Portraits d’influenceurs : Ophélie Duvillard, entre mannequinat, blogging et entrepreneuriat

Rassemblant bientôt 47 000 followers sur son compte Instagram, Ophélie Duvillard est aussi CEO de la startup Way2up et mannequin.

Ophélie Duvillard

Au commencement, il y a une inclination claire vers les réseaux sociaux. Lorsque Instagram se lance, Ophélie a tout juste 15 ans et n’hésite pas à se créer un compte sur la nouvelle plateforme. En parallèle, elle s’occupe de la gestion content du restaurant et du magasin de ski de son père. Même si ses amis apprécient, ils trouvent tout de même cela un peu « bizarre », de passer autant de temps à poster des séries de photos sur Internet. Car oui, sur son compte Instagram, elle partage tout et rien, ce qui lui plait, ce qui lui semble beau. Par la suite, elle se dirigera plutôt naturellement vers des domaines qui l’attirent, la mode, la beauté et le voyage. Elle dit en souriant qu’elle y « raconte sa vie » sans oublier de mentionner un contenu plus « business, entrepreneur » qui la définit aussi bien. Si son compte s’est aujourd’hui professionnalisé pour devenir l’un de ses principaux réseaux sociaux et rassembler 46,8K abonnés, elle semble toujours poster avec autant de plaisir. Outre Instagram, elle regroupe aussi 8000 vues sur Snapchat, qui est le réseau social sur lequel sa communauté « est la plus engagée ».

Se challenger en testant l’entrepreneuriat

Âgée de 22 ans, avec la voix de celle qui est sûre de ses choix, elle raconte avoir choisi l’entrepreneuriat à l’intégration en école de commerce. Après un Bac STG option marketing, elle enchaine sur un DUT Techniques de commercialisation dans la ville d’Annecy. Pour sa troisième année, l’étranger la tente, elle prend l’avion pour un DUETI en Irlande. Mais sur place, tout perd de sa fluidité, elle s’ennuie en cours et « a le temps de se poser des questions ». Elle commence à apprendre seule avec « Internet, YouTube, les tutos et les MOOC » et à faire de la veille régulièrement. Trois mois après, elle a son billet de retour et une idée de startup en tête. Elle décide de tester l’entrepreneuriat sur une période d’un an et de reprendre l’école si le succès et l’argent n’arrivent pas. Fin de l’école et décision prise, elle prendra la voie de ce qu’elle a déjà commencé : le mannequinat, les réseaux sociaux, et ce projet de startup au fond de sa tête. Si elle raconte qu’à cette époque elle prenait « pas de week-end ni de vacances », elle rit en expliquant que cela n’a pas vraiment changé.

Sur Instagram, sa communauté grossit peu à peu et s’engage sur des posts autour du mannequinat. Lorsqu’elle arrive à 2000 abonnés, on lui propose sa première opération. Une « paire de chaussures » fait office de rémunération, elle y voit là le salaire que mérite tout travail. Elle décide de parler de son Instagram lors de ses jobs de mannequin et remarque finalement l’intérêt des marques. Mais là où se situe le changement, c’est quand Ophélie quitte sa ville pour venir s’installer à Paris il y a presque deux ans. Elle y voit là le potentiel de la ville, des rencontres et des possibilités.

Elle prend ses marques sur le réseau social et cite ensuite L’Oréal dans ses collaborations marquantes. Si la marque l’invitait elle et son copain, lui aussi influenceur, à des événements depuis un moment, L’Oréal s’est décidé à lui faire confiance et est devenu l’un de ses partenaires. Réalisé autour de Mixa, le projet vidéo ne devrait d’ailleurs pas tarder à être rendu public. Au sujet des collaborations avec les marques, elle fait partie de ceux qui préfèrent travailler à long terme, celles avec lesquelles « on se sent bien » plutôt que de « courir après plus, plus ».

Une entrepreneuse au service des influenceurs

Durant le mois de novembre dernier, elle s’est finalement lancée dans le projet de startup dont l’idée lui était venue quelques années plus tôt : Way2up. La plateforme consiste à mettre directement en relation des marques et des influenceurs, pour éviter les intermédiaires et les commissions. Ophélie explique que les marques peuvent choisir un abonnement au mois dont le tarif dépend du nombre d’abonnés qu’a l’influenceur avec qui elle veut travailler, les tarifs allant de 50 à 800 euros par mois. Il est aussi possible de choisir des filtres en fonction du domaine de l’influenceur, de la localisation et autres. Pour l’instant, Way2up héberge environ 1600 influenceurs.

Ophélie Duvillard

Quand on lui demande ce qui lui plait le plus dans ses activités ? « Tout ». Elle cite en vrac le fait de ne pas avoir de journée type, d’enchainer et d’être tout le temps occupée. Pour ce qui est de la difficulté, elle parle de son projet de startup, sur lequel elle doit « se faire la patte ». Et surtout, elle se retrouve dans la position de manager pour la première fois au contact de trois associés. Un tout nouveau challenge. Aujourd’hui, elle vit de son activité d’influenceuse et bientôt elle l’espère, de sa startup.

Originaire de Megève, elle se sent proche de sa communauté, à laquelle elle essaye de répondre au travers de tous les commentaires. Parfois « des noms reviennent », elle les reconnait, elle discute. Elle sent aussi le fort soutien de ses abonnés, depuis la fois où elle leur à fait part d’un coup de moins bien pour la première fois. Les messages l’ont aidé. Puis elle les rencontre parfois, « dans la rue » ou lors d’événements blogueurs. Si à chaque fois elle est très touchée, elle se dit aussi « très gênée ». Elle souhaite leur rendre à sa manière, et pourquoi pas, encourager à se lancer. Aujourd’hui, les interactions avec sa communautés sur le web sont de « 60/4», une moitié de femmes et une moitié d’hommes selon les préférences de contenu de chacun. Si la majorité à 25 à 35 ans, il y aussi des plus jeunes et parfois « des mamans qui suivent son compte après que leur fille se soit abonnée ».

« Oser avoir du culot »

Définitivement branchée entrepreneuriat, l’autre sujet qui l’anime est le développement personnel, un sujet qu’elle a un peu développé sur sa chaine YouTube. Elle a laissé un peu le projet de côté mais souhaite y retourner. Puis dans la conversation, elle fait référence à La semaine de 4 heures, un bouquin qui a fait grandir sa vision de la vie personnelle et professionnelle. Après tout, si elle s’est lancée aujourd’hui, c’est « parce qu’elle n’avait rien à perdre ». Dans ce cas, pourquoi hésiter ?

Elle cite sa chaine YouTube dans ses futurs projets, mais aussi la rédaction d’un livre partiellement autobiographique. Comme une réponse à ceux qui s’imaginent qu’elle n’a que peu vécu et que tout a été facile pour elle. Au-delà des éléments biographiques, elle mentionnera certainement sa façon de voir l’entrepreneuriat. Comme elle l’a mentionné une fois ou deux dans la discussion, c’est peut-être « oser avoir du culot ». Derrière un profil teinté de sensibilité se cache sa rage d’avancer sans se laisser ralentir par quelques éléments extérieurs, pour finalement ne prendre que le positif.

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