La COP 29 vient de se terminer depuis la capitale de l’Azerbaïdjan, Bakou. Dans cette ville qui a grandi avec le pétrole, les grandes nations n’ont pas réussi à venir au bout d’un accord pour mettre fin à l’exploitation d’énergie fossile (charbon, gaz et pétrole).
Elles sont notamment utilisées pour produire de l’électricité (et plus globalement de l’énergie). Mais en France, nous avons un tout autre modèle pour produire notre électricité, à bas coût, et sans (trop) polluer la planète : le nucléaire.
Si l’accident de Tchernobyl, et plus récemment celui de Fukushima nous rappelle que le nucléaire n’est pas sans risque, la France mise de plus en plus sur cette énergie, et de nouveaux réacteurs pourraient bien voir le jour dans les prochaines années.
Si le projet ITER au nord de Marseille est un joyau que le monde nous envie, la France (avec son plan de financement France 2030) mise aussi sur les SMR (Small Modular Reactor) et les AMR (Advanced Modular Reactor).
Les microréacteurs : le futur du nucléaire
Derrière ces six lettres, ce sont 11 projets, des start-up, qui ont reçu un financement de l’État pour accélérer leur développement. Sur le papier, les start-up devaient se partager un milliard d’euros, finalement l’État n’a pour l’heure signé qu’un chèque de 130 millions. Le reste se fait attendre, alors que l’enthousiasme des débuts est en train de doucement retomber.
Alors qu’un conseil de politique nucléaire était prévu pour le mois de décembre, il semble avoir été repoussé pour le début d’année prochaine. De son côté, l’exécutif profite de ces quelques mois de répit pour faire le « tri » entre les projets.
Un financement encore en question
À l’heure de la sobriété économique, Paris ne veut pas financer des plans fantaisistes et seuls les projets les plus matures recevront la deuxième vague de financement. Les projets les plus « en rupture » se sentent logiquement sur la sellette et les clarifications apportées par Matignon à nos confrères des Échos ne sont pas vraiment là pour les rassurer.
D’un côté, on assure que tous les projets seront écoutés et qu’une « logique d’entonnoir » ne signifie pas nécessairement la fin des « projets basés sur des innovations de rupture. » Mais de l’autre, les entrepreneurs derrière ces sociétés savent bien qu’un gros « tri » sera fait sur les 11 projets déjà en lice.
Pour un fondateur de start-up, interrogé par Les Échos, pour l’heure, le gouvernement joue « à l’école des fans » en récompensant tous les projets. Lors d’une restitution orale faite ce mois-ci, beaucoup auraient reçu les éloges de Paris, sans condition de résultats.
Des levées de fonds à l’arrêt
Mais cet imbroglio politique a d’autres conséquences, beaucoup plus concrètes. Les sociétés françaises, en attente du verdict de Matignon, se voient refuser de plus en plus souvent le soutien des investisseurs privés. Quel fond voudrait prendre le risque de soutenir un projet qui pourrait être désavoué dans quelques semaines par l’exécutif ?
Face à ce double discours « personne ne sera abandonné » mais « on va faire le tri », les sociétés nucléaires font du surplace. Alors que la France fait office de précurseur sur le sujet du nucléaire depuis son introduction dans les années 70, elle pourrait perdre cette avance, à une époque où les énergies bas carbone gagnent en importance.
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