pertes comprises entre 540 et 560 millions de livres sterling, Transavia a annulé des vols et la Lufthansa a supprimé définitivement son service CityLine. Volotea, elle, a fait le choix de répercuter directement la volatilité sur ses clients, en instaurant un supplément kérosène pouvant aller jusqu’à 14 euros, réclamé sept jours avant le départ.

Le principe même du modèle low-cost est aujourd’hui remis en question, car quand le kérosène double, les marges ultrafines du bas coût ne tiennent plus.

  • Spirit Airlines a cessé toutes ses opérations le 2 mai 2026, faisant de sa fermeture la première grande faillite d’une compagnie aérienne américaine depuis 25 ans.
  • La flambée du prix du kérosène, liée au conflit en Iran, a porté le coup de grâce à une compagnie déjà fragilisée par deux faillites en moins d’un an.
  • Un sauvetage initié par l’administration Trump n’a malheureusement pas suffi.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech